Voyages aux États-Unis

Vos profils de rencontres intéressent les douaniers américains

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Dans les aéroports, les agents américains scrutent de plus en plus souvent les applications de rencontres gaies et les selfies explicites. Un canadien a été refoulé à la frontière américaine, deux fois plutôt qu’une, après que les douaniers aient découvert ses profils sur les applis de rencontres gaies Scruff et BBRT (Bareback Real Time), soupçonné d'être un prostitué par une mauvaise interprétation de certains de ses messages sexuels. 

Un agent des douanes et des frontières américain a accusé un homme de 30 ans, d'être prostitué en raison de messages sur ses applis de drague, nous apprends le site torontois DailyXtra.

Dans certains des messages que l’homme avaient envoyés, il aurait indiqué qu'il recherchait des « loads », un terme qui en signifiant « doses » (de sperme), mais que le douanier aurait interprété comme des rétributions pour des faveurs sexuelles.

L’homme, un designer intérieur de la région de Vancouver, raconte que l'expérience était « humiliante » et accuse le fonctionnaire de s'être acharné contre lui. En dépit de ses explications, il n'a pas pu faire son voyage et rendre visite à son petit ami à la Nouvelle-Orléans, perdant au passage 1 200 dollars dans cette mésaventure.

L'homme a fait l'objet d'une inspection approfondie lors d'un vol en octobre dernier. Un officier s'est saisi de son téléphone et de son ordinateur et lui a demandé de donner ses mots de passe. « Je ne savais pas quoi faire », a-t-il rapporté au journaliste de DailyXtra. « J'ai eu peur, alors je leur ai donné mon mot de passe et je me suis assis en attendant pendant au moins une heure ou deux. J'ai raté mon vol ».

Après cette attente hors norme, l'agent est revenu vers le passager l'interrogeant sur ses annonces sexuelles en ligne. « Je percevais qu'ils cherchaient à m'empêcher de rentrer sur le territoire américain. A un moment donné, j'ai donc demandé l'arrêt de l'interrogatoire. J'ai demandé: «Si je retourne au Canada, est-ce que je suis interdit d'entrée à vie?». Il m'a dit que non, alors j'ai rebroussé chemin ».

Toutefois, un mois plus tard, malgré les preuves apportées à l'aéroport selon lesquelles il n'était pas un travailleur du sexe, il était une nouvelle fois soumis à une inspection approfondie, les fonctionnaires des douanes trouvant des photos nues de lui sur son téléphone.

« C'était vraiment humiliant et embarrassant », a déclaré le jeune homme. Et une nouvelle fois, l'homme est interdit d'entrée aux États-Unis. « On m'a dit que j'étais soupconné d'être un escort ». « Vous ne pouvez pas vraiment discuter avec eux parce que vous êtes pris au piège, » a-t-il ajouté.

Jon Davidson, directeur juridique du groupe LGBT américain Lambda Legal, a déclaré que ce jeune homme « devrait déposer une plainte », ajoutant que ce que le traitement qu'il a subi était « scandaleux. «Les agents [aux frontières] ont besoin d'une formation de sensibilisation culturelle pour ne pas se méprendre sur les gens qui mènent juste une vie sexuelle intense, mais ne sont pas des prostitués», a-t-il estimé.

Le directeur général de Scruff, Eric Silverberg, a déclaré quant à lui que les voyageurs devraient envisager de supprimer l'application à l'entre sur le territoire et de la réinstaller après leur arrivée. Il a assuré aux utilisateurs que «Scruff synchronise votre profil avec le cloud, donc après la réinstallation, vous pouvez vous connecter pour retrouver l'accès à vos messages, favoris, albums, etc.»

Notez qu’il existe plusieurs sites Web qui offrent des conseils pour protéger la confidentialité de vos données à la frontière, mais en fin de compte, si les douaniers américains veulent vos données, ils vont l'obtenir ou vous empêcher d’entrer pays. Vous pouvez limiter le risque pour votre vie privée en laissant vos appareils à la maison ou en supprimant les applications de rencontres, des messages et des photos de vos appareils et en vous déconnectant des sites de médias sociaux avant de partir.