Clinique caméléon

Pour traiter les dépendances et guérir l’hépatite C

André-Constantin Passiour
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De gauche à droite,  Florence, infirmière,  Sofie, réceptionniste,  Dre Marie-Eve Morin

Ouverte depuis le 1er juin 2015, cette clinique de l’Est de la ville accueille des patients séropositifs, dépendants aux diverses drogues ou encore souffrant, entre autres, de la maladie de l’hépatite C. Tous sans exception y sont reçus à bras ouverts sans distinction ni préjugés. Ici, on veut tout simplement aider le patient, le réconforter, le soigner et, bien sûr, le guérir… Autrefois complexes et longs, les traitements de l’hépatite C sont à présent plus courts et entraînent moins de conséquences sur la santé des gens. Mais attention, pour certains groupes comme les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et étant atteints à la fois du VIH et de l’hépatite C (VHC), la réinfection est assez fréquente…

À l’entrée, des teintes de vert et de fuchsia attendent les visiteurs. Les mannequins Cam et Léon, habillés selon les saisons, agissent un peu comme les mascottes de la clinique appelée Caméléon. On y est immédiatement accueilli par Sophie, la sympathique réceptionniste. Des bureaux modestes, mais efficaces où un personnel assidu se donne corps et âmes pour la cause. On y trouve deux médecins, soit la Dre Marie-Ève Morin, fondatrice et directrice médicale de cette clinique, et la Dre Renée-Anne Patenaude, toutes deux des médecins généralistes. Elles sont secondées par deux infirmières, c’est-à-dire Pierrette, une vraie maman pour les patients et qui cumule 53 ans  d’expérience, ainsi que Florence, au visage radieux… L’équipe de cinq personnes est complétée par un ex-agent de liaison de la Société de développement commercial du Village, Cyrille Figureau, thérapeute, de même que Hanel-Jean Simard, massothérapeute. C’est donc un univers calme et apaisant…
 
Mais pourquoi avoir nommée cette clinique «Caméléon» ? «Elle porte le nom de Caméléon parce que les patients toxicomanes s’adaptent pour survivre dans leur milieu et avec leurs dépendances. Ici, on les prend peu importe les substances qu’ils consomment et ce, sans préjugé», explique la Dre Morin qui est médecin de famille oeuvrant en dépendance, en santé mentale et en hépatite C depuis une douzaine d'années.
 
Depuis deux ans bientôt, cette petite clinique dessert plus de 900 patients «sans recevoir aucune subvention ou aides gouvernementales, nous sommes totalement indépendants», commente la Dre Marie-Ève Morin qui a travaillé durant quatre ans dans les prisons fédérales auprès des détenus toxicomanes.
 
Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le virus de l’hépatite C (VHC) est une mala-die qui s’en prend au foie et qui peut entraîner des conséquences graves telles que la cirrhose ou le cancer du foie. On peut contracter ce virus exclusivement par le sang, c’est-à-dire par partage de matériel de consommation de drogues (60% des cas), ou encore lors de relations sexuelles à haut risque de lésions (barbacking, fisting, sado-masochisme, etc, pour environ 15% des cas).  L’importance de consulter rapidement pour les patients est que les nouveaux médicaments permettent la guérison en seulement 12 semaines. «Avant, il fallait des traitements de 48 semaines à l’Interféron, c’était très difficiles, pour les patients, cela les rendait très épuisés et souvent invalides, ils pouvaient difficilement travailler,  étudier ou autre. Il y avait environ 40% de risques d’échec pour 60% de guérison, dit la Dre Morin. Maintenant, le patient prend une pilule par jour sur 12 semaines et il guérit dans près de 100% des cas !»
 
Mais voilà, il y a un hic : «Ce qu’on craint le plus, c’est la réinfection. En effet, le taux de réinfection est de 5% chez les UDI. Mais ce taux grimpe à 25% chez les hommes ayant des relations avec d’autres hommes à cause des drogues de synthèse (comme le crystal meth par exemple) et qui sont à la fois séropositifs et infectés par le VHC. Selon les données actuelles, jusqu’à 20% des personnes atteintes d'hépatite C peuvent développer une cirrhose ou un cancer du foie et en mourir [s’ils ne sont pas traités]», souligne la Dre Marie-Ève Morin.
 
Si on traite d’autres ITSS (infections transmissibles par le sexe et par le sang), la Clinique Caméléon veut s’assurer que les patients vivant avec le VHC aient une place pour se faire soigner de manière plus personnelle. «Venir consulter pour l’hépatite C c’est aussi un prétexte pour parler des autres choses que vivent les patients. En tant que médecins de famille, on finit par les traiter de façon globale comme le ferait n’importe quel autre médecin généraliste. Il en va du bien-être du patient...», de conclure la Dre Marie-Ève Morin.
 
Clinique Caméléon  1851, rue Sherbrooke Est, bureau 902, Montréal. 
T. 514-508-5366 ou www.cliniquecameleon.com


 

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De gauche à droite,  Florence, infirmière,  Sofie, réceptionniste,  Dre Marie-Eve Morin

Clinique caméléon

Pour traiter les dépendances et guérir l’hépatite C

À l’entrée, des teintes de vert et de fuchsia attendent les visiteurs. Les mannequins Cam et Léon, h (...)

Publié le 21 avril 2017

par André-Constantin Passiour