Rencontre avec Denis-Martin Chabot

Denis-Martin Chabot : la retraite, connait pas !

André-Constantin Passiour
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Denis-Martin Chabot

Le 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, Denis-Martin Chabot fera le lancement de «Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais», son plus récent roman. Ce sera au Cabaret Mado, dès 18h. Cet auteur et ex-journaliste à Radio-Canada termine ainsi un cycle de sorties de livres qui a vu trois de ses ouvrages arriver sur les tablettes des librairies en moins d’un mois presque. Trois bouquins très diversifiés, deux biographies de personnes qu’il apprécie ainsi que sa plus récente création depuis «Rue Sainte-Catherine Est, métro Beaudry», publiée l’an passé.

Richard AbelDeux biographies Maman Nicole, sur Nicole Pageau et «Richard Abel, Mon histoire en noir et blanc, le clavier de ma vie» et, finalement un roman Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais, sur le Village durant la période sombre du sida, un livre préfacé par le Dr Réjean Thomas, le président et cofondateur de la Clinique médicale l’Actuel, sont les trois œuvres écrites par M. Chabot à paraître ces jours-ci.
 
«C’est un peu un concours de circonstances, dit M. Chabot. Je voulais lancer le roman pour le 1er décembre puisqu’il parle du sida, le livre sur Richard Abel avait été prévu avant, mais les entrevues n’ont débuté qu’en janvier dernier et il fallait que je passe à travers les 30 heures d’enregistrement… Le livre sur Nicole Pageau était en chantier, mais il fallait que je travaille aussi sur la tenue de la Fierté littéraire tout en remettant le manuscrit pour le roman. Tout cela a fait en sorte à ce que les trois bouquins sortent plus ou moins en même temps !»
 
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Mme Pageau, celle-ci est intéressante et poignante. Elle œuvre auprès de l’Association canadienne française de l’Alberta lorsque elle rencontre des gens de la communauté rwandaise de cette province qui marquaient le 10e anniversaire du génocide au Rwanda. Elle apprend ainsi que, une décennie plus tard, beaucoup de femmes, des mamans, des veuves avec leurs enfants n’ont aucune aide. En 2004, elle se rend donc sur place pour constater la misère dans laquelle vivent ces femmes et leurs progénitures. Nicole Pageau, à 60 ans, laissera tout derrière elle pour aller vivre à Kigali, la capitale du Rwanda, et y fonder le Centre César pour ces femmes… «Nicole Pageau avait été très touchée par ces femmes et elle voulait faire quelque chose pour elles. Et moi, de mon côté, j’ai été également touché par son parcours que Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamaispeu de gens ici connaissent et je voulais raconter tout ce qu’elle a fait», dit Denis Martin Chabot.
 
Quant au musicien Richard Abel, celui-ci a hésité, à plusieurs reprises, de se commettre à une biographie. C’est que, comme il nous le confirme lui-même en entrevue «je voulais dire les vraies affaires». Ce n’est qu’après le décès de son père, qu’il a senti avoir les coudées franches pour aborder avec Denis-Martin Chabot ce qu’il a vécu dans sa jeunesse : l’humiliation d’être pauvre et dans la misère. Plusieurs récompenses et un succès en salle phénoménal pour un artiste de musique instrumentale n’ont pas fait oublier à Richard Abel ses origines modestes, mais nous rappelle sa ténacité et son désir de réussir et les gens avec qui il a travaillé comme les Jean Guilda,Michel Louvain et d’autres encore. Pour ceux qui ne le savent pas, Richard Abel expose sous la plume de M. Chabot son homosexualité qui n’avait pas été dite ouvertement et «officiellement»…
 
Et enfin, Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais, le roman de l’ex-journaliste de Radio-Canada. «On le sait, la crise du sida a été une période très difficile pour le Village, c’était un moment de grands changements, de bouleversements et celui-ci n’a plus été le même après. Les relations sexuelles entre les gens aussi se sont complexifiées et on est entré à l’ère de l’Internet et du virtuel. C’est de tout cela dont je voulais rendre compte dans le livre», souligne Denis-Martin Chabot. Comme une extension de son roman, M. Chabot a collaboré au documentaire des Productions Luc Dauphin, Les deux villages, soit «celui d’avant les années Maman Nicole2000 et celui après le tournant du millénaire, il y a là des éléments du roman qui sont dépeints», confie M. Chabot. Ce documentaire devrait être présenté en août 2017.  
 
Avec tout cela, on pourrait croire que Denis-Martin Chabot en a plein les bras et voudrait se la couler douce… Mais non. On assistera l’été prochain durant Fierté Canada (organisée par Fierté Montréal) à une Fierté littéraire «vitaminée» puisqu’elle sera amplifiée avec non pas un, mais deux concours littéraires et deux invités d’honneur, l’un francophone et l’autre anglophone. «Fierté littéraire sera plus importante parce que Fierté Canada sera plus imposante que d’habitude et il nous faut quelque chose d’encore plus intéressant et ce le sera et, ici, Fierté Montréal m’appuie totalement. Oui, c’est énormément de travail, mais j’adore ça», indique M. Chabot.
 
Denis-Martin Chabot travaille, également, sur une pièce de théâtre qui pourrait être présentée à l’été 2017. Il nous a vaguement laissé entendre qu’il rédige un autre roman… «Il y a plusieurs projets en branle, mais on verra…», commente-t-il.

la liste de l'été 2016