18 et 19 février

Quand les Ballets Trockadero revisitent les classiques

Denis-Daniel Boullé
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les Ballets trockadero

Les Ballets Trockadero sont de retour à Montréal le 18 et le 19 février prochain Pour beaucoup, c'est un rendez-vous, pour d'autres, l'occasion unique de voir quelque chose d'exceptionnel et de rare. Exceptionnel parce que la troupe n'est composée que de danseurs gais qui endossent des rôles destinées aux femmes. Rare, parce qu'au delà de l'humour, c'est un hommage à la danse classique dans ce qu'elle a de plus beau et majestueux.

Les Ballets Trockadero ne cessent de tourner avec succès qui ne cesse de s’accroitre depuis leur création à New York  en 1974. Et le public est toujours au rendez-vous comme il le sera surement à Montréal. Mais, qu’est-ce qui amène des danseurs professionnels, qui ont eu une formation classique et ont tourné avec les plus grandes compagnies de ballet au monde de se tourner vers cette compagnie si particulière où tous les rôles féminins sont interprétés par des hommes et où l’humour et la dérision sont au rendez-vous ?
 
Alberto PrettoPour Alberto Pretto, qui incarne une ballerine et un danseur célèbres et improbables, Nina Immobilashvili et Stanislas Kokitch, l’envie de danser encore et encore. Cet italien de Vicence qui a pris ses premiers cours de danse classique à l’âge de 14 ans avait déjà dans le sang l’amour du ballet classique. «Ce n’était pas le métier que mes parents envisageaient pour moi, mais je n’ai pas eu trop de mal à les convaincre et puis comme je réussissais, ils m’ont soutenu», nous confie Alberto, dont la troupe vient de s’arrêter à Calgary et qui expérimente le froid canadien. Alberto intègre ensuite l’Académie de Danse Classique Princesse Grâce à Monaco, avant de danser pour English National Ballet puis le Stadttheater de Koblenz. Une carrière tracée d’avance satisfaisante mais qui ne lui permet pas d’exprimer sa passion autant qu’il le souhaiterait. «J’ai toujours rêvé de faire des pointes, et malheureusement pour un danseur classique, il n’en fait jamais (rires !), et puis aussi, que je trouvais que les rôles pour hommes se limitaient souvent à n’être que le porteur de ballerines. En fait je ne dansais pas autant que je l’aurais souhaité même si j’étais très heureux de faire partie de ces compagnies». En 2011, Alberto propose ses services aux Ballets Trockadero, toujours à la recherche de nouveaux talents pour remplacer ceux qui quittent la compagnie.
 
On s’éclate vraiment
«J’ai passé une audition, une audition comme pour n’importe quelle autre compagnie de ballets classiques. Il faut avoir une bonne connaissance du répertoire classique, et bien évidemment être un bon danseur. Il n’y a pas de différences avec d’autres auditions que j’ai passées au cours de ma carrière», témoigne Alberto. Très vite, le jeune homme se sent chez lui dans la compagnie d’autant qu’il apprécie tout particulièrement les voyages. «J’adore les tournées, et comme on danse partout dans le monde, c’est agréable pour moi de me retrouver dans des pays où je n’aurais jamais eu l’occasion d’aller si je n’avais pas fait partie de cette compagnie».
 
Les Ballets Trockadero ont leurs fans qui sont présents dès qu’ils annoncent leur spectacle, ce qui touche particulièrement Alberto qui ne pensait pas que leur notoriété serait aussi grande. « Je crois que nos plus nombreux fans sont au Japon. C’est extraordinaire de voir l’ambiance dans les salles quand nous nous produisons là-bas, continue Alberto, c’est comme un grand événement pour eux ». Un accueil et une chaleur qu’ils retrouvent auprès de tous les publics que la compagnie a pu toucher. «Ce qui est extraordinaire dans cette aventure, c’est que la complicité que nous avons sur scène, que nous avons avec le public, nous l’avons entre nous, en dehors de la scène, on s’éclate vraiment tout le temps», conclue Alberto.
 
À Montréal, les Trocks comme on les surnomme, présenteront des extraits de La Sylphide, du Don Quichotte de Marius Petipa et de Cendrillon. Et bien évidemment, les aléas et les caprices de ses ballerines qui sur scène sont prêtes à tout pour briller. Le rire, mais aussi le charme sans oublier le talent des danseurs qui en cassant la rigidité du ballet classique lui rendent un émouvant et touchant hommage sous le signe de l’humour. 
 
Les Ballets Trockadero de Monte Carlo
Les 18 et 19 février 2017, au Théâtre Maisonneuve placesdesarts.com