Festival TransAmériques, du 25 mai au 8 juin

Coups de Cœur et émerveillement au FTA

Denis-Daniel Boullé
Commentaires
monument

Parce qu'il est une ouverture sur la culture d'ailleurs et d'ici et qui s'adresse à tous, et à toutes, on aime le FTA. Et on l’aime beaucoup. Quelque soit notre connaissance en théâtre et en danse, l'éventail des spectacles présentés peut ravir chacun d'entre nous. La sélection cette année de toute l'équipe du FTA et de son directeur artistique, Martin Faucher, est encore une fois un gage de qualité, d'intelligence, de coups de coeur, d'émerveillement et de réflexion. Une sélection que l'équipe souhaite partager avec le public. Une façon de réenchanter notre quotidien qui en a bien besoin.

Difficile de faire des choix dans ses oeuvres qui nous viennent de partout dans le monde comme du coin de la rue de chez nous. Pour l’édition 2017, quelques œuvres ont retenu donc notre attention.
 
Brony jacksonSi l'on se déplace côté théâtre, un spectacle pour tous, 100% Montréal sous la houlette du collectif Rimini Protokoll passé maître du théâtre documentaire a rassemblé 100 citoyens montréalais de tout âge, de toute origine, de tout genre qui répondent avec franchise à des questions qui nous concernent tous. Le collectif a réalisé cette expérience dans de nombreuses villes sur la planête. C'est au tour de Montréal d'être radiographée à travers la parole de ses habitants. 
 
Le metteur en scène Nicolas Cantin termine sa trilogie avec SPOON, trilogie commencée avec CHEESE et Klumzy. Sur scène deux petites filles de 8 et 11 ans, qui ne sont ni comédiennes, ni danseuses, et pourtant, la magie opère dans cette incursion de l'enfance.
 
On connaît tous l'histoire d'Antoine et Cléopatre, certains leur associent rapidement les visages de Richard Burton et d'Elisabeth Taylor. Le metteur en scène lisboète Tiago Rodrigues nous propose sa vision du couple mythique avec son Antoine et Cléopâtre. Un acte théâtral qui défie l'histoire, les interprétations de la relation tumultueuse pour en extraire l'essence intemporelle : la passion. 
 
Enfin, il y aura la possibilité de découvrir le travail de la Japonaise, Toshiki Okada, qui signe Time's Journey Through a Room, une relation fantasmée d'un homme pour deux femmes sur fond de séisme, celui de Fukushima en 2011.
 
Il ne faudra pas non plus manquer la reprise de La fureur de ce que je pense de et par Marie Brassard et Sophie Cadieux, à partir des textes de Nelly Arcand. Intense, dur, émouvant, profond, Marie Brassard et Sophie Cadieux en collaboration avec les autres comédiennes ont su s’imprégner de l’œuvre Arcand pour créer un spectaclec qui nous rentre directement dans le corps, qui nous touche tous, bien sûr avant tout les femmes, mais aussi les hommes si nous osons laisser tomber nos certitudes. Le choix des textes, la mise en scène, les comédiennes convoquées, tout s’aligne pour donner une des plus belles pièces québécoises.  
 
Autre œuvre majeure, Des arbres à abattre du Polonais Krystian Lupa, une aventure théâtrale de plus de quatre heures à partir d’un texte de Thomas Bernhard. Une réflexion autour de l’art qui avilirait ceux qui s’y consacrent. Krystian Lupa sera du FTA pour la première fois. 
 
Côté Danse, la diversité est au rendez-vous. Benoît Lachambre, un habitué du festival, revient avec Lifeguard, le chorégraphe et aussi danseur poursuit sa quête d'entrer en contact avec le public par le mouvement dans ce qu'il nous lie aux autres. 
 
Jocelyne Montpetit sera, elle aussi, seule en scène dans le spectacle qu'elle signe, Runaway Girl, une exploration par la danse de la mémoire, des souvenirs de ce qui nous fait aujourd'hui. 
 
Place aussi à de grandes formations, notamment avec 7 Pleasures de Mette Ingvarsten (Copenhague et Bruxelles). 12 danseurs nus formant une marée humaine se détachant les uns des autres et se retrouvant et cherchant ainsi à partager sensations et plaisirs. 
 
Qu'en est-il de nos désirs en 2017? Eszter Salamon arrive avec une oeuvre coup de poing, qui à travers des danses tribales repassent à travers le 20e siècle et les bouleversements qui l'ont façconné, les guerres, la colonisation... Monument O se veut à travers la chorégraphe d'origine hongroise une courageuse relecture de notre histoire. On a tous au moins participé une fois à une manifestation pour contester, pour réclamer, démontrer par le nombre et par la voix notre existence. Mais qu'en est-il quand des manifestants défilent silencieusement en tenant des pancartes blanches sans aucun message. On peut alors investir cette manifestation de nos propres revendications.
 
Le chorégraphe Frédérick Gravel présentera Some Hope for the Bastards, qui bousculera encore une fois tous les codes. Frédérick Gravel étant en pleine création, impossible d’en savoir plus pour le moment. 
 
Et puis, pour les amateurs de flamenco et de… rock, nulle autre que Rocío Molina, avec Caída del cielo. La talentueuse chorégraphe et danseuse, livre sa propre conception de la danse et tisse le lien entre tradition et modernité. La chorégraphe française, Anne Collod, recrée avec Blank Placard Dance, Replay la manifestation organisée par la chorégraphe américaine Anna Halprin, à San Francisco en 1967, pour dénoncer la guerre du Vietnam et réprimée par la police. Un parcours urbain, silencieux mais hautement symbolique pour nous regarder autrement. 
 
FTA du 25 mai au 8 juin 2017.  Horaires et salles : fta.ca