Religion catholique

Le pape représente un espoir de réforme sur l'homosexualité, selon les luthériens de Suède

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François représente un « espoir » de réforme de la doctrine catholique sur l'homosexualité, l'ordination des femmes ou le climat, mais le chemin est encore long, estiment les ministres luthériennes Antje Jackelen et Eva Brunne qui accueilleront lundi le souverain pontife en Suède.

« Il a dit des choses et posé des actes qui ont suscité beaucoup d'espoir parmi de nombreux catholiques et aussi beaucoup de gens n'appartenant pas à l'Église catholique », affirme dans un entretien Antje Jackelen, archevêque d'Uppsala.

Pour Eva Brunne, évêque de Stockholm, le pape François a fait souffler « un vent nouveau » lorsqu'en juillet 2013 il disait ne pas vouloir « juger » les homosexuels, des propos qui résonnent comme la promesse d'un changement de paradigme pour la première femme évêque lesbienne de Suède.

Au cours du même entretien dans l'avion qui le ramenait du Brésil au Vatican, le pape avait également affirmé que le rôle des « femmes actives dans l'Église » devait être approfondi.

Le pape François vient en Suède les 31 octobre et 1er novembre pour participer aux célébrations organisées par l'Église luthérienne locale à l'occasion du 500e anniversaire de la Réforme protestante.

Cependant si catholiques et protestants « sont passés du conflit à la solidarité », il reste du travail pour harmoniser corpus et pratique, relève Eva Brunne. L'Église catholique doit « élever femmes et hommes à tous les niveaux », sur un pied d'égalité, remarque-t-elle, notant que le pape, lors du fameux voyage de Rio de Janeiro à Rome, avait aussi condamné le « lobby gay » et s'était fermement déclaré contre l'ordination des femmes.

Selon l'Église luthérienne, 45 % des 4 473 offices de pasteur en Suède étaient occupés par des femmes en 2010. L'Église du pays scandinave autorise l'ordination des femmes depuis 1960 et célèbre des mariages entre personnes de même sexe depuis 2009.

Sur les homosexuels, « rien n'a vraiment changé » dans les faits malgré le discours de tolérance du pape, souligne Antje Jackelen. « Il existe une impatience pour que les choses changent vraiment (...) Il reste un long chemin à parcourir », selon elle. Le chef de l'Église catholique en Suède,

Anders Arborelius, est d'avis que le pape, « originaire d'un autre continent » a « sa façon d'exprimer les choses ». C'est surtout à cela, son expression publique, qu'il doit d'être perçu « comme progressif» car au fond, reconnaît-il, « il n'a en aucune façon modifié la lettre » du credo catholique.