Essai Ipergay

Les résultats finaux montrent la très haute efficacité de la PrEP à la demande

L'agence AFP
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Les résultats définitifs de l'essai Ipergay sur le traitement préventif, présentés mercredi à Durban, lors de la 21e Conférence mondiale sur le sida, confirment que la prophylaxie préexposition (PrEP) « à la demande » est une méthode très efficace de prévention du risque d’infection par le VIH, chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et déclarant des comportements à haut risque.

Lancée en 2012, la première phase d'Ipergay a été réalisée à double insu. Elle a montré que pris au moment des périodes d'activité sexuelle, le Truvada diminuait de 86 % le risque d'être infecté par le VIH.

Dès ces résultats connus, en novembre 2014, l’essai est entré dans sa seconde et dernière phase : tous les participants de l'étude ont reçu le Truvada avec l'objectif de s’assurer du maintien du bénéfice de la PrEP « à la demande » et de sa tolérance sur une plus longue période et de vérifier également son impact sur les comportements sexuels.

Ce sont les résultats définitifs de l'essai, dans sa dernière phase qui sont aujourd'hui commniqués.

Les résultats présentés aujourd’hui sont encore plus spectaculaires que ceux de la première phase : 1 seule personne, qui avait en fait interrompu la PrEp, a été infectée par le VIH dans la phase « en ouvert » et l'incidence (le nombre de nouveaux cas) est en conséquence de seulement 0,19 infection pour 100 personnes-années de suivi. Cette incidence était de 0,91 % pendant la phase à double insu.

« Les résultats de la phase de l'essai "en ouvert" confirment la très bonne efficacité et la très bonne tolérance de la PrEP à la demande pour prévenir le risque d’infection chez des HSH à haut risque. Ces résultats devraient favoriser une plus large utilisation de la PrEP dans les populations à risque, dans les pays où la situation de l'épidémie le justifie.", a déclaré le Pr Molina qui chapeaute l'essai.

Pour le Pr Jean-François Delfraissy, de l'ANRS, qui salue la décision française d'avoir autorisé (avec une recommandation temporaire d’utilisation, RTU), fin 2015, la PrEP et son remboursement, « la question n'est plus aujourd'hui de savoir si la PrEP est efficace et doit être utilisée, mais comment la mettre rapidement à disposition des personnes les plus à risque ».

« La diminution de l’utilisation du préservatif dans l’essai » n’est pas inquiétant pour l’instant, estime le Dr Bruno Spire. Les participants de l’essai étaient sûrs d’être protégés par la PrEP, qu’ils savaient efficace. Il existe cependant une petite minorité de participants n’utilisant ni la PrEP ni le préservatif. Nous devons essayer de comprendre quels sont les freins à la prévention chez ces personnes ».

« Il semble désormais important de parler de prévention diversifiée, où on laisse la liberté de choix, plutôt que de prévention combinée, car il est assez illusoire d’imaginer qu’une majorité de personnes pourront utiliser plusieurs moyens de prévention en même temps », ajoute-t-il.

L'ANRS annonce dans la foulée qu'elle va prochainement lancer « un ambitieux programme de recherche opérationnelle qui sera mené en dans la grande régionmétropolitaine de Paris auprès d’environ 3000 personnes à haut risque d’infection par le VIH (HSH, personnes transgenres, et personnes migrantes principalement) ».

Le projet ANRS PREVENIR vise à réduire le nombre de nouvelles infections par le VIH, et mesurera le bénéfice d’un accompagnement communautaire sur l’observance et le maintien des participants dans la PrEp à long terme.