Tchétchénie

Un ado aurait été tué vendredi par ses proches, soupçonné d’être gai

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Visiblement, le tollé international suscité par les révélations concernant les persécutions des homosexuels en Tchétchénie ne change rien. 

Depuis les premières révélations de Novaïa Gazeta, journal indépendant russe, sur les persécutions subies par les homosexuels en Tchétchénie, les témoignages affluent et la pression internationale est de plus en plus forte sur Razman Kadyrov, dirigeant tchétchène, mais surtout sur le président russe Vladimir Poutine.

Le journal avait d’abord révélé qu’une centaine de personnes avaient été enfermées dans des prisons illégales, des sortes de camps, dans des conditions de détention terribles, pour leur homosexualité présumée. Plusieurs dizaines de personnes auraient été tuées, des dizaines d’autres torturées, battues.

Razman Kadyrov, dirigeant de cette république du Caucase russe à majorité musulmane, avait balayé ces accusations avec des arguments inquiétants, expliquant qu’il était de toute façon impossible qu’il s’en prenne aux homosexuels puisque… il n’y en a pas en Tchétchénie. « Si les témoins sont anonymes, c’est que les faits n’existent pas », a éludé le Kremlin, assurant qu’une enquête n’avait livré aucun élément.

Le site britannique d’informations liées à la communauté LGBT, Pink News, indique qu’un homme a été tué vendredi pour les mêmes raisons. Quelqu’un aurait révélé son homosexualité à sa famille, et celle-ci l’aurait jeté du balcon situé au 9e étage. Le jeune homme de 17 ans est décédé.

La famille de cet adolescent aurait été encouragée à « laver la honte » causée par son homosexualité présumée. Selon plusieurs témoignages, les autorités tchétchènes encouragent les familles à « éliminer » elles-mêmes leurs proches s’ils sont gais. Des encouragements sous forme de menace : « Soit vous le faites, soit nous le faisons ». « Ils appellent ça laver l’honneur par le sang », raconte un survivant. « Si je rentre chez moi, c’est ma famille qui me tuera. »

Des dizaines d’homosexuels ont fui la Tchétchénie. Certains témoignages sont terrifiants, à l’image de celui de ce jeune homme anonyme.

Il raconte que des centaines d’hommes ont été capturés et tués en raison de leur homosexualité. « Leurs corps ont été jetés dans la cour de leurs familles. »

Ce témoin réfugié en Russie, interrogé par France 24, raconte la torture : « Ils font tout ce qu’ils veulent, ils savent que personne ne poursuivra en justice. Ils torturent à l’électricité et privent de nourriture. Le soir, ils jettent les restes de leur nourriture dans les cellules pour humilier les prisonniers. »

Vendredi, Vladimir Poutine a reçu la déléguée des Droits de l’homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova. Poutine a accepté sa proposition et assuré qu’il demanderait une enquête sur ce qu’il appelle « l’information bien connue, ou les rumeurs » sur ce qui se passe chez les personnes « avec une orientation sexuelle non traditionnelle ».