Mobilise

Ce qu’on pense de la santé sexuelle

Collaboration Spéciale
Commentaires
Mobilise

Le 16 mars dernier avait lieu la première soirée MOBILISE! Une soixantaine de personnes était présentes au Lounge L’un et L’autre afin d’en apprendre davantage sur le projet. Les invités de ce 5 à 7 ont pu admirer les toiles de l’artiste George Adrien de Homa ainsi que des œuvres du photographe Mart Ville. Le but principal de la soirée était de donner la parole aux leaders qui ont participé au projet MOBILISE! en formant leur équipe citoyenne dans leur milieu. Sous forme de causerie-entrevue, ces derniers ont partagé des informations à propos de ce que leurs participants avaient à dire sur les avancées en prévention et de la vingtaine de stratégies de réduction de risques auxquelles on peut avoir recours. Rappelons que les équipes citoyennes sont actuellement en cours dans le cadre du projet et ont pour but d’explorer les expériences et de documenter les opinions dans nos communautés à propos de ces stratégies et de l’accès aux services de santé sexuelle. 

BENOIT :
Son équipe était composée d’amis de longue date avec qui il parle souvent de sexe, mais rarement de santé sexuelle et de prévention! Il a été agréablement surpris de voir leur niveau d’ouverture et de curiosité.
La prophylaxie préexposition (PrEP) (médicament utilisé par des personnes séronégatives qui permet de prévenir l’acquisition du VIH en cas d’exposition au virus)« Les participants de mon équipe ne connaissaient pas vraiment c’était quoi la PrEP. En fait le seul qui connaissait ça avait vu le mot PrEP sur les applications de rencontres et il en avait discuté avec un gars qui lui avait expliqué c’était quoi … »
 
PHILIPPE :
Il a construit son équipe citoyenne en utilisant ses contacts Scruff et Grindr. Tous les gens ne se connaissaient pas, mais l’ambiance était superbe!
Sérotriage
« Par rapport au sérotriage, y’avait comme un certain malaise dans mon équipe, sélectionner son partenaire par rapport à son statut c’était considéré comme une vision discriminatoire, c’est ce qui émergeait de la discussion. Mes participants n’aimaient pas l’idée de faire un tri, on peut quand même développer une relation avec n’importe qui peu importe son statut sérologique ! »
Réduction du nombre de partenaires
« Y’avait un des participants qui utilisait la stratégie réduction des partenaires dans sa combinaison, en fait il était en relation polyamoureuse et il avait un nombre réduit de partenaires plus réguliers, lui il est sur la PrEP car plusieurs de ses partenaires étaient séropositifs et indétectables… » 
 
JONATHAN, travailleur de rue au programme des travailleurs et travailleuses du sexe de REZO :
Il a formé son équipe citoyenne avec des usagers du programme qui en avaient long à dire!
Autotest du VIH (non disponible au Canada)
« On a parlé beaucoup de l’autotest du VIH dans mon équipe et on est parti sur une grande parenthèse de ce que serait le centre de soir si les usagers pouvaient faire leur dépistage du VIH ici eux-mêmes en compagnie des intervenants sur place… Ça change-rait la routine de dépistage de beaucoup de mes participants parce que ça faciliterait l’engagement qui est nécessaire pour les rendez-vous en dépistage, pis on pourrait faire un accompagnement immédiat avec quelqu’un qui a un résultat positif ou négatif, ce serait merveilleux en fait et les usagers avaient vraiment hâte ! »
 
MIKE, intervenant à Arc-En-Ciel D’Afrique :
Son activité a été réalisée auprès d’une population Afro-Caribéenne. L’équipe avait de bonnes connaissances en général, mais aussi beaucoup de questions.
L’anonymat lors du dépistage 
« Certains participants ont mentionné que s’ils vont dans une clini-que de dépistage, surtout une clinique spécialisée en VIH ou ITSS, s’ils rencontrent quelqu’un qu’ils connaissent là-bas, est-ce qu’ils se sentiraient un peu mal à l’aise face à cette personne car on voudrait y aller de façon anonyme, donc éviter que des personnes nous reconnaissent et qu’ils puissent penser ; …cette personne va là-bas, alors est-ce que ça veut dire qu’elle a des rapports à risques… ? Donc c’est une chose qui a été mentionnée, qui peut-être les empêcherait d’y aller pour rester anonyme. »
La période-fenêtre pour le VIH 
« Les participants se questionnait sur ce que couvre le dépistage en fait… si j’ai eu un rapport à risque il y a quelques jours et je me fais dépister, est-ce que ça va prendre en considération mes rapports récents ? Certains d’entre eux ne savaient pas que ça ne couvrait pas la période des 3 mois précédents pour le VIH… ça c’était un peu confus pour nos participants. »
 
