Petit écran

Vive le Québec télé!

Luc-Alexandre Perron
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 Unité 9
 karl et Max
  •  Unité 9
  •  karl et Max

Lorsqu’on me parle de ma chronique portant sur la télévision, certains me disent qu’ils ne regardent pas la télévision québécoise, seulement la télé en anglais. La télé canadienne anglaise perd souvent en comparaison avec la télé américaine car les moyens financiers entre les deux ne se comparent tout simplement pas. Au Québec, nous produisons de l’excellente télévision. Nos émissions sont souvent reprises un peu partout dans le monde, et pas seulement dans l’Europe francophone. La qualité de notre télévision fait des jaloux et c’est important de l’écouter et de la valoriser. Je vous présente donc aujourd’hui, des émissions, made in Québec.

Karl et Max. Comédie dramatique présentée sur TVA. Plusieurs d’entre vous connaissent probablement cette série car elle a été diffusée sur Illico l’an dernier. Maintenant, elle est au petit écran régulier et vous pourrez la découvrir. Lors d’une partie de pêche, somme toute banale, trois amis (Karl, Max et Yvon) trouve une voiture accidentée et un homme inconscient et visiblement dans un piteux état. Mais ça ne s’arrête pas là. Ils trouvent aussi un sac contenant environ deux millions de dollars. Ils décident donc de cacher le magot dans leur chalet. Lorsque l’un d’eux (Yvon) décède subitement, Karl et Max découvrent que leur butin a été dérobé. S’engage alors un jeu de chats et de souris entre le duo et les malfaiteurs. Ne manquez aucun épisode !
 
Les Francs-Tireurs. Émission phare de Télé-Québec. Les deux animateurs ne se gênent pas pour poser les «vraies questions» à leurs invités, qui souvent, font preuve de bravoure lorsqu’ils acceptent de se prêter au jeu. Richard Martineau et Benoit Dutrizac savent exactement quoi faire et quoi dire pour susciter une réaction auprès des gens qu’ils passent en entrevue. Mais je dois avouer que je m’ennuie de Patrick Lagacé dans cette émission.
 
Lâcher Prise. Une nouvelle série de Radio-Canada qui met en vedette Sophie Cadieux, dans le rôle de Valérie. Celle-ci excelle dans son rôle de mère nouvellement monoparentale, qui doit gérer l’accommodement travail-famille. Un événement banal va chambouler toute sa vie, au point où elle perdra tout même son emploi. Surviendra alors un burn out. Le titre nous rappelle la théorie qui veut que la clé du bonheur soit le lâcher prise, cesser de tenter de tout contrôler et vivre dans le moment présent, oubliant le passé et n’angoissant pas sur le futur. Sylvie Léonard interprète la mère, disons, un peu spéciale, de Valérie.  Un heureux retour à la télévision.  La relation mère-fille n’est pas au beau fixe et lorsque nous rencontrons la mère pour la première fois, nous apprenons que Valérie ne lui a pas parlé depuis plus d’un an et demi. Point d’intérêt pour les LGBTQ, l’ex-conjoint de Valérie et père de leur fils, Thomas, est homosexuel et vit en couple avec un autre homme. Ce détail s’immisce dans l’histoire dès le départ et ne se veut pas scandaleux, simplement un autre fait que Valérie doit accepter, soit avoir épousé un homme gai sans jamais se douter de rien. Valérie devra donc, après la perte de son emploi, remettre sa vie en question. Cette émission, douce-amère, va certainement rencontrer l’appui du public car c’est vraiment bon. Mes moments préférés sont les chicanes entre Madeleine (dite la folle) et le chum de son ancien gendre (dit Barbie): Du pur bitchage!  Une bonne idée de Radio-Canada et mon coup de cœur cette saison-ci.
 
Unité 9. Le classique de SRC. Enfin, une relation homosexuelle entre deux femmes qui prend de l’ampleur! Jeanne et Kim (Ève Landry et Élise Guilbeault) vont certainement intéresser les lesbiennes qui écoutent cette série dramatique maintenant que Kim a cédé aux avances de Jeanne. Depuis que Marie a  perdu de l’importance dans la narration (elle a quitté Lietteville), plusieurs autres intrigues intéressantes ont pris le dessus. J’ai l’impression que le secret de Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay) va éclater au grand jour en bout de compte, en tout cas, l’intrigue s’en va par là. Sa relation avec sa sœur qui est en fait sa fille, qui est maintenant mère elle-même,  pourra s’épanouir maintenant que Marie se prépare à sortir de prison et vivre avec son conjoint (Patrice L’Écuyer). Car Lucie a décidé de couper les ponts avec celle qu’elle croit être sa grande sœur mais qui est en fait sa mère.
 
Le Lot du Diable  Historia présente une téléréalité à la sauce typiquement québécoise. Depuis le 19 janvier dernier, cette série présente un groupe d’hommes et de femmes, âgés entre 22 et 67 ans, qui doivent traverser diverses épreuves ravivant l’époque de la colonisation des années 30. Ils n’ont pas d’eau courante, pas d’électricité, ils vivent au cœur de la forêt. Sous l’autorité de Louis Champagne, l’ins-pecteur de la colonie, les participants font face à plusieurs défis pour éviter d’être éliminés. Obtenir un toit étanche, creuser un puits,  construire un radeau pour naviguer, rien n’est facile et cela c’est sans parler qu’ils doivent aussi trouver un moyen pour se nourrir. Au bout du dixième épisode, il ne restera qu’un seul gagnant qui obtiendra 100 000$!
 
