Durban 2016 - Conférence internationale sur le sida

De nouveaux résultats très encourageants sur IPERGAY présentés à Durban

Collaboration Spéciale
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On a profité de  la Conférence internationale sur le sida (AIDS 2016) pour dévoiler une nouvelle série de résultats pour l’essai de PrEP (prophylaxie préexposition), prise en intermittence chez des hommes gais qu’est l’essai ANRS-Ipergay. Rappelons que cette étude française a un volet québécois.

Issues de sa phase ouverte [open-label extension, en anglais], des données supplémentaires sont de la partie. Le comité de l’essai a soumis deux résumés permettant de mieux comprendre les implications de la prophylaxie préexposition à long terme.

 

Des premiers résultats (novembre 2014) à la fin officielle de l’étude ANRS-Ipergay (juin 2016), les chercheurs ont pu étudier en détail l’efficacité ou l’utilisation du préservatif au long cours.

 

Concernant l’efficacité, le suivi régulier a permis de valider l’efficacité du Truvada en prévention de la contamination au VIH, dans sa forme actuelle.

 

Durant les vingt mois de la phase ouverte, l’incidence a été très faible, avec une contamination, due à un arrêt de la PrEP. L’efficacité reste donc très élevée durant cette phase, avec peu d’arrêts (6,4 %) et un nombre moyen de partenaires et de relations sexuelles. Les effets indésirables graves ont été relevés à un taux faible (6 %), avec un seul arrêt pour raison médicale, montrant une bonne tolérance au traitement. En conclusion, les auteurs indiquent que la PrEP a été très efficace contre l’infection au VIH durant cette phase, et bien tolérée par les participants, même s’ils notent une baisse significative de l’utilisation du préservatif dans cette phase ouverte.

 

C’est l’autre principale information des deux présentations de l’essai ANRS-Ipergay à Durban. Durant la phase ouverte, les chercheurs ont constaté un changement de comportements en termes d’utilisation du préservatif. Sur les 333 participants, les auteurs ont comparé les courbes du taux d’utilisation de la PrEP, en miroir avec celles d’utilisation du préservatif.

 

Chez les participants qui utilisaient très régulièrement la capote (16 % des participants), il y a eu une forte baisse du recours à cette dernière durant la phase ouverte. Mais cette inflexion a été compensée par l’utilisation systématique de la PrEP pour 64 % d’entre eux.

 

Ce qui fait dire aux chercheurs que les utilisateurs ont continué à se prémunir d’une contamination, en passant d’un outil de prévention à un autre. On perçoit donc que des personnes qui utilisent la PrEP, dont l’efficacité a été prouvée, abandonnent le préservatif au profit de l’utilisation de Truvada, sans mettre à mal leur niveau de protection. Cependant, les chercheurs nuancent pour les autres utilisateurs de ce sous-groupe qui n’ont pas compensé sa moindre utilisation de préservatif par une prise de PrEP plus régulière, des utilisateurs sur lesquels une attention spéciale doit être portée. Ce constat rejoint celui sur les IST [dont la PrEP ne protège pas], dont le nombre augmente chez les gais. 

Source : Séronet