Panel sur la porno Durant FIerté Montréal 2016

Du sérieux, de l’humour et de la camaraderie

André-Constantin Passiour
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Brandon Jones Gabriel Clark Marco Lebeau
Photo prise par © Pierre Simard

De 120 à 130 personnes ou plus s’engouffraient dans la salle du Centre St-Pierre remplie à pleine capacité… De nombreux fans, des curieux, mais aussi des gens, majoritairement des hommes, venaient s’informer sur comment fonctionne la porno. et la vie que mènent les pornstars à l’intérieur et à l’extérieur de l’industrie... Les Gabriel Clark, Brandon Jones et Marko Lebeau se sont fait un plaisir de répondre aux questions du public lors de ce panel appelé «#Pornstars», le premier du genre organisé par Fierté Montréal.

La drag Kitana animait le panel de manière magistrale autant en français qu’en anglais. «Wow ! On ne s’attendait pas à une «crowd» comme celle-ci ! Merci beaucoup à tous d’être présents aujourd’hui», a dit d’entrée de jeu un Brandon Jones très surpris de l’assistance aussi nombreuse.
 
Ce panel réunissait ainsi sur l’estrade trois porn stars québécoises aux orientations sexuelles diverses : Gabriel Clark, un bisexuel, Marko Lebeau, un hétéro, et Brandon Jones, un gai. Mais, ici, on a bien vu comment on dépasse les simples étiquettes du «straight» ou du «bi» ou du «gay for pay», du gars hétéro qui ne joue dans la porno gaie que pour l’argent… «Je ne me considère pas comme un gay for pay, parce que j’aime tourner avec des gars gais, bis et avec des femmes, mais je trouve cela plus facile de jouer avec des gars qu’avec des filles. Je suis en relation de couple depuis plus de cinq ans avec la même femme, mais j’aime tourner des scènes de sexe avec des gars. Pour moi, c’était tout à fait normal», explique Marko Lebeau qui est passé du devant à l’arrière de la caméra, pour son site MenofMontreal.com.  
 
Les gens voulaient tout savoir sur le milieu de la porno, de l’anecdote aux tests de dépistage, aux amours entre vedettes, à la technique, à l’usage de drogues, etc. Du sérieux au plus comique, le public a adoré les réponses des trois amis de longue date qui se côtoient dans la vie et qui ont raconté, de manière simple, les diverses situations.
 
«J’ai déjà fait un tournage pour un grand studio (Falcon), c’était dans le désert de Californie, il faisait 40o presque, c’était très, très chaud, cela faisait des heures et des heures qu’on tournait, les acteurs ne bandaient plus, on dégoutait de partout, c’était l’enfer et ils ont voulu essayer de tourner la scène de baise avec un drone, celui-ci s’est accroché aux branches supérieures d’un palmier, on ne pouvait pas le dégager et il a fini par exploser, c’était l’enfer ! Ce fut un des pires tournages que j’ai connu», de décrire Brandon Jones. Jones a récemment, justement, filmé avec Marko Lebeau quelques scènes dans le désert à l’extérieur de Las Vegas pour son tout nouveau site JonesExposed.com. 
 
De manière moins drôle, on a appris que les vedettes, peu importe qu’elles fassent du bareback (sexe sans condom) ou pas, doivent s’astreindre à un test mensuel de dépistage du VIH. «Et, lorsqu’on se présente sur le plateau de tournage, il faut que la porn star ait les résultats du test avec elle, poursuit Marko Lebeau qui a commencé comme danseur nu au club Campus. Cela dépend du studio, mais les maisons majeures aux Etats-Unis vont procéder avec leurs propres médecins qui feront passer les tests. Cependant, c’est aussi une question de réputation de l’acteur, lorsqu’on est un acteur professionnel, on ne veut pas passer quelque chose à ses partenaires, on veut que la santé soit primordiale parce qu’on veut tous vivre le plus longtemps possible et en santé.»
 
«Est-ce vrai que c’est moins payant de faire des scènes hétéros que gaies ?», a demandé un participant ? Avec sa gestuelle, le très sympa Gabriel Clark a pris le micro pour répondre à cet homme et a fait rire la salle plusieurs fois. «Oh que oui ! C’est très vrai ! Dans le milieu straight, il faut comprendre que ce qui est important c’est la fille, pas le gars, lui, c’est un accessoire ! Un gars qui jouera dans une scène hétéro gagnera bien moins que la fille et encore moins que dans une scène porno gaie. Souvent d’ailleurs, on ne verra pas grand-chose du gars que son bas-ventre et c’est tout. J’ai déjà été dans des tournages où le réalisateur était tout attentionné avec la fille, «est-ce que ça va, comment tu te sens maintenant ?», et lorsqu’il se tourne vers le gars, il lui crie «bande, bande, bande dur !»… Donc oui, si on veut que ce soit plus payan,t il faut en faire beaucoup, mais là encore ce sera toujours moins que dans la porno gaie!»
 
Les trois vedettes porno québécoises ont remercié plusieurs fois Fierté Montréal pour cette belle initiative de laisser la chance au public de se familiariser avec ce milieu et de discuter ouvertement… Manifestement, le succès de l’activité répondait à un besoin… Peut-être donc à l’an prochain ?