Fugues était aux Francofolies de Montréal 2016

Safia Nolin: authenticité brute, à l’état pur

Julie Vaillancourt
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Le 16 juin dernier, dans le cadre des FrancoFolies, le Club Soda se faisait l’hôte du spectacle Limoilou de la jeune auteure-compositrice-interprète de 24 ans, Safia Nolin. Celle qui avait remporté le volet québécois du Prix de la chanson Félix-Leclerc, quelques heures avant sa prestation, n’a pas perdu pour autant son naturel sympathique lors de sa performance en chansons-vérité, qui a vite fait de charmer le public.

C’est avec sa voix puissante et propice à la complainte, qui caractérise ses textes, que Safia Nolin a débuté sa performance, s’accompagnant à la guitare acoustique, pour sa pièce La laideur. Puis, elle s’adresse au public et commente son habillement: « Le Club Soda, je me suis forcée, je me suis achetée une robe…3 heures dans une friperie! », lance naturellement la jeune femme à la robe bleu jeans. Sans conteste, Safia Nolin charme par ses interventions au public, à la fois franches et empreintes de naiveté : « Criss, j’ai 24 ans, pis j’ai rien à faire dans ma vie », mentionne-t-elle après avoir montré ses aisselles rosées, peintes dans la loge avant le spectacle.

L’univers de Safia Nolin propose des textes mélancoliques qui dénotent un mal de vivre, voire même une douleur profonde, ce qui tranche avec ses interventions humoristiques entre les chansons. Le tout caractérise le personnage et sa candeur charme. Si on sent un léger manque de confiance sur scène lorsque la jeune auteure-compositrice-interprète délaisse sa guitare - elle tient sa robe de façon quelque peu maladroite - le personnage est clairement authentique. Vous n’avez qu’à lire ses hilarants et spontanés gazouillis sur son compte twitter: « @Stromae Je suis lesbienne et je veux ton pénis », à titre d’exemple.

Safia Nolin possède un talent brut, au service de ses textes sensibles, comme la très belle pièce Igloo, inspiré de Limoilou, quartier d’où elle est originaire, qui fera office de nom à son premier album, réalisé par Philippe Brault (pianiste et bassiste du spectacle). Safia était d’ailleurs accompagné de son guitariste Joseph Marchand, sans oublier quelques apparitions, dont Jean-Louis Cormier venu chanter et jouer de la guitare avec Sofia sur sa pièce Noël partout. Si les deux avaient une belle chimie sur scène, le moment fort du spectacle fut sans conteste la reprise de Entre l’ombre et la Lumière, avec Marie Carmen sur scène ainsi que « la chorale de moules », voire les aimes et un ami de Safia Nolin. Les très belles harmonies vocales mettaient en valeur le texte de ce classique de Marie Carmen, tout à fait adapté aux thématiques mises en scène dans le répertoire Safia Nolin.

Comme disait Jean-Louis Cormier lors de son apparition sur scène, le spectacle de Safia était « généreux en chair de poule ». Et ajoutons que l’authenticité et la sincérité de la jeune femme, y sont pour beaucoup. Sans conteste, à en juger par les deux rappels, c’est un vent de fraîcheur qui plaît au public.