Olicorno

Performer sa vie

Olivier Gagnon
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Olicorno

Le parcours du jeune artiste Olicorno étonne. Exposant du festival MTL en arts pour une deuxième année consécutive, sa série de performances à l’aveugle « Beauty Is What You See » l’amènera bientôt en plein cœur des Prairies, à la Maison des artistes francophones de Winnipeg. Portrait d’un nom à surveiller en arts visuels.   

la liste de l'été 2016
Avant tout pianiste et musicien de haut calibre depuis sa jeunesse, ce n’est que depuis son arrivée à Montréal qu’Olicorno s’est projeté dans une carrière en arts. « Lorsque j’ai commencé mon baccalauréat en administration des affaires, c’était dans le but de devenir musicien professionnel et d’obtenir les outils pour m’autogérer. Finalement, c’est en découvrant différentes performances de la New Yorkaise d’origine serbe Marina Abramovic que l’inspiration m’est venue. J’ai eu le gout de participer à son œuvre en challengeant l’art performance », explique le Jonquiérois d’origine. C’est finalement le 1er janvier 2013 que se fit le déclic : il allait porter 10 exemplaires identiques d’un modèle unique de chemise durant un an, une œuvre qu’il nommera OPAP2013. «Cette première performance m’a porté à toujours conscientiser mes actions. Ainsi, l’art est permanent chez moi, si bien que je me considère toujours en performance. J’aime que l’art soit dissout dans le quotidien.»
 

Olicorno

Bien connu pour ses impressionnants tableaux à l’aveugle réalisés en direct dans divers événements et expositions, c’est particulièrement l’exploration de la peinture qui l’interpelle en 2016. Sa démarche s’articule autour du processus. Autodidacte, sa passion pour l’art contemporain ne se trouve pas au niveau de l’exécution technique, mais plutôt au niveau philosophique et conceptuel. «J’ai besoin de contraintes, d’un cadre, dans lequel je vais pouvoir jouer. Cependant, quand j’ai des idées, je les mets en action sans me poser de question. Les clés de compréhension me viennent au fur et à mesure que mon œuvre avance, en discutant avec les gens ou en le vivant en solitaire», explique Olicorno. 
 
Alors qu’il maitrise parfaitement la mise en scène des médias sociaux (son œuvre #GloryRoad, une marche en solo Jonquière-Montréal, en dépendait en grande partie), Olicorno reconnaît que son prochain défi est au niveau de la diffusion de son art. «J’ai accumulé beaucoup de recherche pertinente qui gagnerait à être partagée. Je veux trouver des façons de rejoindre un plus grand public. Je pense que mes études en gestion m’avantagent de ce côté, mais cette partie du travail de l’artiste est vraiment la plus dure selon moi», conclut-il. Pour découvrir la folie de sa création, rendez-lui visite sur les médias sociaux ou sur son site web.