WikiLeaks / Transgenre

Chelsea Manning remercie Obama à quelques jours de sa libération

L'agence AFP
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La militaire transgenre américaine emprisonnée pour avoir fourni à WikiLeaks des milliers de documents sensibles a confié aujourd'hui pouvoir enfin se projeter dans l'avenir, à l'approche de sa libération la semaine prochaine.

La lanceuse d'alerte transgenre Chelsea Manning a remercié l'ancien président Barack Obama pour avoir commué sa peine 35 ans de prison quelques jours avant la fin de son mandat de président.

Chelsea Manning avait été condamnée pour avoir transmis plusieurs milliers de documents confidentiels au site WikiLeaks. Elle sera libérée la semaine prochaine.

Barack Obama avait expliqué que la sanction « était disproportionnée par rapport à celle que d'autres lanceurs d'alerte ont dû subir ».

Empisonné en tant qu'homme, Bradley Manning a fait savoir qu'il se considérait comme une femme et qu'il souhaitait changer de genre en 2013 et entamer une transition en prison. Ce qui lui a été refusé.

S'identifiant comme Chelsea, la prisonnière avait tenté de mettre fin à ses jours en octobre 2016, après une première tentative de suicide en juillet de la même année.

Son avocat avait à l'époque reproché aux autorités de refuser de « traiter correctement la dysphorie de genre » de sa cliente.

L'avocat avait également fustigé l'isolement dans lequel Chelsea Manning avait été placée.

« Pour la première fois, je me vois un avenir en tant que Chelsea. Je m'imagine survivre et vivre dans la peau de la personne que je suis et qui pourra l'être dans le monde extérieur », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié le 9 mai.

« La liberté était quelque chose dont je rêvais sans m'autoriser à imaginer en jouir pleinement », a poursuivi Chelsea Manning. 

« Désormais, la liberté est quelque chose que je vais connaître à nouveau avec mes amis et personnes aimées après presque sept années de barreaux et de ciment, de réclusions à l'isolement, avec mon autonomie et mes soins entravés, notamment ces coupes de cheveux régulièrement imposées », a ajouté Chelsea Manning qui a publié des photos montrant comment elle était forcée de se présenter comme un homme et de se couper les cheveux courts (photos).

La militaire exigeait d'obtenir les soins nécessaires à son changement de genre, en accusant les autorités américaines de lui nier son « droit à l'existence » en lui refusant le droit de se faire pousser les cheveux.

Donald Trump, qui n'a pas le pouvoir d'inverser la commutation décidée par son prédécesseur, a déclaré que selon lui Chelsea Manning devrait rester en prison.