Propos sur le mariage gai

Le commissaire Oettinger sur la défensive face aux eurodéputés

L'agence AFP
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Le commissaire européen Günther Oettinger, figure controversée au sein des institutions de l'UE, a dû se défendre une nouvelle fois de propos sur l'homosexualité, lundi devant des eurodéputés à Bruxelles, à l'occasion de son changement de portefeuille.

Passé de l'Economie numérique au Budget, Günther Oettinger a été interrogé pendant près de trois heures lundi soir par des députés des commissions du Budget, du Contrôle budgétaire et des Affaires juridiques du Parlement européen.

Mais l'Allemand, qui sera également chargé des Ressources humaines au sein de l'exécutif européen, était surtout très attendu sur les questions de l'égalité hommes-femmes et de la diversité.

Il avait en effet provoqué un tollé en Allemagne et déclenché des critiques de Pékin, après des propos très controversés sur les Chinois, les femmes ou encore le mariage homosexuel, tenus fin octobre à Hambourg devant des chefs d'entreprises et diffusés sur internet.

« Je regrette ces propos », a insisté devant les eurodéputés Günther Oettinger, qui s'était déjà excusé.

« Dans les semaines à venir je veux publier une communication sur la diversité et l'inclusion », a-t-il promis, notamment pour les personnes LGBTI.

Günther Oettinger a également vanté l'objectif « très important » d'une part de 40% de femmes dans les postes d'encadrement, engagement de sa prédécesseure Kristalina Georgieva qu'il « entend tenir » d'ici 2019.

Autre dossier délicat pour celui qui, à l'occasion de son changement de portefeuille, a pris la tête de l'Olaf, l'organisme anti-fraude de l'UE: celui du pouvoir des lobbies.

Car Günther Oettinger avait une nouvelle fois fait parler de lui à la mi-novembre, se trouvant sous le feu des critiques pour avoir voyagé à bord du jet privé de l'homme d'affaires allemand Klaus Mangold, considéré comme proche de Moscou.

Soumis aux règles de transparence de l'UE, il n'avait pas officiellement fait état de cette rencontre auprès des institutions. La Commission avait cependant écarté tout conflit d'intérêt.

Le commissaire allemand s'est dit « ouvert » à une amélioration des règles de transparence.

En fait, nommé à son nouveau poste depuis le 1er janvier, Günther. Oettinger n'a pas été soumis à une « audition" mais à un simple « échange de vues » avec les eurodéputés.

Il s'agit en effet d'un changement de portefeuille d'un commissaire déjà en place, et non d'un nouvel arrivant dans l'exécutif européen, ce qui se traduit par une simple « information » du Parlement.

La situation a cependant agacé certains parlementaires, d'autant que Günther Oettinger est une personnalité contestée au sein de l'UE.

« L'affaire Oettinger est un véritable cas d'école de tout ce qu'il faut faire pour détruire la légitimé d'une institution politique », a ainsi estimé Pascal Durand, du groupe Verts-ALE, pour qui Günther Oettinger bénéficie d'une « promotion » alors que son comportement appelait à des « sanctions ».

A l'issue de l'échange de lundi, les eurodéputés participants feront connaître leur appréciation, consultative, dans une lettre.

Dix organisations européennes, parmi lesquelles Transparency International, Oxfam ou Corporate Europe Observatory, ont plaidé auprès des députés européens pour qu'ils s'opposent à la nomination de Günther Oettinger.

(Source AFP)