Traitement pré-exposition et charge virale indétectable : En parler

Parler de PREP et d’intétectabilité

Denis-Daniel Boullé
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Le Portail VIH/Sida du Québec, à l'intiative du Centre de recherches et d'activités communautaires et culturelles pour les diversités (CReACC), organisait une soirée d'information en cette journée du 1er décembre au bar le Cocktail sur le traitement pré-exposition et sur la charge virale indétectable dans la vie de tous les jours.

Selon le directeur général du Portail VIH/Sida, Pierre-Henri Minot, c'était l'occasion d'aborder deux thèmes dont on parle souvent sans trop savoir ce qu'ils recouvrent vraiment, et surtout de regarder comment, comme moyen de prévention, ils constituaient un rempart à la contamination. Le panel regroupait des spécialistes du communautaire et de la santé, l'anthropologue social David Lessard, les docteurs Bertrand Bouché, Sarah-Amélie Mercure, le sexologue Alexander McKenzie, ainsi qu'un intervenant, Benoît Payant de la maison Plein-Coeur, séropositif depuis 14 ans avec charge virale indétectable, et un «prépeur», Guillaume Lemieux, sous traitement de pré-exposition (PreP).

Parmi la centaine de personnes réunies autour de la scène et sur la mezzanine du Cocktail, les intérêts se partageaient pour moitié pour l'un ou l'autre des deux thèmes choisis. «Je crois que c'était intéressant de montrer au cours de cette soirée la complémentarité et donc les bénéfices de ces deux stratégies pour la santé sexuelle, explique Pierre-Henri Minot, nous devons avoir une approche beaucoup plus transversale pour parler du VIH et des moyens de prévention puisque cela correspond à la réalité des personnes qui sont confrontées à plusieurs questions concernant la prévention et les peurs de la transmission».

Après les présentations et les témoignages, les questions des participants ont pu permettre d'éclaircir de nombreuses interrogations, concernant la PreP et la charge virale indétectable. Même si la majorité des participants semblaient au fait de ces deux réalités, des appréhensions subistaient concernant d'une part les conséquences d'un traitement comme la PreP sur le long terme ou encore sur les risques de transmission toujours possibles compte tenu que le risque zéro n'existe pas. Cependant, l'information la plus juste soutenue par le témoignage de deux participants au panel ont permis de contenir la question du risque dans sa juste proportion.

« Tout comme il a été aussi question des coûts de la PreP, continue le directeur du Portail, car beaucoup ont peur que le réseau de la santé n'en vienne à sélectionner ceux qui pourraient recevoir gratuitement le traitement. Cela nous demande d'être aussi vigilant dans les choix futurs du ministère de la santé». Pour les organisateurs de cette soirée, il y a une réelle demande d'information de la part du public. «En fait, ces rencontres permettent aux participants de faire le point sur les différentes stratégies de prévention, d'en apprendre ou encore de faire des mises à jour, mais aussi d'échanger avec d'autres personnes sur leur vécu, sur leurs expériences» de conclure Pierre-Henri Minot.

Le Portail est l'un des rares organismes à recevoir du financement des Fonds d'iniatives communautaires en matière de VIH/Sida (FICS), ce qui lui permettra de continuer sa mission d'information et d'éducatio, notamment par le biais de son site.?C’est l'un des plus complets à ce jour et surtout facile à consulter tout en multipliant des soirées rencontres avec des acteurs du milieu sida et le public ou encore en organisant des ateliers.

Portail VIH/Sida du Québec 

http://pvsq.org