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«C’est une très bonne nouvelle!»

André-Constantin Passiour
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Maison Radio Canada

Au mois de mars, inquiets de voir Radio-Canada déménager du district de Saint-Jacques et de laisser ainsi un grand vide causé par l’absence de ses 3 000 travailleurs, la Société de développement commercial (SDC) du Village avec près d’une quinzaine de groupes du secteur signaient un texte demandant à la Société d’État de ne pas déménager vers le centre-ville. Dans une lettre publiée dans les médias, on rappelait, entre autres, la responsabilité «morale» qui incombait à Radio-Canada (SRC) après le démantèlement, dans les années 1960, de tout un secteur du quartier pour faire place à la Maison de la SRC. Le 22 novembre dernier, le conseil d’administration de CBC/Radio-Canada donnait, finalement, son accord pour le réaménagement complet des terrains et la relocalisation des employés dans un nouveau complexe à l’angle Est des actuels stationnements. Il va sans dire que la SDC du Village a poussé un soupir de soulagement ! «C’est une très bonne nouvelle !», s’est exclamé Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la SDC du Village.

«Avec Radio-Canada, on garde un bon bassin de travailleurs dans le quartier et c’est bon pour la vitalité économique du secteur, cela veut dire qu’il s’agit d’une clientèle qui va se déplacer chez  les commerçants. Nous avions craint que la Société d’État déménage plus à l’ouest vers le Quartier des spectacles. Donc oui, nous sommes heureux que Radio-Canada demeure sur son actuel terrain et investisse dans Ville-Marie», poursuit Denis Brossard.
 
Le projet de développement
En effet,  le nouvel édifice de Radio-Canada sera construit à l’angle de René-Lévesque et de Papineau, sur une portion de son actuel terrain, et sera inauguré en 2020. Un consortium sous la direction de Broccolini construira le complexe qui abritera les quelque 3 000 employés, alors que la tour sera rachetée et rénovée par un autre promoteur immobilier, le Groupe Mach. Ce dernier développera, également, le côté Ouest des terrains de stationnement. «L’entreprise veut y réaliser un vaste projet immobilier, qui inclura des centaines de résidences, des bureaux, des com- merces et des logements sociaux», peut-on lire sur le site de La Presse, sous la plume de Maxime Bergeron. Il faudra 15 ans en tout pour terminer la construction des diverses bâtisses le long de la rue Wolfe.
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La nouvelle Maison de Radio-Canada à proprement parler sera composée de deux bâtiments, l’un de quatre étages et un 2e de 7 étages, qui seront joints par un atrium vitré. C’est en janvier 2020 que les travaux seront complétés. «Le Groupe Mach prévoit la cons-truction d’environ 3 000 logements en partenariat avec le Groupe Montclair sur une période de 15 à 20 ans. Une part de 11 % de la superficie du terrain sera réservée à l’aménagement de parcs, et trois rues traverseront le site, soit Beaudry, Alexandre-de-Sève et de La Gauchetière», lit-on dans Le Devoir en date du 25 novembre tel que rédigé par Jeanne Corriveau. Le pôle de la «Cité des ondes» –  avec TVA, Météo Média, CTV, Global, Télé-Québec et autres diffuseurs et producteurs – est donc confirmé et amélioré avec Radio-Canada qui aura pignon sur rue au coin de René-Lévesque et Papineau…
 
L’optimisme de la SDC
«[Le fait que Radio-Canada reste ici] nous permet d’espérer […], c’est rassurant pour les commerçants que des milliers d’employés ne partiront pas du quartier», continue M. Brossard.Et que d’autres viendront travailler dans l’ancienne tour qui sera restaurée
 
Comme on l’a vu, des condos, des logements sociaux ainsi que des maisons de ville sont prévus dans ce projet piloté par le Groupe Mach en collaboration avec plusieurs autres firmes d’architecture et d’ingénierie… «C’est encourageant de ce côté-là également. On refait en quelque sorte un segment du quartier (le Faubourg à M’lasse) qu’on avait préalablement détruit pour faire place à l’actuelle tour de Radio-Canada. Cela signifie également plusieurs milliers de résidents additionnels dans le district. Ce sont des clients qui vont avoir besoin de produits et services. Il faudra s’adapter à leurs besoins, il y a donc de la place pour de nouveaux commerces comme des commerces de détail. Autant les rues Sainte-Catherine qu’Amherst pourraient en profiter», estime Denis Brossard.
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Cependant, il faut réfléchir, il faut être adroit. Particulièrement en ce qui a trait au domaine de la restauration. Il y a, ici, pour ces restaurateurs une occasion en or, à moyen et à long terme, d’attirer la clientèle surtout que, à Montréal, il s’en ouvre pratiquement chaque jour des restaurants. Mais il s’en ferme aussi... «Le secteur de la restauration est là pour rester dans le Village. Mais il faut offrir un produit de qualité qui fait qu’on n’ira pas ailleurs afin de fidéliser la clientèle. Car c’est comme ça aussi qu’on assure la pérennité d’un commerce...», croit Denis Brossard qui, rappelons-le, a été directeur artistique pour plusieurs événements d’envergure.
 
«Il faut que tous les commerçants réalisent que l’on se bat cons-tamment contre Rosemont, contre Griffintown, contre le Mile-End ou encore contre le Plateau. Les gens sont à la recherche de restos, de bistros, de commerces hyper branchés, nouveau style et attirants, rajoute M. Brossard. Il faut que les commerçants comprennent qu’on est en compétition avec d’autres quartiers. Il faut se réinventer et proposer de nouvelles options. C’est ce que font des endroits comme le Renard et la Graine Brûlée dans le Village qui, dans des styles très diversifiés, ramènent une clientèle différente en proposant un environnement original. Il y a aussi, par exemple, les rénovations au Saloon et au Normandie qui ont été bénéfiques pour ces commerces-là.»
 
Bien sûr, tout n’est pas aussi rose que les fameuses Boules de Claude Cormier et le commerce de détail et de restauration n’est certes par garanti à Montréal. Mais il y a de l’espoir. «Dans un commerce, il faut trouver ce qui ne marche pas et proposer des solutions, si c’est de changer un menu, rénover le local, introduire de nouveaux items, etc. Il faut penser à l’avenir...», de conclure Denis Brossard.