Un documentaire sur deux visions du Village

«Il ne faut pas tuer le Village» !

André-Constantin Passiour
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Denis-Martin Chabot, ex-journaliste à Radio-Canada, signe un documentaire sur le besoin de deux hommes, à des époques différentes, de se retrouver dans le Village gai de Montréal. Dans ce film d’une quarantaine de minutes, deux personnes, soit Mario Gendron et Gengis Grenier, se racontent et parlent de leur relation au Village. Denis-Martin Chabot espère terminer le documentaire pour une présentation durant Fierté Canada et demande au public de l’aider dans son financement.

«Ce sont deux hommes de deux générations différentes qui ont retrouvé un  refuge dans le Village contre l’intolérance et qui se sont émancipés», explique Denis-Martin Chabot. 

Originaire de Farnham, Mario Gendron arrive à Montréal pour fuir l’intimidation et l’homophobie. Mais c’est un Village gai ou le sida fait des ravages et où assumer son homosexualité n’est pas encore de bon ton et devait être cachée pour plusieurs. Quand à Gengis Grenier, un natif de Baie-Comeau sur la Côte-Nord du Québec, il «arrive quand le VIH ne tuait plus et quand les droits de la communauté LGBTQ+ étaient reconnus, mais aussi au moment où l’homophobie sournoise et destructive faisait des ravages», écrit M. Chabot.  On découvre alors le Village à travers les témoignages et les commentaires des deux personnages, un lieu qui se veut rassembleur pour ces deux hommes.

Mais aujourd’hui, plusieurs s’interrogent alors qu’il atteint ses 35 ans si le Village «gai» a-t-il un avenir. «On constate que le Village est dans un tournant important. Notre documentaire se veut un temps de réflexion chaleureux, informatif et mobilisateur. Il pourrait favoriser l’amorce d’une relance de ce quartier, d’une nouvelle stratégie de développement qui permettrait au Village d’échapper à l’individualisme des réseaux sociaux et des applications numériques de rencontres. Il ne faut pas tuer le Village», affirme M. Chabot.

Ce documentaire devrait être prêt pour un visionnement privé en juillet prochain, puis pour un lancement officiel durant les festivités du mois d’août de Fierté Canada. Mais voilà, la production a besoin de sous pour achever le documentaire. «Il ne nous manque pas grand-chose, mais les gens pourraient nous donner un petit coup de pouce car le budget était minimal puisque nous l’avons financé nous-mêmes», souligne Denis-Martin Chabot. Il fait donc appel au public qui peut aller sur le lien suivant pour y contribuer :

haricot.ca

Appelé «Les deux Villages», ce documentaire est produit par Les Productions Luc Dauphin, soit par la réalisatrice et productrice France Dauphin, une ex-réalisatrice de Radio-Canada pendant 35 ans, et M Chabot lui-même qui agit à titre d’interviewer et de recherchiste. Pierre Perreault, l’organisateur communautaire et journaliste, s’est joint récemment à la petite équipe pour lui apporter sa connaissance approfondie de la communauté. 

«Ce documentaire s’inscrit dans une trilogie ayant pour thème Montréal, bienvenue au Village! Outre le documentaire «Les deux Villages», nous travaillons sur un autre touchant l’immigration homosexuelle et le VIH et un troisième sur la parentalité dans la communauté LGBTQ+», indique l’ancien reporter de Radio-Canada qui fut le lauréat, en 2009, du prestigieux prix journalistique Judith-Jasmin.