Image+Nation festival film LGBTQ

Amours et passions a l’écran

Yves Lafontaine , Denis-Daniel Boullé
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King Cobra

Pour la 29e fois, le festival du films LGBT+ de Montréal, mieux connu sous le nom d’image+nation, nous invite, jusqu’au 4 décembre, à un tour du monde LGBT en une quarantaine de séances dans différentes salles de la ville. On a parcouru pour vous la programmation et on vous propose (en bas de page) des extraits des films à ne pas manquer.

Handsome DevilOn y traversera les réalités de lesbiennes, de gais, de bisexuels et de trans, entre autres, de France, d’Australie, d’Italie, du Chili, d’Allemagne, du Canada, de l’Irlande (bien représentée par le film d’ouverture, Handsome Devil, le documentaire The Queen of Ireland  et un programme de courts métrages) et des États-Unis, avec pas moins de sept longs métrages indépendants, dont le très attendu King Cobra, et une douzaine de courts métrages.
 
Coproduit et interprété par James Franco, KING COBRA de Justin Kelly s’inspire de faits réels. Le film retrace l’ascension de la star porno Sean Paul Lockhart, alias Brent Corrigan, et de son producteur (ici prénommé Stephen, interprété par Christian Slater), propriétaire de Cobra Video. Tous deux vont se trouver être la cible des producteurs rivaux du label Viper Boyz (James Franco et Keegan Allen). Christian Slater et James Franco en producteurs porno rivaux vont s’affronter dans un suspense qui ne laissera aucun amateur de testostérone indifférent. 
 
KING COBRA
KING COBRA
 AKRON
Le long métrage de Deb Shoval AWOL (pour Absent Without Official Leave, un synonyme de désertion) nous embarque en plein milieu rural à la rencontre d’une working-class largement catholique. Avec justesse, nuan-ces, sens du détail et de l’esthétique, la réalisatrice donne vie à des personnages féminins complexes. Deb Shoval fait monter la tension à mesure que le flirt estival de Joey, dont la seule échappatoire est de s’engager dans l’armée, et Rayna, qui ne peut financièrement pas se permettre de quitter son mari, prend une tournure plus sérieuse, à l’heure où les rendez-vous secrets deviennent tellement réguliers qu’il n’est plus possible de les compter…
 
Akron  offre un regard neuf sur les jeunes LGBTQ et sur de fort jolies scènes d’amour! Benny et Christopher  se rencontrent sur un terrain de football de la petite ville de l’Ohio où ils vivent. Ils ont tous deux 20 ans, l’un est un beau ténébreux d’origine mexicaine, l’autre, un appétissant jeune homme. C’est le coup de foudre. La plupart des films américains qui démarrent de cette façon se lancent dans une déchirante histoire d’amour contrarié. Pas ici, et c’est la plus grande qualité de ce film écrit et réalisé par Brian O’Donnell. Bien qu’ils vivent dans le Midwest, les deux garçons s’aiment au grand jour, à l’école, dans la rue, et dans leurs familles qui les accueillent à bras ouverts. Le drame qui fera exploser cette belle unité ne surgira pas du placard, mais du passé...
 
Me, Myself and Her (Io e Lei)
 
One KissDe l’Italie, deux films : la comédie romantique Me, Myself and Her (Io e Lei), dont on vous a parlé dans la précédente édition de Fugues, et One Kiss (Un Bacio), un joli « teen movie » italien qui  aborde avec sensibilité la question de l’homophobie et plus particulièrement des violences en milieu scolaire. Lorenzo, un étudiant du secondaire ouvertement gai et extravagant attire les commentaires homophobes de certains de ses camarades, mais il y reste indifférent. Dans la même classe, Antonio est un joueur vedette de basketball traumatisé par la mort de son frère qui l’a rendu sauvage. Blu est une adolescente dont la réputation est entachée depuis que son petit ami l’a filmée en train de faire un plan à plusieurs avec ses amis et a diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. Les trois adolescents, rejetés par les autres forment un trio improbable et bientôt inséparable. Mais «un baiser» bouleverse tout... Frais et énergique, dans le style de la série Glee, One Kiss déploie un charme immédiat, du fait notamment de ses interprètes attachants. Il s’inspire d’une histoire vraie qui a bouleversé le réalisateur Ivan Cotroneo qui a d’abord écrit un livre avant de l’adapter au cinéma. Le triangle amoureux, figure récurrente de bien des films LGBT, est un des éléments centraux de ce récit sur la circulation du désir et les amours impossibles. Cerise sur le gâteau, une chanson originale signée Mika pour compléter une bande-originale déjà très riche.
 
Holding the Man
Holding the Man
 
En Australie, l’autobiographie de Timothy Conigrave a été montée au théâtre et Holding the Man est tiré de cette pièce, sans qu’on sente l’adaptation. Mélodrame dans la veine de Love Story, le film navigue d’une époque à l’autre, de l’innocence des années 1970 et de l’adolescence aux années du sida, intenses et dévastatrices. Tim et John sont encore adolescents quand ils tombent amoureux l’un de l’autre. L’un est extraverti et veut être acteur, l’autre est sportif mais plus réservé. L’Australie des seventies n’est pas ouverte à l’homosexualité et la famille de John est très religieuse. Malgré ces embûches, et l’annonce, en 1985, qu’ils sont tous deux séropositifs, les amants s’aime-ront pendant 15 ans. Holding the Man est bouleversant grâce à la complicité, à l’électricité, à l’extraordinaire chimie qui passe entre les deux ac- teurs, The Queen Of Irelandautant dans les scènes dramatiques que sexuelles. Un réalisme rare au grand écran.
 
