Cinéma

Moonlight, Oscar du meilleur film

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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«Moonlight», l'odyssée émouvante d'un jeune gai afro-américain, de milieu pauvre, a décroché la plus haute récompense aux Oscars dimanche en étant sacré meilleur film de l'année à la surprise générale, et dans des circonstances invraisemblables, propulsant son réalisateur Barry Jenkins à l’avant scène d'Hollywood.


« Moonlight » a été sacré meilleur film dimanche aux Oscars après une gaffe historique, qui a d'abord donné par erreur la plus prestigieuse des récompenses du cinéma au grand favori « La La Land », qui est quand même reparti avec six statuettes.Fiasco épique pour cette cérémonie d'ordinaire si rodée. 

Le cabinet d'audit PwC, chargé de la remise des prix, a confirmé lundi que Warren Beatty et Faye Dunaway avaient reçu la mauvaise enveloppe. Au lieu de l’enveloppe du meilleur film, ils ont reçu le double de l’enveloppe qui récompensait Emma Stone, meilleure actrice pour La La Land. L'enveloppe est dans la main de Warren Beatty qui l'ouvre, qui hésite, qui regarde, qui n'est pas certain de comprendre ce que fait là le nom de l’actrice et remet le carton et l’enveloppe à Faye Dunaway qui annonce La La Land. L'équipe monte ensuite sur scène. Les remerciements pleuvent. Tout d'un coup, Jordan Horowitz, l'un des coproducteurs, à qui on vient d’annoncer l'erreur en lui montrant le carton, vient prendre la parole au micro :

«Il y a une erreur. Moonlight, c'est vous qui avez gagné le prix du meilleur film », a expliqué l'un des producteurs de « La La Land », avec classe, a dit qu'il était honoré de donner la statuette qu'il avait crue sienne à ses  amis de Moonlight.

L’hyper touchant « Moonlight », tourné pour seulement 1,5 million de dollars avec une distribution d’acteurs afro-américains, est loin du romantique et onirique « La La Land » et marque un tournant à 180 degrés après les vives polémiques sur le manque de diversité aux Oscars ces deux dernières années.

« Moonlight » raconte l'histoire de Chiron, joué à trois âges de la vie par différents acteurs, pendant qu'il grandit auprès d'une mère toxicomane (Naomie Harris) dans un quartier rongé par la violence, et qu'il découvre peu à peu son homosexualité.

Barry Jenkins, 37 ans, a aussi été primé pour le scénario, adaptation d'une pièce de Tarell McCraney. De son côté, Mahershala Ali, qui interprète un trafiquant de drogue qui devient l’ange gardien du jeune Chiron, a été sacré meilleur second rôle masculin. « Je ne pense pas que ma vie aurait pu changer plus radicalement que ce qui vient de se passer ces vingt dernières minutes », a déclaré en salle de presse Barry Jenkins, encore sous le choc.

En recevant sa statuette, il avait lancé: « Vous tous les gens qui pensez qu'il n'y a pas de miroir pour vous, l'Académie » des arts et sciences du cinéma, qui décerne les Oscars, « veille sur vous, nous veillons sur vous, et pendant les quatre années à venir nous ne vous oublierons pas », allusion un peu cryptique à l'administration Trump.