Homosexualité

«Certains pays ont une stratégie intéressante pour changer les choses»

Collaboration Spéciale
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Disney a décidé de reporter la sortie de son film La Belle et la Bête en Malaisie parce que les autorités du pays d’Asie du sud-est voulaient couper une scène du film considérée comme « homosexuelle ». Disney a refusé tout net. L’entreprise a préféré se passer de la Malaisie pour sortir sa dernière production. Ce litige rappelle que les homosexuels restent discriminés et privés de droits dans une partie du monde. 

Renato Sabbadini, directeur exécutif de l’ Ilga (Association internationale des lesbiennes, gays, bi, trans et intersexe), a répondu aux questions d’une journaliste du quotidien gratuit français 20minutes. Dans cette entrevue, Renato Sabbadini observe pourtant des améliorations notables pour les droits des gais dans le monde…

Est-ce que la situation s’améliore pour les personnes homosexuelles dans le monde ?

Selon notre calcul, 73 pays considèrent toujours l’homosexualité comme un crime. Mais si on regarde les choses sur un intervalle de 10 ans, en 2006, ils étaient 93 états. Dans les 10 dernières années, une vingtaine de pays ont modifié leur loi et ne pénalisent plus l’homosexualité, c’est déjà une amélioration.

Dans l’amélioration générale, il y a un groupe de pays qui continue à renforcer leurs lois, en essayant même de les durcir. En Ouganda, par exemple, il existait déjà une loi contre les activités sexuelles entre personnes de même sexe, et ils ont rajouté des peines plus sévères. Au Nigeria aussi.

Comment expliquer que la législation dans des pays comme l’Ouganda reste si dure envers les homosexuels ?

Dans certains pays, les lois punissant l’homosexualité sont un vestige de l’époque coloniale, particulièrement pour les pays faisant partie de l’Empire britannique comme l’Inde, la Malaisie, l’Ouganda, Singapour ou le Sri Lanka. Les Anglais, à l’époque de l’empire, ont introduit de nouvelles loi, qui criminalisaient les relations sexuelles entre personnes de même sexe.

Ces pays ont adopté ce Code pénal. Aujourd’hui, c’est devenu une question d’identité nationale, ce qui est paradoxal, car il s’agit dans beaucoup de cas de lois héritées du colonialisme.

Y a-t-il des améliorations notables dans certains pays ?

Oui, on observe deux exemples positifs en Namibie et au Mozambique. Ces deux pays ont une stratégie intéressante pour changer les choses. Il est trop difficile de réformer le Code pénal en posant directement la question de l’homosexualité, pour ne pas choquer la population. Alors, ils ont introduit des lois contre les discriminations dans le domaine du travail, par exemple. Cela entraîne des situations contradictoires avec le Code pénal. À la fin, c’est au pouvoir judiciaire qu’il revient de conseiller au gouvernement de modifier la loi en faveur des homosexuels.

 

Source : 20minutes.fr



 

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Publié le 16 mars 2017

par Collaboration Spéciale