Japon

Les couples de même sexe, enfin familles d’accueil

Yannick LeClerc
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Dans un pays où le droit des minorités sexuelles est peu reconnu, certaines mairies commencent enfin à accepter que des couples LGBT accueillent des enfants.

La municipalité d’Osaka a récemment accordé l’agrément à un couple gai désirant devenir parents d’accueil. Il s’agit d’une chose inhabituelle concernant ce système permettant aux couples d’élever les enfants qui ne peuvent plus vivre avec leurs parents biologiques.

Les choses ont commencé à changer en mai 2014, lorsque Megumi Fuji, présidente de l’association Rainbow Foster Care, a interpellé la mairie de Yodogawa, à Osaka. L’année suivante, à l’initiative de la mairie, une rencontre a été organisée avec le personnel en charge des familles d’accueil. Mme Fuji leur a présenté les expériences de couples LGBT et de familles d’accueil. Notamment le cas d’un couple de lesbiennes qui, il y a plus de dix ans, souhaitaient devenir parents d’accueil et à qui la mairie a répondu : “C’est impossible quand on n’est pas marié” [le mariage homosexuel n’est pas légalisé au Japon].

D’autres personnes ont témoigné qu’elles ont hésité à faire la demande, car elles s’attendent à une réponse négative ou redoutent le regard que les gens porteront sur l’enfant. Trois semaines plus tard, le centre municipal a changé de politique : On ne doit pas écarter les couples LGBT en raison de préjugés.”

Les parents d’accueil ne sont pas des parents adoptifs : ils n’hébergent l’enfant que jusqu’à l’âge de 18 ans ou jusqu’à ce qu’il puisse vivre à nouveau avec ses vrais parents. Les couples qui postulent doivent répondre aux conditions requises : être suffisamment compréhensif, enthousiaste et affectueux, ne pas avoir de problèmes financiers, etc.

En automne 2015, un couple gai – un trentenaire et un quadragénaire – a fait une demande d’agrément à la mairie d’Osaka, et, en décembre de l’année suivante, le maire, Hirofumi Yoshimura, a donné son accord. La question de l’homosexualité n’a suscité aucune résistance chez l’enfant, et depuis février dernier, le couple héberge un jeune adolescent. “Peu importe qu’ils soient LGBT ou non. Ce genre d’information ne devrait plus défrayer la chronique”, a déclaré le maire.