Affaires et discrimination

Il poursuit le crématorium qui a refusé les obsèques de son mari parce qu'il est gai

Yannick LeClerc
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Un Américain a décidé de poursuivre le crématorium qui a refusé de s'occuper des funérailles de son mari parce que cela ne "correspondait pas" au "style" de l'établissement. Le plaignant dénonce une discrimination envers les homosexuels.

 

 

 

 

Il a décidé de poursuivre le crématorium qui a refusé l'incinération du corps de son mari parce qu'il était homosexuel. John Zawadski, un Américain âgé de 82 ans, et son neveu ont annoncé mardi qu'ils demandaient des dommages et intérêts à l'établissement funéraire: il aurait failli à l'engagement qu'il avait pris vis-à-vis du défunt alors que ce dernier était encore en vie, rapporte CNN.

John Zawadski et Robert Huskey s'étaient rencontrés en 1965. Après avoir vécu une trentaine d'années ensemble, ils avaient décidé de passer leur retraite à Picayune, dans le Mississippi, aux États-Unis. Et s'étaient finalement dit "oui" en 2015, quelques semaines après que le mariage homosexuel avait été officiellement reconnu par la Cour suprême américaine.

Mais deux mois après leur union, la santé de Robert avait commencé à se dégrader et il avait dû être placé dans une institution spécialisée. Au printemps 2016, alors que Robert était mourant, le couple avait pris des dispositions quant à ses obsèques. Un accord avait été passé avec le funérarium local: ils n'avaient plus qu'à "passer un coup de fil". Il était important pour le couple que les funérailles aient lieu près de chez eux pour que leurs proches puissent se réunir le moment venu.

Mais à la mort de Robert en mai 2016, lorsque le crématorium a découvert qu'il était marié à un homme, il a refusé de tenir parole -ce que l'établissement dément- arguant que ça ne "correspondait pas à (son) style". Les obsèques ont finalement eu lieu près de 150 kilomètres plus loin, après des recherches effrénées pour trouver en catastrophe un nouveau crématorium, ne permettant pas la réunion désirée de leurs proches.

"Je me suis senti comme si on m'avait mis un grand coup sur la tête", a témoigné John sur la chaîne de télévision américaine. "Bob était toute ma vie et nous nous sommes toujours sentis accueillis dans cette communauté. Et puis, à un moment de si grande douleur personnelle et de sentiment de perte, que quelqu'un me fasse ce qu'ils m'ont fait à moi, à nous, à Bob, je ne pouvais juste pas y croire. Personne ne devrait vivre ça."

L'année dernière, deux États américains, le Mississippi et la Caroline du Nord, ont voté des lois qui légalisent la discrimination envers la communauté LGBT sous couvert de liberté religieuse, après des lois similaires ces dernières années dans d'autres États, comme le Kansas et l'Indiana. Dans le Mississippi, le texte avait finalement été bloqué par un juge. Mais la communauté LGBT craint qu'avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump et Mike Pence, qui a ratifié la loi dans l'Indiana, ce type de discriminations ne s'aggrave.