Projets et financement à l’Espace Libre

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Ce mois-ci, l’équipe du comité LGBT de Desjardins a pris l’initiative d’aller à la rencontre d’un de ses membres qui œuvre dans le monde de la culture et qui fait beaucoup pour la communauté et pour son arrondissement, Ville-Marie. Il s’agit de Denys Caron, directeur administratif du Théâtre Espace Libre. C’est au sein de ce magnifique Théâtre construit dans une ancienne caserne de pompier que nous le rencontrons, afin de discuter des projets qui l’occupent.  

Pour commencer, Denys, parlez-nous du Théâtre Espace Libre et de ce qui le différencie des autres théâtres?
 
Ce qui fait le caractère unique d’Espace Libre c’est que c’est un banc d’essai. Ici, les spectacles sont uniques. Nous les sélectionnons avant même qu’ils soient écrits en misant sur une idée, un projet et sans savoir s’ils obtiendront les subventions nécessaires. Nous faisons énormément confiance aux artistes avec lesquelles nous travaillons. Ils savent qu’ils peuvent aller loin dans leur création ici. Nous n’intervenons pas dans le contenu et notre volonté est de les laisser aller aussi loin qu’ils le souhaitent. Nous offrons un encadrement administratif et créatif pour soutenir le projet, mais toujours dans le but de permettre au créateur de réaliser son projet. Par ailleurs, l’aménagement physique du Théâtre le rend unique. Le Théâtre est au sein d’une caserne de pompier et la salle est un cube «vide». Nous pouvons placer des gradins ou des banquettes selon les désirs du créateur du spectacle. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle les artistes choisissent de venir créer leur spectacle ici! Dépendamment de l’objectif qu’ils recherchent et des émotions qu’ils souhaitent faire vivre aux spectateurs, ils choisissent la configuration la plus adaptée.  Par exemple, lorsque la pièce Tranche-cul a été jouée, les spectateurs étaient face à face et les acteurs jouaient au milieu, dans l’allée séparant les deux gradins de spectateurs. Cette configuration nous a permis de vivre des émotions qui auraient été tout autres si nous avions été dans une configuration de salle plus traditionnelle. 
 
Parlez-nous d’un spectacle qui a eu lieu au Théâtre Espace Libre et qui vous a personnellement marqué.
 
Difficile de choisir! J’ai envie de parler d’un succès majeur que nous avons créé ici. Il s’agit de « Chante avec moi ». Cela relate la montée d’un artiste  vers la gloire puis finalement jusqu’à la déchéance. Il commence comme beaucoup d’artistes dans un band de garage avec un ami. D’autres amis viennent se rajouter et finalement, ils terminent à plus de 50 dans le band. Chaque soir nous le présentions avec une vedette différente, dont Arianne Moffat ou Pierre Lapointe. L’implication de ces personnalités a fait de cette pièce un grand succès, pro-bablement le plus grand que nous ayons eu la chance de créer au Théâtre Espace Libre. Je pense aussi à la pièce Le Dortoir de Carbon 14. Ces deux spectacles sont basés sur des émotions profondes et avec quelques mots de dialogue ou de monologue, ces pièces ont réussi à me toucher personnellement, et à me faire comprendre certaines facettes de ma personnalité. 
 
L’année 2017 marquera le 375e anniversaire de Montréal, cette ville avec laquelle vous et le Théâtre avez une relation toute particulière. Aurez-vous la chance de prendre part aux Festivités?
 
Absolument! Nous avons commencé à chercher du financement pour ce projet en 2014. Alexis Martin avait dans ses cartons un texte sur Camillien Houde, ancien maire de Montréal, qu’il avait écrit pour une série télévisée. Celle-ci n’ayant jamais été produite, il lui est venu à l’idée de transposer cette série dans une pièce de théâtre déambulatoire, au cœur du quartier de notre Théâtre. Nous avons alors rencontré les élus de la mairie de l’arrondissement de Ville-Marie, qui comme vous savez s’adonnent à être Richard Bergeron et Denis Coderre. C’est à la suite de cette rencontre que nous avons convenu de déposer ce projet à la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal qui a été accepté. Camillien Houde «le p’tit gars de Sainte-Marie» est un spectacle déambulatoire qui sera mis en scène par Daniel Brière et Geoffrey Gaquère. Celui-ci se déroulera à travers notre quartier. Le but est de rendre nos habitants fiers de leur quartier et d’en montrer toute la beauté aux visiteurs d’un jour. L’activité sera gratuite en plus! Pour développer le projet, nous offrons en ce moment des ateliers afin de former une trentaine de personnes du quartier qui seront les figurants du spectacle. Nous travaillerons aussi avec Luc Proulx, un talentueux décorateur qui tentera de travailler avec les propriétaires des maisons du quartier pour les embellir et le rendre unique. C’est une belle et grande démarche culturelle qui permettra de magnifier notre quartier grâce à l’implication de la population. Vous savez, notre quartier fait partie des quartiers les plus défavorisés du Canada donc nous souhaitons contribuer à créer un grand sentiment de fierté de la part de sa population. Nous voulons démontrer que ce n’est pas parce que nous sommes issus d’un quartier défavorisé que nous ne pouvons pas faire de grandes choses. 
 
Près de quarante ans après sa fondation, Espace Libre reste un poumon essentiel de la création théâtrale au Québec. Quels sont les défis que vous rencontrez pour rester ce poumon?
 
Vous savez, lorsque nous choisissons une idée  ou un projet pour qu’il devienne un spectacle, nous ne sommes jamais certains qu’il obtiendra une subvention. Cette année,  c’est le cas pour quatre de nos spectacles et cela créé un défi important pour le développement du spectacle. Nous sommes tributaires des sommes que les conseils des arts nous accordent. Comme les sommes sont modi-ques, il nous est difficile, voire impossible, de pouvoir faire la promotion de ces spectacles. Par ailleurs, il nous est peut-être plus difficile d’obtenir des subventions justement à cause du fait que nous choisissons une idée ou un projet non abouti. C’est notre spécificité, mais cela peut créer une crainte auprès d’une organisation qui nous subventionnerait, car celle-ci ne sait pas vraiment quelle va être la finalité de la pièce et la réception du public ou des médias.  
 
Finalement, nous souhaitons vous poser une question en lien avec Desjardins, votre partenaire financier. Pourriez-vous nous expliquer en quoi nous sommes un partenaire important de la réussite du Théâtre?
 
Desjardins est notre partenaire financier depuis longtemps et nous avons développé une grande relation de confiance. Au-delà de cette relation, le Théâtre Espace Libre, Desjardins et moi-même partageons des valeurs communes. Celle qui me vient immédiatement en tête est celle de rassembler les gens, mais également la coopération et la solidarité. Nos deux organisations travaillent fort pour créer quelque chose de bénéfique pour la société. Les produits des institutionsfinancières sont sensiblement similaires  d’une entreprise à l’autre, mais les valeurs qui habitent ces organisations peuvent différer. C’est pourquoi nous sommes fiers de pouvoir compter sur Desjardins au quotidien et sur Marie-Christine Cojocaru qui est la Directrice générale de la Caisse de la Culture. En outre la Caisse soutient aussi nos projets d’un point de vue financier en nous octroyant une subvention et en participant à nos activités de collecte de fonds. Que demander de plus?