Région de Québec - VIH

Une vingtaine de nouveaux diagnostics de VIH par année dans la région de Québec

Éric Whittom
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Durant ses activités de dépistage d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), MIELS-Québec remarque régulièrement que certains hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) éprouvent une peur importante de contracter une ITSS, principalement le VIH, bien qu’ils utilisent diverses stratégies de protection comme le port du condom, une prophylaxie préexposition (PrEP), le dépistage régulier, etc. Des intervenants et des pairs aidants de MIELS-Québec tentent de calmer leurs inquiétudes en les renseignant sur le sujet. 

Dans la région de la Capitale-Nationale, 43 cas en moyenne de VIH (36 en 2015) ont été déclarés annuellement au Programme de surveillance de l’infection par le VIH au Québec pour la période 2011-2015, dont une vingtaine de nouveaux cas diagnostiqués, a indiqué la Dre Nathanaëlle Thériault, médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale.

Pour les autres cas déclarés, elle a expliqué que les personnes avaient déjà eu dans le passé un test positif pour le VIH, par exemple dans le cadre d’une demande d’assurance ou d’un projet de recherche.

Entre avril 2002 (début du programme de surveillance au Québec) et décembre 2015 (dernières données disponibles), 668 cas de VIH ont été déclarés, « environ trois hommes pour une femme », a-t-elle précisé.

La Dre Thériault a dévoilé ces résultats lors d’une rencontre d’échanges organisée par les organismes communautaires MIELS-Québec, Point de repères et Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ), le 29 novembre au Café Rencontre Centre-ville, autour de la vision commune du mouvement de lutte contre le VIH/sida du Québec qui est intitulée Ensemble, préparons un monde sans sida ni VIH.

Détecté particulièrement chez les jeunes HARSAH

Sur les 124 personnes nouvellement diagnostiquées séropositives dans la région Capitale-Nationale pour la période 2011-2015, elle a précisé que 87,9% d’entre elles étaient des hommes. Elle a aussi mentionné que les jeu-nes étaient « beaucoup » touchés, car 6,5 % des personnes nouvellement diagnostiquées séropositives étaient âgées de 24 ans ou moins et environ le tiers de 25 à 34 ans. Lueur d’espoir, elle a souligné qu’« il y a une tendance à la baisse pour ce qui est des nouveaux diagnostics de VIH ».

Pour ce qui est de la distribution des nouveaux diagnostics de VIH dans la région de la Capitale-Nationale pour la période 2011-2015, 71,0 % d’entre eux ont été enregistrés chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) et 12,1 % chez des personnes provenant de pays où le VIH est endémique. Les autres catégories sont moins fréquentes: partenaires hétérosexuels à risque (6,5 %), personnes hétéro- sexuelles sans autres facteurs de risque connus (6,5 %) et utilisateurs de drogues par injection (3,2 %).

Elle a aussi dit que la région de la Capitale-Nationale se situe en dessous de la moyenne provinciale, soit 2,9 nouveaux diagnostics de VIH par 100 000 habitants dans la région de la Capitale-Nationale comparativement à 3,6 nouveaux diagnostics de VIH par 100 000 habitants pour l’ensemble du Québec (données pour l’année 2015). « La région de Montréal a toujours des taux plus élevés pour ce qui est du VIH [8,8 nouveaux diagnostics de VIH par 100 000 habitants en 2015]. Toutes les autres régions du Québec sont en dessous de la moyenne de la province. »

Où se situe la Capitale-Nationale par rapport à la cible 90-90-90 de l’ONUSIDA?

La Dre Thériault a mentionné que la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale ne dispose pas de données précises pour déterminer où se situe la région de la Capitale-Nationale par rapport à l’atteinte de l’objectif 90-90-90 de l’ONUSIDA, soit qu’à l’horizon de 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable et que 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral aient une charge virale durablement supprimée.  

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