Le Phénicia Société 2017

UN MUSÉE PEUT EN CACHER UN AUTRE

Michel Joanny-Furtin
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Phenicia 2017
Photo prise par © Studio SPG Le Pigeon

Le Phénicia Société 2017 a été remis au Musée des Beaux-Arts de Montréal, et entre les mains de Nathalie Bondil lors du 13e Gala Phénicia le 25 mai dernier, afin de souligner leur contribution par les arts dans la lutte contre les préjugés, l’homophobie et la transphobie.

« Ce prix souligne comment le MBAM a donné à la communauté LGBT une visibilité nouvelle auprès des amateurs d’art», affirme Thierry Arnaud, président du conseil d’administration de la Chambre de commerce LGBT du Québec dans son courrier à la directrice générale et conservatrice en chef. Selon lui, l’exposition Focus : Perfection, Robert Mapplethorpe fut une occasion unique de célébrer la diversité sexuelle et de genre, «mais aussi en offrant, en exergue de l’exposition et en collaboration avec des organismes de la communauté LGBT, toute une série d’activités culturelles, conférences et colloques en lien avec la diversité. Le Musée s’est révélé à cette occasion un lieu d’échanges et de débats, devenant à cette occasion un lieu d’acceptation sociale.»
 
«En effet, je le reçois au nom du musée, car c’est tout un travail d’équipe qu’il faut ici souligner», insiste Nathalie Bondil. «Depuis le Grand Phénicia remis en 2011 à Jean-Paul Gauthier, le MBAM n’a cessé d’œuvrer pour l’inclusion et d’agir comme un allié fidèle, volontaire, déterminé qui s’inscrit dans ce nouveau siècle. Notre musée se définit comme un vecteur social, un vecteur d’éducation. Un musée ne doit plus être ni un coffre-fort, ni un conservatoire.»
 
Montréal, une ville entre deux univers
«Certes, nous héritons du dénominatif "Beaux-Arts", poursuit Nathalie Bondil. C’est en soi une promesse de beauté et d’émotion, mais aussi un défi pour inviter les gens qui n’oseraient pas à fréquenter le musée. Les arts s’adressent à tous et les artistes réfléchissent et créent pour l’ensemble de la société. Plus qu’un patrimoine, nos collections sont notre répertoire. Il nous faut relire nos œuvres communes avec toute la pertinence nécessaire pour répondre aux questionnements et aux enjeux de notre société.»
 
«Au MBAM, nous sommes ainsi en lien avec environ 450 institutions éducatives et sociales pour ouvrir par les arts et leur histoire, les esprits quand on parle de l’itinérance, de la place des femmes, de la diversité se-xuelle ou de la maladie mentale», insiste la directrice générale du MBAM. « Alors que la culture anglosaxonne suit et s’inspire des mouvements sociaux, la culture latine européenne a une approche plus verticale et politique des arts. Quel est le sens, quel est le but de nos actions?», questionne Nathalie Bondil.
 
«Or, nous avons une chance inouïe, c’est que Montréal, une ville très avant-gardiste dans ses approches socio-culturelles, est justement entre ces deux univers. Un fait qui permet au musée d’être plus qu’un observateur, mais aussi un acteur, un passeur intelligent. Ce n’est pas le métier, mais les outils dont nous disposons et comment nous les utilisons qui importe!»
 
Un film, un char, un défilé et un gâteau de mariage
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie le 17 mai, le Musée des Beaux-Arts de Montréal proposait un court métrage de Sébastien Harrisson et Mélanie Deveault à l’auditorium du MBAM autour de l’exposition Tomber dans l’œil, présentée l’été dernier. Cette projection sera suivie d’un long métrage présenté par Arc-en-Ciel d’Afrique.
 
Et le MBAM prendra part avec son char allégorique au Défilé de la Fierté 2017. Entre temps, pour terminer en beauté la tournée phénoménale de l’expo La planète mode de Jean Paul Gaultier, le musée présentera jusqu'au 9 octobre Love is Love par Jean Paul Gaultier, une exposition d’une trentaine de robes de mariées, comme le ferait tout grand couturier à la fin d’un défilé. Le lancement de Love is love était l’occasion de partager un énorme gâteau de mariage couronné de tous les types de mariages et de marié(e)s possibles pour fêter l’amour et la diversité.