Clinique médicale du Quartier latin

Une 2e Clinique du Quartier Latin sur Berri bientôt

André-Constantin Passiour
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Clinique cartier latin

Si vous êtes patient de la clinique du Quartier Latin, il se peut fort bien que, dès le début de 2017, vous ayez à vous diriger vers de nouveaux locaux! C’est qu’après 20 ans au 905, René-Lévesque Est, on avait besoin d’espace. Avec l’afflux d’une dizaine de médecins, au cours des six derniers mois, on commençait sérieusement à être à l’étroit! Il fallait faire de la place! 

Mais où? Puisqu’elle s’appelle belle et bien clinique du «Quartier latin», elle s’agrandit vers l’Îlot Voyageur, au 1717 de la rue Berri (oui, la Gare d’autocar). Fenestration abondante, meilleur éclairage donc, salles d’attente vastes, cabinets plus nombreux, etc., bref on y respirera mieux… Bien entendu, une campagne de communication est prévue pour bien informer sa clientèle et ses partenaires.
 
«Il s’agit d’un espace d’environ 15 000 pieds carrés», d’expliquer le Dr Pierre Côté, cofondateur de cette clinique et expert en matière de VIH-sida parmi d’autres champs d’activités.
 
On doit faire grandir la clinique parce que celle-ci compte à présent une soixantaine de personnes en tout lorsqu’on compte, en plus des médecins, le personnel infirmier, de soutien, de laboratoire, les professionnels rattachés à la recherche, etc. Mais le tout sans oublier, la mission, les valeurs véhiculées par la clinique. « Notre clientèle est à l’image de la société. Toutefois, on veut continuer de mettre l’accent sur les clientèles vulnérables, les patients atteints du VIH, de l’hépatite C, les personnes aux prises avec des problèmes de consommation, les toxicomanes, les personnes atteintes d’ITSS (infections transmissibles sexuellement ou par le sang), poursuit le Dr Côté. Depuis cet été, nous avons traité et guéri près d’une centaine de patients qui avaient l’hépatite C! C’est super intéressant de voir de tels résultats positifs.» 
 
Chirurgienne, gastroentérologue, infectiologue, interniste, néphrologue, psychiatre et psychologue ne sont que quelques-unes des spécialités que l’on retrouve à la clinique, en plus des médecins généralistes dont plusieurs se vouent aux personnes séropositives depuis nombre d’années… 
 
On dit qu’à la Clinique médicale du Quartier latin, on fait de la médecine urbaine! «J’aime beaucoup le nom, mais qu’est-ce que ça signifie au juste ? C’est tout simplement de répondre aux besoins des patients qui ont des besoins spécifiques auxquels nous voulons répondre en offrant des services adaptés autant à une clientèle traditionnelle que marginale. Cet agrandissement arrive comme un beau projet à cette étape-ci de ma vie. […] On aime ce que l’on fait, les médecins et le personnel sont tous très dévoués aux patients et cela va continuer dans la 2e clinique», déclare pour sa part la Dre Emma-nuelle Huchet qui se spécialise, entre autres, dans le traitement de l’hépatite C et qui est coresponsable, avec le Dr Bernard Lessard, du groupe de médecine familiale (GMF) de la clinique.
 
1717 
 
On a parlé du VIH tout à l’heure. Depuis ses débuts, cette clinique soigne les séropositifs, les hommes gais en particulier. On le sait, la science a fait des pas de géant depuis le commencement de l’épidé-mie des années 1980. Au Quartier Latin, on a formé, entre autres, un «comité PREP (prophylaxie pré-exposition)» pour augmenter l’accessibilité à la PREP à Montréal et s’assurer du suivi des patients qui prennent ce traitement (un comprimé de Truvada absorbé quotidiennement). Revenant du congrès de la HIV Drug Therapy de Glasgow (en Écosse), qui s’est tenu du 23 au 26 octobre, le Dr Côté a pu constater comment la clinique semble être en avance à ce sujet : «En France, il y a 1 800 patients avec la PREP sur 100 sites différents, ici, rien qu’à la clinique, nous traitons environ 700 personnes. Les congressistes étaient pas mal impressionnés. J’étais fier du travail que nous accomplissons ici, qui est de rendre la PREP plus accessible. Parce que la PREP veut dire faire de la prévention. D’ailleurs, la prescription n’est que pour trois mois pour que le patient revienne nous voir et qu’on puisse le suivre».
 
Cet élargissement de la clinique permettra de pouvoir étendre encore plus les soins aux patients vivant avec l’hépatite C et les toxicoma-nes ainsi que les personnes à haut risque. «Le traitement de l’hépati-te C est efficace à plus de 90%, mais il faut constamment faire un travail de sensibilisation pour prévenir la réinfection parce qu’on peut s’infecter à nouveau, on n’est pas immunisé. Il faut donc conti-nuellement informer les gens. Les infirmières et infirmiers jouent ici un grand rôle en suivant de manière plus serrée ces clientèles», affirme la Dre Huchet qui œuvre aussi en milieu carcéral auprès des détenus atteints de l’hépatite C, du VIH ou les deux.
 
La Dre Emmanuelle Huchet travaille aussi auprès des autochtones.?Elle nous parlait en direct de l’importante convention de l’American Association for the Study of Liver Disease, à Boston (qui se tenait du 11 au 15 novembre). Une expertise qu’elle amène avec elle à la Cli-nique médicale du Quartier latin. «Nous travaillons tous ensemble dans le plaisir, dans la convivialité et la complicité et cela, les patients le ressentent aussi parce que c’est un travail d’équipe, poursuit la Dre Huchet. Nous participons à plusieurs recherches et études et les patients en bénéficient.»tients en bénéficient.»
 
Il faut ajouter un autre aspect à tout cela, celui de la relève. Plusieurs stagiaires s’ajoutent régulièrement à l’équipe pour y étudier des domaines de pointes qui sont devenus la marque de commerce de cette institution du centre-ville. «Les stagiaires sont importants pour nous car ils représentent la relève, certains viennent y faire leur stage et ils nous reviennent par la suite. Ce n’est pas facile de trouver des médecins dévoués qui désirent travailler auprès de clientèles marginalisées donc, lorsqu’il y a des stagiaires cela représente l’avenir et c’est ce qui fait que la clinique évolue. Avec l’ajout des nouveaux médecins, il y a maintenant deux générations de docteurs à la clinique et c’est fantastique…», souligne le Dr Pierre Côté.
 
Mais ce n’est pas tout. Tout comme sur René-Lévesque, il y aura une pharmacie sur place. En effet, le pharmacien Martin Duquette fermera sa pharmacie de la rue Sherbrooke pour aménager une pharmacie plus spacieuse dans la 2e clinique du Quartier latin.
 
Clinique Médicale Du Quartier Latin
905, René-Lévesque Est. T (514) 285-5500
1717, rue Berri. cliniquequartierlatin.com