Cinéma

Pour Disney, une princesse LGBT n'est pas exclue

Chantal Cyr
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2016 nous a appris, entre autres, que Disney n’exclue pas de poursuivre dans la direction d’une plus grande diversité, allant jusqu’à mettre en vedette une princesse lesbienne. Les princesses Disney très hétéros incarnent désormais un archétype féminin qui sent bon la naphtaline et un classicisme plus vraiment d’actualité. 

Au cours des deux dernières décennies, les studios Disney ont doucement, tout doucement, impulsé un renouveau. Au milieu des héroïnes naïves et greluches, sont apparues des jeunes filles plus actives – moins dans l’attente fébrile de leur prince charmant. Mulan, la guerrière, Tiana, ou encore Mérida sont différents exemples de ces tentatives pas nécessairement réussies au demeurant. 

Frozen fut à ce titre saluée, parce qu’elle incarnait quelque chose de différent, des valeurs plus féministes et progressistes. Mais la chose était encore légère, sensible.

Alors, voici que débarque Moana, première princesse d’origine polynésienne dans l’univers de Disney – même si le pitch de Lilo et Stitch se déroulait aussi sur ces îles. Ron Clements et John Musker, le binôme qui a réalisé plusieurs des productions Disney (dont La petite sirène, Aladdin, Hercule ou encore La princesse et la grenouille) vient ainsi de poser une autre geste qui va dans cette direction...

 

Moana, tout d’abord, n’est plus une simple histoire d’amour – d’ailleurs, on n’en retrouve pas dans l’ensemble du film, ce qui rassurera les sceptiques. Un peu à la manière de Frozen, l’héroïne est au cœur de la production, et si la dimension conte de fées est plus exotique, elle n’en reste pas moins prégnante. Sauf que Moana se construit dans un univers d’homme, et parvient à trouver sa propre voie.

«En réalité, explique Clements, il n’y a jamais eu de romance dans cette histoire. C’était la véritable histoire d’une jeune fille prise dans une quête, et l’équilibre entre la nature et son destin est en jeu ».

Mais alors, dans ce système de production où l’équilibre est essentiel, comment pourrait-il advenir qu’un beau jour, on découvre une princesse LGBT, a-t-on demandé à Ron Clements??

« Ce serait dirigé par un réalisateur ou une équipe de réalisateurs qui voudraient vraiment soutenir ce point et si [la production] appréciait l’idée, mais je dirais que nous n’avons jamais vraiment eu de restrictions sur ce que nous avons fait. Il semble que les possibilités soient assez ouvertes sur le sujet », assure Clements. 

Le fait est que les deux hommes, Musker et Clements, sont connus pour avoir fait tomber quelques barrières dans les précédentes réalisations de Disney, et avec Moana ils affirment avoir cherché le réalisme. « Nous lui avons fait des jambes plus charnues, et ses hanches sont plus normales pour la rendre capable des cascades que nous souhaitions, comme plonger depuis des falaises ou ce genre de choses. »

Source : Huffington Post