Présidentielle française

Marine Le Pen instrumentalise les droits LGBT dans son face à face avec Emmanuel Macron

L'agence AFP
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Marine Le Pen a instrumentalisé la défense des homosexuels pour attaquer Emmanuel Macron sur la question de l'islamisme lors du débat d'entre-deux-tours. Elle a aussi renouvelé l'accusation mensongère de légalisation de la GPA par son adversaire. 

Marine Le Pen - dont le programme prévoit l'abrogation de la loi Taubira, et l'interdiction de la PMA et de la GPA, a instrumentalisé la défense des droits des personnes LGBT à deux reprises lors du débat d'entre-deux-tours mercredi soir à la télévision.

La candidate du Front national, qui bénéficie d'une partie du vote LGBT selon une étude du Cevipof, a ainsi fait un clin d'oeil à cet électorat en se posant en défenseure de ses droits qu'elle a opposé à l'idéologie homophobe des islamistes dont elle a cherché à faire croire qu'ils appuyaient la candidature d'Emmanuel Macron avec son assentiment.

Le leader d'En Marche! lui a répliqué: "Madame Le Pen, je trouve que ce débat a un mérite formidable, c’est de pouvoir vous entendre tenir des propos de compassion avec les homosexuels et les juifs de ce pays".

Marine Le Pen a fait une seconde sortie sur la question des droits LGBT en accusant son adversaire de vouloir légaliser la GPA. 

"Dans votre cité, tout est à vendre et à acheter, (…) les ventres sont à vendre et à acheter comme d’ailleurs Monsieur Bergé, qui est un de vos soutiens, nous l’a expliqué", a-t-elle déclaré.

"Vous dites que je ne respecte pas le corps des femmes, en faisant un raccourci indigne avec Monsieur Bergé, (…) c’est un mensonge. J’ai toujours dis que j’étais contre la GPA", a riposté Emmanuel Macron.

Marine Le Pen a insisté prétendant que son concurrent était entrain de "créer des filières de GPA à l’étranger" en prônant la reconnaissance des enfants nés de GPA qui ont eu lieu à l’étranger. 

"Je suis complètement contre la GPA. Simplement quand vous avez un enfant sur le territoire français, vous vous préférerez le laisser sans droits. (…) Je suis contre le fait qu’un enfant qui n’a rien demandé à personne, et qui naît à l’autre bout du monde, subisse cela", a expliqué Emmanuel Macron.

L'extrême droite et les mouvements populistes occidentaux ont pris l'habitude depuis plusieurs années de se poser en protecteur des droits des femmes et des homosexuels pour mieux étayer leur obsession anti-islam. Une façon aussi de draguer électoralement ces populations.

Le Front national, cependant, cultive une particularité en associant cette posture avec un programme en contradication qui prévoit l'annulation de toutes les dispositions favorables à l'égalité des personnes LGBT.