Financement fédéral pour le VIH

Un processus imparfait, des résultats imparfaits

L'équipe de rédaction
Commentaires

Les organismes québécois de lutte contre le VIH, l’Hépatite C et les autres infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) dénoncent d’une seule voix un processus de financement inadéquat de la part de l’Agence de la santé publique du Canada. Plusieurs régions québécoises et plusieurs populations vulnérables risquent d'être exclues du financement fédéral en lien avec le VIH, l’Hépatite C et les ITSS si le gouvernement n’agit pas pour rectifier la situation avant le 31 mars 2017.

Ken Monteith, directeur général de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA), tire l'alarme et souligne les importantes insatisfactions liées au processus de consultation et d’attribution de fonds.

« Les consultations au Québec étaient réalisées de façon inadéquate et l’Agence n’a pas bien expliqué son processus à deux étapes aux groupes concernés» de dire M. Monteith. Il ajoute que plusieurs commentaires des évaluateurs ne concordaient pas avec les exigences connues du programme ou encore avec les réalités sur le terrain. Ces problèmes ont d’ailleurs été signalés aux autorités responsables.

Le résultat de la première étape du processus de financement laisserait plusieurs régions du Québec et plusieurs populations avec des besoins spécifiques avec peu ou pas de financement. M. Monteith indique que cette situation a également été signalée à l’Agence et que les organismes communautaires québécois revendiquent un processus transparent ainsi que des fonds additionnels pour combler les différentes lacunes dans le programme de financement.

« Nous sommes à un moment charnière dans l’épidémie du VIH où sa fin peut être envisagée » dit M. Monteith. « Si nous n’avançons pas sur tous les fronts, nous allons perdre l’opportunité d’en finir pour de bon » rajoute-t-il, en rappelant le slogan du Fonds mondial dont la réunion se tenait à Montréal en septembre.

Rappellons qu’en 2003 tous les partis politiques à Ottawa avaient convenu d’un plan d’augmentation du financement de l’Initiative fédérale de lutte contre le VIH au Canada, passant de 42,2 M$ à 84,4 M$. Cette augmentation n’a jamais été finalisée.