Du 23 au 25 mars 2017

MDLSX, d’infinis croisements du genre et du sexe

Sébastien Thibert , Yannick LeClerc
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Photo prise par © Ilaria Scarpa
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À la fois artistes et chercheurs, Enrico Casagrande et Daniela Nicolò s'emparent des questions les plus brûlantes de notre époque — comme celles du genre et de l'identité — en prenant comme témoins Sophocle, Rainer Werner Fassbinder ou Jean Genet.

Brouillant volontiers les frontières entre les formats artistiques, Enrico Casagrande et Daniela Nicolò s'intéressent dans MDLSX aux questions de genres, à l'éternel conflit entre le masculin et le féminin. A cette occasion, la comédienne Silvia Calderoni mêle fragments autobiographiques et évocations littéraires, devenant tour à tour le jeune Orlando de Virginia Woolf, l'intersexué Calliope de Jeffrey Eugenides (Middlesex) ou encore Carlo du roman inachevé de Pier Paolo Pasolini, Pétrole. Un coming out théâtral rythmé par un DJ-VJ set. 

Please, please, please, let me get what i want / The Smiths. 

MDLSX est un objet hybride, musical, performatif, un hymne à la liberté absolue et à la création de soi. L’un n’allant pas sans l’autre. Entre fiction et autobiographie, Silvia Calderoni et la compagnie Motus (Enrico Casagrande et Daniela Nicolo) démontent et dénoncent les mécanismes sociaux, politiques et économiques qui imposent la catégorisation des sexes au détriment du genre.

Telle un DJ survolté, la performeuse pilote une bande son allant de Buddy Holly aux Smiths en passant par Stromae, joue avec sa propre image filmée et des images documentaires, et dessine dans l’espace une danse électrique.

Fragments de biographie, dont ceux de Silvia Calderoni, et fragments littéraires (Pasolini, Virginia Woolf, Jeffrey Eugenides) forment la trame d’un récit implacable d’une métamorphose, d’une liberté conquise. La frontière est volontairement brouillée entre la fiction et la réalité.

MDLSX est une véritable performance coup de poing, intelligente et subtile, sans autre provocation que sa vérité subversive, magnifiquement transgressive et terriblement indispensable. Une création qui interroge le genre.

Chaque chapitre, chaque marche vers l’appréhension, la conquête de soi, sont menés tambour battant, accompagnés d’une playliste affolante. Chaque musique est plus qu’une illustration sonore, c’est un discours, un écho qui rehausse d’un cran ce qui s’énonce sur scène. Comme les chansons qui vous aident à vivre parce qu’elles sont le reflet de nos sentiments quand les mots viennent à manquer. Alors se déhancher dessus ça fait du bien aussi, il faut que le corps exulte sa rage, empoigne sa vérité intime, sa conviction d’être ce qu’au fond de lui il n’ignore pas.

MDLSX exprime comment une petite fille devint ce qui était pour lui une évidence, un garçon. Silvia Calderoni irradie la scène de sa présence, de son humour, de son urgence à être. Elle sidère par sa rage et sa force. Le corps en avant, fière androgyne. Pas de faux semblant ni de compromis.

À propos de Motus

Motus est fondée en 1991 en Italie par deux étudiants en sociologie et économie, Enrico Casagrande et Daniela Nicolò. Nourrie de toutes les contradictions du monde contemporain, la compagnie acquiert une notoriété nationale et internationale et reçoit en 2000 le Prix Ubu, prix de théâtre italien. Après s’être confrontée aux textes de Rainer Werner Fassbinder, Motus développe en 2008 un nouveau projet, Syrma Antigónes, qui aborde les conflits générationnels. Leur Antigone devient alors l’allégorie de la lutte et de la résistance, et donne naissance à Alexis. una tragedia greca, présentée dès 2011. La compagnie fait de nouveau éclat en 2014 avec Nella Tempesta, une création participative qui se veut le reflet des tumultes de notre société : du choc de l’ouragan Sandy aux conséquences de la crise économique.
 

Notez qu’une discussion avec le public aura lieu après la représentation du jeudi 23 mars.

 

À l’USINE C, les 23, 24 et 25 mars, à 20h. usine-c.com

MDLSX, compagnie Motus

Mise en scène, Enrico Casagrande et Daniela Nicolo

Dramaturgie, Daniela Nicolo et Sylvia Calderoni

Son, Enrico Casagrande avec Paolo Panella et Damiano Bagli

Lumières et vidéo, Alessio Spirili

avec Sylvia Calderoni