Du côté du Chili, on pourra voir Nunca vas a estar solo (You’ll never be alone) un double portrait subtil d’un jeune homme rêvant à un avenir meilleur et d’un père prêt à tout pour son fils, malgré les obstacles admi-nistratifs ou médicaux, et une société qui refuse la différence et exploite des gens de bonne volonté. Alors qu’il est en route pour passer une audition, Pablo, 18 ans, se fait agresser par une bande de garçons qui s’en prend à lui pour son look peu masculin. Son père, travailleur acharné qui rêve depuis des années de devenir associé dans son entreprise, découvre alors la vie cachée de son fils, celle dont il ne parle jamais. Il va tout faire pour que son fils puisse être soigné, quitte à remettre en question le calme et la patience qui le caractérisent. Avec profondeur et humanisme, Álex Anwandter réussit un film bouleversant sur fond de contexte économique difficile au Chili.
 
 Nunca vas a estar soloQuant au long métrage britannique Departure, il raconte l'histoire d'Elliott, un garçon anglais romantique, qui passe ses vacances d’été avec sa mère dans leur maison du sud de la France. Il fait alors la connaissance de Clément, un jeune homme intense qui habite le village. Une relation trouble débute entre les deux garçons...
 
Le documentaire Strike a Pose… propose de revenir, 25 ans plus tard, sur The Blond Ambition Tour de Madonna qui créa l’événement en 1990. Entourée de sept jeunes danseurs, l’icône de la pop prône la liberté sexuelle dans un contexte où le VIH tue tant physiquement que socialement. 25 ans plus tard, Ester Gould et Reijer Zwaan nous font revivre cette excitation et, allant à la rencontre des danseurs, révèlent la réalité de leur vie pendant et après la tournée. Ouvrant un dialogue à travers le temps, la première partie du film s’intéresse aux coulisses de la tournée. Les six danseurs encore en vie – l’un d’eux est décédé du sida – évoque leur audition, leur rencontre avec Madonna et la frénésie autour de l’événement à portée internationale, puis mettent en perspective l’envers du décor, la réalité derrière la «repré-sentation».
 
 Strike a Pose
Filmé dans les sous-sols cachés, les chambres et les bars de Londres, Chemsex est un documentaire choc qui met directement en lumière le côté sombre d’une certaine vie gaie moderne. En traversant le monde underground de l’usage des drogues par voie intraveineuse lors de week-ends marathon de sexe, Chemsex raconte l’histoire de plusieurs hommes en lutte pour s’en sortir et de personnels de santé avec pour mission de les sauver. Alors qu’on a souvent tendance à regarder ailleurs, ce film puissant questionne la prévention contre le VIH, la toxicomanie et comment trouver sa place dans un monde en mutation. Essentiel pour comprendre les dangers d’une addiction virale qui semble prendre de plus en plus de place dans certaines villes européennes...
 
Chemsex
 
Finalement, on pourra voir, en français, Théo et Hugo dans le même bateau, La Belle Saison de Catherine Corsini (que nous interviewons ce mois-ci) et, pour la clôture, on a droit à l’excellent Quand on a 17 ans d’André Téchiné. Que le festival commence et bon cinéma!  
 
Horaire et extraits vidéos des films abordés dans cet article :
 
HANDSOME DEVIL sera présenté
le jeudi 24 novembre 2016, à 19h30, au Cinéma Impérial. 
 
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HOLDING THE MAN sera présenté
le vendredi 25 novembre 2016, à 19h15, au cinéma Impérial

 

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KING COBRA sera présenté 
le vendredi 25 novembre, à 21h15, au Cinéma Impérial.

 
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CHEMSEX sera présenté
le samedi 26 novembre 2016, à 15h, au Cinéma Alexandre-de-Sève de l'Université Concordia.

 
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STRIKE A POSE, le documentaire sera présenté
le samedi 26 novembre 2016, à 18h30, à NEVER APART


 
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ME, MYSELF & HER sera présenté 
 le samedi 26 novembre 2016, à 19h, au Cinéma Alexandre-de-Sève de l'Université Concordia

 

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THÉO ET HUGO DANS LE MÊME BATEAU sera présenté 
le samedi 26 novembre 2016, à 21h15, au Cinéma Impérial. PGM12

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Nunca vas a estar solo (You’ll never be alone) sera présenté 
le jeudi 1er décembre, à 19h, au Cinéma Impérial.


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LA BELLE SAISON sera présenté
le 2 décembre, à 19h, au Musée des Beaux Arts de Montréal. PGM22

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AKRON sera présenté  
le vendredi 2 décembre 2016, à 21h, au Musée des Beaux Arts de Montréal.

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THE QUEEN OF IRELAND sera présenté
le samedi 3 décembre 2016, à 15h, au Cinéma Alexandre-de-Sève de l'Université Concordia.
 
 
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DEPARTURE sera présenté 
le samedi 3 décembre 2016, à 17h, au Cinéma Alexandre-de-Sève de l'Université Concordia. 
 

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AWOL sera présenté  
le samedi 3 décembre 2016, à 19h, au Musée des Beaux Arts de Montréal.
 
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ONE KISS (Un Bacio) sera présenté
le dimanche 4 décembre, à 17h, au Cinéma Alexandre-de-Sève de l'Université Concordia

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QUAND ON A 17 ANS sera présenté
le 4 décembre 2016, à 19h, au Musée des Beaux Arts de Montréal.


 
Image+Nation, festival de films LGBTQ de Montréal, du 24 novembre au 4 décembre. image-nation.org