Réparation - armée de l'air américaine

Exclu de l'armée car il était gai, il obtient réparation à 91 ans

Associated Press
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Edward Spires a réussi à faire corriger ses états de service pour faire reconnaître la discrimination dont il a été victime, 69 ans après avoir été forcé de quitter l'armée de l'air.

Un jour d'octobre 1947, un colonel de l'armée de l'air américaine a annoncé qu'il voulait « nettoyer (s)a base des homosexuels ». Forcé de révéler son orientation sexuelle, l'assistant de l'aumônier de cette base de San Antonio, située dans l'État du Texas, a été prié l'année suivante de retourner à la vie civile après avoir été jugé « indésirable ».

Entré à la base en 1946, Edward Spires a vécu « dans le placard, sauf quand il sortait », expliquait-il à NBC News en novembre dernier. Ce mois-là, des avocats liés à une organisation de vétérans avaient attaqué l'armée pour que celle-ci corrige le dossier de leur client. Le texte de la plainte décrivait les interrogatoires, insultes et menaces subis par l'assistant, de la part des autres soldats comme de ses supérieurs. Pour déterminer son orientation sexuelle, un psychiatre lui avait même demandé s'il avait déjà reçu une fellation.

« Je peux relever la tête »

Le harcèlement d'Edward Spires a commencé quand des participants à une soirée d'Halloween en dehors de la base ont cru qu'il s'était travesti. « Quelqu'un m'a reconnu, et a dit 'ha ha, il doit être gai!'", racontait-il à NBC News. Décidé à laver son honneur avant de mourir, Spires a d'abord tenté seul d'obtenir gain de cause, mais sans succès. L'armée de l'air lui a alors répondu que les documents le concernant avaient brûlé dans un incendie, en 1973.

Vendredi, l'armée de l'air a implicitement reconnu lui avoir infligé un traitement discriminatoire. "Je me suis dit qu'il était temps", a déclaré Spires au Hartford Courant. "Je peux enfin relever la tête." Depuis son exclusion de l'armée, l'américain a profité des droits dont il dispose désormais. En 2009, il s'est marié avec David Rosenberg, après 60 ans de vie commune. "Il n'est pas concevable que cet homme qui a scrupuleusement accompli sa tâche (...) termine sa vie en étant jugé indésirable par son pays", avait déclaré son mari en novembre dernier. À sa mort, Spires sera honoré par des funérailles militaires.

Sources : Associated Press et L'Express