Rio 2016

Le paradis de la beauté et du chaos

Samuel Larochelle
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Le pain de sucre
Fort Copacabana
rio
  • Le pain de sucre
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La « cidade maravilhosa » est une ode aux contrastes. Belle à en pleurer, mais enlaidie par un trafic horrible et un développement urbain déficient. Enveloppée d’une odeur d’égout, mais nettoyée avec un zèle étonnant. Peuplée par de nombreux adeptes du botox, des chirurgies esthétiques et des corps découpés au couteau, mais aussi par des Cariocas (les habitants de Rio) qui exposent leur absence de tonus avec une désinvolture rafraichissante. Autrefois capitale d’un pays identifié comme le champion du monde des crimes homophobes, mais où les gais peuvent se tenir la main et s’embrasser dans certains quartiers. Rio de Janeiro est une expérience aussi dépaysante que fascinante. 

plage couple gaiDes plages partout
Il est quasi naturel de débuter son séjour avec un arrêt à la plage et une saucette dans l’océan, après environ 10 heures de vol. Que vous soyez à Copacabana, Ipanema, Leblon ou Leme, le sable est fin, les drinks ne coûtent presque rien (4 $ pour un caïpirinha aux effets immédiats) et l’océan est bordé par de majestueuses montagnes. Bien que les corps d’adonis s’observent sur toutes les plages, sachez qu’Ipanema possède une section gaie où le taux de gras est en voie d’extinction. Entre deux regards détournés, offrez-vous de l’eau de coco à même la noix et, une fois votre breuvage terminé, demandez qu’on vous coupe un morceau afin d’en faire un ustensile pour déguster la tendre plage riochair. Déambulez d’une plage à l’autre (elles communiquent toutes entre elles), observez les surfeurs, les joueurs de volley (avec les mains ou les pieds) et les adeptes de paddle board. 
 
Tout en portugais…
Au bout de quelques heures, faites un arrêt au Fort de Copacabana pour déguster une douceur au café Colombo et visiter une forteresse remplie d’artefacts de guerre. Vous devrez alors user d’un peu d’ima-gination pour voyager dans le temps, car toute l’information est en portugais, comme dans la plupart des attraits touristiques de petite et moyenne importance. Seul pays portugais dans un continent à forte majorité espagnole, le Brésil a parfois des airs de pays insulaire protectionniste, comme en fait foi la faible connaissance de l’anglais de la majorité de la population.
 
La vue de là-haut
Pour découvrir Rio en altitude, faites l’ascension du mont Corcovado à pieds ou en train afin d’aboutir à la statue géante du Christ rédempteur, l’attrait touristique le plus populaire au pays. Autre option : le Pain de sucre (Sugar Loaf), deux énormes montagnes entourées d’eau : si la majorité des touristes s’y rendent en téléphériques, d’autres franchissent la première étape en exerçant leurs quadriceps, avant de se demander s’il vaut la peine d’attendre avec des centaines de personnes pour se rendre au sommet de la plus grosse montagne en téléphérique. Dans tous les cas, vos yeux seront ravis. Vous pouvez également profi-ter d’une vue imprenable en faisant le trekking des Deux Frères, menant à une favela, ou celui de la Pedra Bonita, relativement exigeant! De retour au sol, remplissez votre corps de protéines dans un restaurant de churrascaria, une orgie de viandes accompagnée de farofa (farine de manioc, œufs et bananes), de frites portugaises, de salades en tous genres et de sushis (le Brésil compte la plus grosse communauté japonaise hors Japon au monde). Ne vous surprenez pas si vous prenez du poids : même si vous marchez six heures par jour, la nourriture brésilienne est beaucoup trop grasse, frite, sucrée (et divinement bonne) pour demeurer ferme.  
 

La bohème
N’empêche, rien ne vous empêche de garder la forme en joggant autour du lac situé au cœur de la ville, en franchissant les marches colorées de l’Escadaria Selaron et en découvrant les rues du « Montmartre » de Rio, Santa Teresa. Considéré comme le quartier bohémien de la ville, le secteur mise sur une magnifique architecture aux influences européennes, un vieux tramway, un cinéma international, des murales à tous les détours, une harmonieuse cohabitation des classes sociales et quelques ilots de verdure, comme le Parques das Ruinas, composé d’une vieille bâtisse de briques offrant un point de vue différent sur la ville en contrebas, un petit musée d’art contemporain (le Museu Chacharu De Céu), ainsi qu’un jardin à l’abri de l’effervescence citadine. En termes d’incontournables touristiques, mentionnons aussi les merveilles du jardin botanique et l’ovni architectural qu’est le Musée de demain (le « séchoir à vaisselle » selon les locaux).
 
fouleFaire la fête!
Impossible d’écrire sur Rio sans parler de son caractère festif. Presque tous les soirs, les terrasses de la ville – spécialement dans le quartier Lapa – débordent dans les rues; Rio n’ayant aucune loi vous empêchant d’occuper les rues avec un verre. Le nightlife gai se décline quant à lui de plusieurs façons : The Week, avec ses adeptes à la beauté renversante, est l’un des clubs gais les plus connus au pays; Le Boy est un club/sauna franchement populaire dans Copacabana, alors que Buraco da Lacraia est un cabaret burlesque déjanté. Associé au milieu underground pendant des décennies, il a désormais un statut plus « populaire », mais non moins subversif, avec ses spectacles alliant la critique sociale, la sexualité in-your-face et la satire. Même si vous ne comprenez pas un mot, la production est assez chargée visuellement pour vous divertir pendant deux heures. Sachez que la soirée débute par un karaoké et se termine par une piste de danse jusqu’au petit matin. De plus, les Cariocas se rendent en grand nombre aux partys V de Viadão et Priscilla qui transitent d’un bar gai à un autre, de semaine en semaine. 
 
Pratico-pratique
Partout et en tout temps, soyez prudent. Les locaux vous le répèteront: évitez les vêtements marqués, n’exposez pas votre cellulaire, gardez un œil sur vos poches et rentrez en taxis après 21 h. Idéalement, visitez Rio durant notre été pour profiter de leur hiver chaleureux (entre 18 et 32 degrés), en tenant pour acquis qu’il fait noir à 18 h. Le coût de la vie est relativement semblable à celui de Montréal, mais le dollar canadien vaut 2,5 fois le reais brésilien.