Hong Kong

Des géants de la finance au secours des droits homosexuels

L'agence AFP
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De grandes institutions financières internationales sont venues au secours mercredi d'un couple de lesbiennes qui tente de faire reconnaître ses droits par la justice de Hong Kong.


Les 12 sociétés, dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et le Crédit Suisse, ont expliqué vouloir apporter leur témoignage avant une audience la semaine prochaine devant la Cour d'appel. Celle-ci examine le recours d'une Britannique privée d'un visa marital parce qu'elle est en couple avec une femme.

La firme d'avocats Davis Polk et Warwell, qui représente les institutions financières, explique que ses clients veulent "aider la Cour en lui dressant un tableau plus général de la situation". "Elles cherchent toutes à attirer les personnes les plus qualifiées à travers le monde conformément à leur politique de diversité", dit la société d'avocats dans un communiqué.

Hong Kong ne reconnaît pas le mariage gai. L'homosexualité n'y a été dépénalisée qu'en 1991. Le règlement sur l'immigration n'exclut pas spécifiquement les couples gays mais prévoit que seul "l'époux(se)" d'une personne autorisée à travailler dans l'ancienne colonie britannique peut demander un visa de dépendant.

La requérante, identifiée seulement sous les lettres "QT", est arrivée à Hong Kong en 2011 après avoir conclu en Grande-Bretagne un partenariat civil avec "SS". Cette dernière s'était rendue à Hong Kong pour y occuper un nouvel emploi. QT n'a pu obtenir un visa de dépendant, qui permet de travailler, mais seulement un visa touristique. Elle a perdu en première instance en mars 2016.

Ville ouverte et cosmopolite où une gay pride attire chaque année des milliers de personnes, Hong Kong est aussi un repaire de mouvements conservateurs qui dénoncent les avancées, pourtant timides, de la cause LGBT dans l'ex-colonie revenue en 1997 dans le giron de la Chine.

Les défenseurs des droits des gais mettent en cause l'absence de lois contre la discrimination et le peu de progrès vers l'égalité devant le mariage. Pour Michael Vidler, conseil de QT, l'intervention des banques est "une décision historique d'une partie non négligeable du secteur d'activité qui constitue l'épine dorsale de la réussite économique de Hong Kong".

La Cour doit encore décider d'accepter ou non ce témoignage. La justice taïwanaise vient de rendre une décision historique sur le mariage gai. Le même jour, 27 000 personnes demandaient au gouvernement de Hong Kong de faire appel d'une récente décision de justice décrétant qu'un fonctionnaire homosexuel et son partenaire pouvaient bénéficier d'allocations sociales.

Quand HSBC - qui ne figure pas parmi les 12 sociétés - avait installé au pied de son bâtiment historique à Hong Kong deux lions repeints aux couleurs de l'arc-en-ciel, les antigays avait qualifié les statues de "dégoûtantes".