Jusqu’au 4 décembre

Un «Trip à trois» qui s’expose

André-Constantin Passiour
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trip a trois

Griffintown va voir se réaliser un trip à trois ! Non, pas ce que vous pensez ! Un trip «artistique». L’espace galerie de la boutique Ludovik, sur Notre-Dame Ouest, va accueillir trois artistes aux styles diversifiés : Michel Jutras (aquarelliste), Patrice (Pat) Cantin (peintre) et Steeve Leblanc (photographe). Chacun y apporte ses perceptions de l’art et ses interprétations.

On pourra y voir une cinquantaine d’œuvres en tout puisque chacun d’eux exposera de 12 à 15 créations. Mais pourquoi quelque chose d’aussi suggestif que «trip à trois» ? «Il n’y a pas d’autres connotations que nous trois, trois artistes, trois styles et trois médiums diversifiés. Non, ce n’est rien de sexuel ! Mais comme nous travaillons aussi chacun avec un médium différent, moi la peinture, Steeve la photographie et Michel l’aquarelle, alors cette idée folle nous est venue d’appeler l’exposition ‘’Trip à trois’’. C’est aussi parce que trip fait référence à avoir du plaisir», dit simplement Pat Cantin qui officiait aussi aux tables tournantes du party BlacKKnight (au Unity, le 13 novembre dernier).
 
Ce n’est pas d’hier que Michel Jutras fait de l’aquarelle. Membre de la Société canadienne de l’aquarelle (SCA), Jutras a commencé à peindre en 1993. Dès 1996, il participe à ses premières expositions. Dès 1998, il est élu par ses pairs membre de la SCA. «Michel fait plus ce que l’on pourrait appeler du ‘’Gay Art’’», énonce Pat Cantin. La sensualité est en effet au rendez-vous avec Jutras. Mais les hommes qu’il peint et dessine sont très co-lorés, c’est le propre de l’aquarelle que d’avoir des couleurs vives ! Il y a des corps, mais aussi des portraits… «J’aime beaucoup les détails, je suis très minutieux, c’est pour cela que cela me prend du temps avant de terminer un tableau. Et il faut faire attention à l’aquarelle puisque ce n’est pas comme la peinture à l’huile ou à l’acrylique, il faut laisser le temps que le papier l’absorbe pour rajouter une autre couche…», explique Michel Jutras. Ainsi, certains détails sont parfois accentués, comme des mamelons d’un écarlate prononcé, comme si qu’il s’agissait de rouge à lèvres !
 
Des portraits, Pat Cantin en peint également. Mais il tend plutôt versl’abstraction. «Dans ma formation, Francis Bacon a été d’une grande influence et cela revient maintenant dans mon art plus que jamais, continue Pat Cantin. En fait, c’est presque de la déconstruction du portrait plutôt que le portrait en tant que tel. Évidemment, c’est très moderne, très actuel. Tout comme Michel, il y a bien de la couleur dans mes toiles, mais mon style est complètement différent du sien et nous n’utilisons pas le même médium.» Détenant son baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, Pat Cantin participe à plusieurs expositions collectives et en solo et possède en permanence des toiles à la fameuse galerie Koyman d’Ottawa. «Je suis très content, ça marche bien là-bas, je suis toujours à y apporter de nouvelles toiles parce qu’elles se vendent bien. Lorsqu’on vit de ce métier, c’est signe que le public apprécie ce que je fais», commente M. Cantin. Des photos d’hommes presque nus dans des poses suggestives et très sensuelles, Steeve Leblanc s’en éloignera un peu pour nous présenter sa nouvelle vision. «Celle-ci est orientée un peu plus vers l’architecture, le paysage urbain. Bien sûr, il y aura encore quelques modèles masculins, car il ne voulait pas casser complètement avec sa source première. Disons que ce sera un mélange des deux, mais ce sont des œuvres totalement nouvelles», d’expliquer le grand ami de Steeve Leblanc, Michel Jutras. On a souvent vu leurs œuvres en duo, puisque Leblanc et Jutras ont exposé ensemble à plusieurs reprises, y compris en avril 2015. Quant à Pat Cantin, sa dernière exposition remonte à mars 2015, c’était à la Galerie Carte Blanche. Ils ont chacun été récipiendaires de différents prix à travers les années.
 
«On ne se prend pas au sérieux et nous avons bien du plaisir et j’espère que les gens vont se déplacer nombreux pour le vernissage et prendre un verre avec nous», dit avec humour Pat Cantin. «Nous ne sommes pas très coincés et nous aimons avoir du fun», rajoute en riant Michel Jutras.
 
Le soir du vernissage, il y aura un «Photo booth», pour immortaliser 
l’occasion et pour que les gens aient encore plus de plaisir…
 
TRIP?À?TROIS, jusqu’au 4 décembre, chez Ludovik, 1318, rue Notre-Dame