Théâtre la chapelle, du 21 au 25 novembre

J’ai rasé mes jambes six fois and no sex happened

Denis-Daniel Boullé
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Photo prise par © 1

Un titre long qui en dit long sur ce spectacle de danse et performance créé par le danseur et chorégraphe Philippe Dandonneau. L’homme suit ses propres idées, sa propre écriture chorégraphique et scénique, délaissant tout ce qui pourrait le conduire vers une danse contemporaine trop académique. Avec J’ai rasé mes jambes… le chorégraphe fait encore un pied de nez aux convenances et aux codes en s’attaquant à la masculinité.

Même si on remet en question les genres imposés, nos sociétés véhiculent encore une image de la masculinité et de la virilité fortement stéréotypées. Le chorégraphe en a pour preuve l’immense succès des séries comme Game of Throne et Vikings. L’expression de cette masculinité et de cette virilité est même devenue l’apanage de beaucoup de gais, qui recherchent un corps musclé et arborent fièrement la barbe suivant un effet de mode sans même le questionner. Philippe Dandonneau, de manière ludique et irrévérencieuse a créé trois personnages qui tour à tour vont être marqués par les traits féminins et masculins tout en les remettant en question. Philippe Dandonneau sera lui-même sur scène avec Claudia Chan Ta, et Sébastien Provencher qui ont collaboré à la création de cette performance.

« Je n’apporte aucune réponse, je ne fais que questionner nos codes actuels de la masculinité. Pour moi aussi, cela reste flou, tout comme ma relation à mon propre corps d’homme, à la pilosité. Qu’est-ce que cela change en moi, en nous, si par exemple, on se rase le torse, ou les jambes ? Qu’est-ce qui relève d’un peu plus ou d’un peu moins de masculinité, confie en entrevue Philippe Dandonneau, j’essaie de montrer les contradictions que nous vivons ». J’ai rasé mes jambes… trace par le mouvement un portrait des hommes d’aujourd’hui en mal de repères et qui se cherchent entre le guerrier protecteur et l’homme rose faisant le ménage et la cuisine. Une réflexion toujours aussi pertinente aujourd’hui.

Mais Philippe Dandonneau a aussi un autre désir, celui de rendre la danse contemporaine accessible au plus grand nombre, se désolant qu’elle ne s’adresse qu’à une élite, « C’est pour cela que les références dans mes shows sont toujours du côté de la culture populaire, la télé entre autres, et que je souhaite toucher un public qui n’a pas l’habitude de se déplacer pour voir de la danse, nous explique le créateur, et qu’il peut être touché par cette danse ».

Traçant sa propre voie, s’attardant sur des univers qui lui sont propres, Philippe Dandonneau considère que la danse est encore le meilleur moyen de communiquer avec ses semblables, et d’y trouver aussi quelques vertus thérapeutiques, pour lui, et comme il l’espère pour le spectateur.

 J'AI RASÉ MES JAMBES SIX FOIS AND NO SEX HAPPENED

de Philippe Dandonneau, au Théâtre La Chapelle, les 21, 22, 24 et 25 novembre

lachapelle.org