Les beaux malaises.  Sur Illico. Que dire sur cette désopilante comédie? Martin Matte et Julie LeBreton défoncent tout ce qu’on a connu en humour à la télévision. Un duo dynamique. L’inconfort qu’ils véhiculent nous atteint  directement dans les trippes. Martin Matte sait créer des malaises qui n’ont rien de beau. Par exemple, lorsqu’il soupçonne un père de famille qui s’intéresse beaucoup aux jeunes sportifs d’être pédophile. Il se fait tout un scénario dans sa tête et chaque phrase du père en question renforce en lui ses préjugés. C’est vraiment très drôle. La série s’est terminée après seulement trois excellentes saisons. Probablement que c’est une bonne idée de partir quand on est au sommet.
 
Les pêcheursLes pêcheurs Il semblerait que toute la colonie artistique, particu-lièrement les humoristes, soit invitée au chalet de Martin Petit. Et chaque semaine, quelque chose arrive pour déranger leur tranquille voyage de pêche. Atteint de folie furieuse, certains « amis » de Martin disjonctent pour notre plus grand plaisir. Et non, Martin ne discrimine pas les LGBT puisque même Alex Perron a participé. D’ailleurs, souvent il y a des sous-thèmes homosociaux puisque Martin se retrouve souvent seul avec des hommes sur sa chaloupe... Chaque semaine est un plaisir renouvelé d’accompagner Martin et ses chums de gars et de filles qui vivent des aventures sans bon sens. Je pense toujours que ça va finir par tourner en rond et non, c’est toujours nouveau et original. Une série hilarante. À SRC.
 
Patrice Lemieux 24/7 et Madame Lebrun. Deux comédies à Super Écran, qui finance de nombreuses productions québécoises. Nous avons présentement droit à des reprises mais si vous avez manqué ça, il n’est pas trop tard pour vous reprendre. Daniel Savoie et Benoit Brière interprètent des personnages à l’opposé complètement un de l’autre, mais tous les deux avec brio. D’abord, Savoie nous donne un joueur de hockey tellement cave que ça dépasse l’entendement. Brière nous propose une version québécoise d’une série britannique en s’habillant en femme, veuve et mère de famille. Dans cette série, nous avons aussi droit à un couple gai, puisqu’un des enfants de Madame Lebrun est homosexuel et son couple est traité avec le même humour que le reste des personnages. Éric Bernier semble se régaler à jouer un personnage aussi efféminé. Madame Lebrun n’est pas homophobe et elle aime son fils gai comme tous ses autres enfants. Durant la première saison, nous avons eu droit au coming out de ce fils tant aimé. D’ailleurs, Madame Lebrun est même prête à confronter Monsieur le curé pour dénoncer les positions de l’Église face au mariage gai tout en restant drôle. Mais malheureusement pour tout le monde, Madame Lebrun ne se mêle jamais  de ses affaires et fout son nez partout où elle ne devrait pas. Ce qui  Web Thérapieoccasionne des situations délirantes.
 
Web Thérapie.  Les personnages sont hauts en couleur et il est souvent question d’homosexualité et de thérapie avec la Docteure Florence Champagne thérapeute (Édith Cochrane). Souvent on se dit que c’est elle qui aurait besoin de thérapie, surtout quand vient le temps de parler des hommes. Ces temps-ci, Florence tente par tous les moyens d’empêcher la production d’une comédie musicale basée sur un livre qu’elle a écrit. Elle va même jusqu’à refiler ses chansons pourries qu’elle a elle-même composées aux réalisateurs de la pièce. Elle frappe cependant un mur quand certains artistes se mettent à s’y intéresser! Il ne faut pas oublier de son ex-mari, un homosexuel dont le conjoint est un véritable crosseur. On s’amuse beaucoup avec cette série, diffusée sur TV5.
 
 Infos, sexe et MensongesInfos, Sexe & Mensonges.  Comment couvrir la télé québécoise sans parler de l’émission d’ARTV du vendredi soir, animée par quelqu’un de complètement fou, Marc Labrèche. Laissez-vous aller dans cette douce folie. Ses nombreuses imitations se trouvent aux limites du surréel, surtout celle de Céline Dion, qui n’a aucun bon sens. Vous allez rire!
 
Avec tout le temps que je passe devant la télévision, vous vous doutez bien que le sport n’est pas quelque chose qui retient beaucoup de mon temps. Par contre, pour les amateurs de sports, nous avons deux réseaux importants au Québec, RDS et TVA Sports. Les deux sauront vous présenter les matchs de vos équipes sportives préférées.
 
N’oublions pas non plus, le mercredi soir « variétés » de SRC avec Les Enfants de la télé. L’animateur André Robitaille, accompagné d’Édith Cochrane, fait des pieds et des mains pour divertir le public. J’adore Les enfants de la télé, car peu importe qui sont les invités les recherchistes réussissent à dénicher des extraits d’archives totalement merveilleux. C’est un retour dans la boîte à souvenirs de notre Histoire comme nation québécoise. Comme vous pouvez le constater il ne manque pas de choix à la télévision québécoise. Que ce soit à SRC, TVA, Télé-Québec, TV5, Séries+, Super Écran, V, Historia, Canal D, ARTV et j’en passe, vous pourrez toujours trouver une émission digne d’intérêt.