France

La persécution des homosexuels en Tchétchénie au coeur de la journée internationale contre l'homophobie

L'agence AFP
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La persécution des homosexuels en Tchétchénie a été mercredi au coeur de la journée internationale de lutte contre l'homophobie, plusieurs associations LGBT appelant la France à s'engager devant l'ONU pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité.

Alors que 74 pays pénalisent l'homosexualité et treize la condamnent à mort, les personnes « emprisonnées, martyrisées et assassinées en Tchétchénie » rappellent « l'urgence de l'intensification de l'engagement de la France dans le combat pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité », a déclaré l'association Homosexualité et socialisme.

Cet engagement avait été réaffirmé en 2012 par le François Hollande devant l'assemblée générale de l'ONU, a-t-elle poursuivi. Rama Yade, alors secrétaire d'État française aux Droits de l'Homme, avait été en 2008 l'une des inspiratrices d'un premier appel à la dépénalisation de l'homosexualité, malgré l'opposition active de plusieurs États arabes et du Vatican.

« Mais depuis lors, rien n'a bougé », a regretté Catherine Michaud, présidente de Gaylib, association proche de l'UDI. « Pourtant, c'est le rôle de la France. Notre pays doit faire preuve de leadership en la matière », a-t-elle poursuivi.

Soixante-six pays, dont les États membres de l'Union européenne, le Brésil, Israël et le Japon, avaient signé cette déclaration. « Mais une simple résolution non contraignante ne sert à rien », a regretté Alexandre Marcel, président du comité Idaho France, quand des dizaines de pays « criminalisent en toute légalité l'homosexualité ».

« LGBTI (Lesbiennes, gais, bis, transgenres et intersexes), persécutés en Tchétchénie et ailleurs, nous sommes avec vous », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par quelques dizaines de personnes au Trocadéro.

Selon Novaïa Gazeta, les autorités de Tchétchénie, où l'homosexualité est considérée comme un tabou, ont arrêté plus de cent homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour « laver leur honneur ».

Mardi, la députée européenne Karima Delli avait appelé au « boycottage de la Coupe du monde de football » organisée en 2018 en Russie. « Pendant que certains joueront au foot, d'autres seront massacrés », avait-elle dit.