ELIE :
Pour former son équipe, il a fait appel à sa gang du Club Cuir-Latex de Montréal « Les Phoenix » qui ont sauté sur l’occasion pour partager leurs opinions sur la santé sexuelle!
La combinaison de plusieurs stratégies… 
« Ce que j’ai apprécié des participants, c’est que tout le monde avait une combinaison de stratégies qui lui était propre, entre autre le séropositionnement (top – bottom) ou le fait de réduire sa consommation d’alcool ou de drogues avant un rapport sexuel. Ce genre de stratégie si tu l’utilises seule, ce n’est peut-être pas grande chose mais ensemble, en combinaison, ça s’inscrit quand même dans un contexte de prévention… »
Parler de santé sexuelle ensemble… 
« J’ai toujours cru que le partage dans un cercle d’amis, ou l’apprentissage par les pairs, c’est tellement des choses qui sont importantes et souvent, c’est passé sous silence, de voir que mêmes si des gens ont des mauvaises expériences, ils ont trouvé des façons qui leur conviennent pour prendre soin d’eux, c’est vraiment encourageant ! »
 
GEORGE :
Un artiste peintre impliqué dans la prévention du VIH à Montréal qui a été présent à la soirée MOBILISE!
« Quand on est jeune, on se croit invincible. On se dit: ça n'arrive qu'aux autres, on ne se soucie pas de certaines choses. J’ai été dia-gnostiqué en 1987 quand j’avais 17 ans. Se faire dire qu'on est séropositif, alors qu'on est encore dans les années ‘80 et que le sida est une maladie mortelle et incurable, c’est vraiment effrayant ! À cet âge, on commence notre vie et la mort frôle notre âme, on croit qu’on a tout simplement plus d'avenir. On a plus de rêves, plus d'espoir. En revan-che, on apprend à vivre différemment avec le VIH. On change certaines habitudes de vie et un matin on se rend compte qu’on a triomphé ! Je suis toujours là, bien vivant, et je décide de par mon art d'en faire une mission et de transmettre ce savoir aux autres, d’apporter mon aide par amour de la vie et en souvenir des gens que j'ai perdu. Je me considère comme un survivant et ceci fait partie de mon combat! Protège-toi! Informe-toi, le projet MOBILISE! est aussi là pour ça !  Même si aujourd'hui on en vit mieux, il est quand même important de réduire la transmission du VIH et ça, c’est l’affaire de tous, peu importe ton statut sérologique ! Il faut s’impliquer ! »
 
 
La 2e soirée MOBILISE! et le lancement d’un important questionnaire en ligne : à ne pas manquer!
Toute l’équipe de Mobilise!aimerait remercier la vingtaine de leaders de milieux différents qui se sont impliqués dans le projet jusqu’à maintenant ! Grâce à votre implication, l’équipe de MOBILISE! pourra avoir une meilleure idée de ce que les individus pensent des services de santé sexuelle et ce qu’ils connaissent des façons de réduire leur risque et d’améliorer leur santé. 
Si vous avez manqué l’activité du 16 mars, soyez rassurés que nous travaillons déjà sur la préparation de la prochaine soirée MOBILISE! qui aura lieu le jeudi 9 juin au Café Cagibi, 5490 boul. St-Laurent, dans le quartier Mile-End. Cette soirée aura pour thème l’accès aux services de santé sexuelle. Plusieurs animations en feront partie et des invités spéciaux seront sur place.
En plus des activités des équipes citoyennes, nous lancerons dans les prochaines semaines un important questionnaire en ligne, « MOBILISE! : L’enquête ». Destiné à tous les hommes gais, bisexuels et trans à Montréal et ailleurs au Québec, ce questionnaire anonyme vous permettra, entre autres, de partager vos expériences d’accès aux services de santé sexuelle. Nous espérons avoir le plus grand nombre de répondants que possible car les résultats du sondage serviront à l’amélioration des services. De plus, en répondant au sondage, vous courrez la chance de gagner un des trois prix d’une valeur totale de 500$ !
 
Pour rester informé, suivez-nous sur Facebook ou abonnez-vous à notre liste d’envoi : projetmobilise.org/fr/participer/