Royaume-Uni

Le gouvernement accorde la grâce posthume pour des milliers d’homosexuels condamnés

Sébastien Thibert
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Le gouvernement de la Première ministre britannique Theresa May a annoncé qu’il allait gracier à titre posthume des milliers d’hommes condamnés pour homosexualité avant 1967, l’année de la légalisation de l’homosexualité dans une partie du Royaume-Uni.

Cinquante ans de dépénalisation de l’homosexualité 

En Angleterre et au pays de Galles, l’homosexualité n’est plus qualifiée de crime, plus précisément "une atteinte aux bonnes mœurs" depuis près d’un demi-siècle. En effet, c’est en 1967 que la décision a été prise. Par la suite, il a fallu attendre 1980 pour que l’amendement législatif soit voté en Ecosse, puis 1982 en Irlande du Nord. Le gouvernement de la Première ministre Theresa May a encore fait une avancée en la matière, en proposant de gracier les milliers d’homosexuels condamnés avant 1967. 

Des lois homophobes et des peines de prison

Plus de 49 000 hommes, aujourd’hui décédés, seraient concernés par ce pardon public au Royaume-Uni. Ceux qui sont encore vivants devront pour leur part formuler une demande d’excuses qui annulera leurs condamnations.

"Un pardon est probablement la meilleure façon de reconnaître le tort réel causé par des lois homophobes cruelles et injustes, que nous avons heureusement désormais supprimées", a annoncé John Sharkey, auteur de l’amendement législatif ayant mené à cette amnistie.

Alan Turing, figure de proue de la lutte contre l’homophobie

La première amnistie posthume a été celle d’Alan Turing. Condamné en 1952 pour homosexualité, ce célèbre mathématicien avait participé durant la Seconde guerre mondiale au déchiffrage de messages codés par la flotte allemande. Il s’est suicidé deux ans plus tard. Après la victoire des alliés, sa famille mène un combat de reconnaissance pour les milliers d’hommes accusés d’homosexualité.

Cet amendement du "pardon" porte également le nom d’ "amendement Alan Turing’. Il devrait d’ailleurs dépasser les frontières du Royaume-Uni et servir d’exemple à l’Allemagne qui souhaite débloquer 30 millions d’euros pour indemniser quelque 50 000 personnes accusées d’homosexualité sous le régime nazi.