Au volant

Spécial sans toit

Denis-Daniel Boullé
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Le printemps désastreux que nous avons subi aura peut-être eu un mérite. Celles et ceux qui dès les premiers rayons du soleil (qui ont disparu rapidement) voulaient se précipiter pour se procurer un cabriolet ont peut-être pris le temps de réfléchir avant de contacter leur banquier. Car effectivement, l’achat d’un cabriolet mérite qu’on s’y attarde même si le désir d’être à son volant nous taraude au point de nous faire oublier la raison. On peut se demander si cela vaut la peine, sous nos latitudes, de vouloir absolument rouler tête nue pour seulement quelques jours par année.     

Brisons un mythe : les cabriolets actuels sont conçus pour résister à nos hivers. Les toits souples, comme on les appelle, sont aujourd’hui fabriqués et installés pour procurer une étanchéité maximale, conserver la chaleur de l’habitacle en hiver et abaisser le niveau sonore. Bien sûr, les qualités de la couverture dureront plus longtemps si l’on prend soin de s’en inquiéter et de faire vérifier régulièrement par le constructeur la fiabilité de ladite capote. En y mettant le prix, on peut choisir un modèle avec un toit dur rétractable.

Cela dit, ce n’est pas pour avoir un toit même mou ou dur sur la tête que l’on achète un cabriolet et se réjouir au volant dès les premiers flocons de neige. Au contraire, on souhaite le plus souvent s’amuser à faire disparaître le toit dans le logement prévu à cet effet par simple pression d’un bouton, et c’est encore mieux quand quelques passants s’arrêtent pour assister à la manœuvre.

Et puis, il faut regarder en fonction de nos besoins. Par exemple, s’assurer de ce qui est indispensable à notre vie de conducteur (nombre de places, espace bagage, rangements, etc.) avant de se décider. Certes quelques modèles hyper luxueux, et aussi grands qu’une limousine, existent, mais pas sûr que votre banquier vous accorde un prêt.

Mazda MX-5. On ne le présente plus. Depuis plus 1989, il caracole allègrement comme le plus connu et le plus vendu des cabriolets. Apparu sous le nom de Miata, dénomination qu’il conserve sous d’autres latitudes, il a les qualités, la fiabilité, et un plaisir de conduite garanti pour charmer les clients sans que ceux-ci aient besoin de se ruiner ou de jouer au casino. Au fil du temps, bientôt 30 ans, le MX-5 a constamment évolué sans pour autant trahir sa génétique et diminuer son pouvoir attractif. Aux alentours de 30 000$, la facture augmente selon la motorisation retenue. Le modèle 2017 est doté de toutes les technologies de communication et de divertissement virtuel dont on ne saurait aujourd’hui se passer. L’année dernière, Mazda a présenté une nouvelle version à toit rigide, style Targa, le MX-5 RF. Autrefois, le toit amovible disposé entre les piliers avant et arrière du véhicule devait être extirpé à la main. Désormais, Mazda a choisi une technique automatique, qui range ce toit dans le coffre. Impressionnant, mais une fois le toit escamoté, l’espace bagage est lui aussi escamoté. Sachez toutefois que le MX-5, quelle que soit sa configuration, est exclusivement un roadster deux places. Donc, suffisant pour se promener avec l’être aimé.e ou son chien mais pas les deux ensemble, à moins de posséder un pitou minuscule.

La gestation s’est faite chez Mazda mais c’est Fiat qu’il l’a élevée. Le Fiat Spider 124 a les mêmes gènes que le MX-5, mais sa calandre et sa partie arrière sont typiquement Fiat et évoquent le Spider 124 des années 70. Quant à l’habitacle, à part le logo de la marque italienne qui orne le volant, c’est une copie conforme du cabriolet Mazda. D’un point de vue mécanique, tenue de route, fiabilité, on peut se porter acquéreur de ce faux produit Fiat les yeux fermés, et rouler (les yeux ouverts, cette fois) et se prendre pour Marcello Mastroianni ou Anita Ekberg dans la Dolce Vita. Un cabriolet plus Riviera que Soleil levant.

Si au contraire, vous voulez amener avec vous un peu plus que l’amour du moment à deux ou à quatre pattes, tournez-vous vers un cabriolet qui bénéficie de deux places supplémentaires. Rares, sinon inexistants, sont ceux qui offrent autre chose que deux places d’appoint, idéales pour des courtes distances mais courbatures assurées après 100 kilomètres et plus. Cependant, pour déambuler en famille ou entre amis dans Montréal, le temps d’une balade le long du fleuve dans Charlevoix ou dans les cantons de l’Est, il y a quelques options possibles. En fait, deux, si vous ne voulez pas vous ruiner.

La Volkswagen Beetle décapotable. Son look fait toujours impression et encore plus dans sa version découvrable. Elle offre aussi deux places arrières supplémentaires, pas des plus confortables mais vos ami.es s’en contenteront aisément, le tout à partir de 25 000$, avec un choix pimpant de différentes couleurs, l’été perdurera même dans les plus mauvais mois d’hiver. Autre choix possible, mais un tantinet plus cher : la Mini Cooper, avec son look d’enfer et son plaisir de conduite assuré. Il existe une version sportive baptisée John Cooper Works, une petite bombe mais dont le prix risque d’être aussi explosif, d’autant que Mini multiplie les options pour personnaliser l’engin selon les goûts du futur propriétaire.

Presque toutes les grandes marques proposent des cabriolets, mais le plus souvent, ils se situent dans la gamme des modèles les plus luxueux. Et le prix plancher se situe en général au-dessus de 50 000$. Les plus exigeants trouveront volant à leurs mains à condition d’avoir les moyens d’ajouter un zéro supplémentaire pour le prix. Les marques allemandes déclinent presque chacun de leur modèle en cabriolet, les marques de luxe japonaises en détaillent aussi quelques-uns. Et en option, la plupart proposent un diffuseur d’air chaud à la hauteur des appuis-tête, lorsque la bise automnale se fait sentir mais que l’on veut encore profiter du plein air. Notons que Range Rover est la seule marque à offrir un VUS décapotable, l’Evoque Convertible (si l’on excepte l’inusable Jeep Wrangler) et donc conçu pour affronter toutes les saisons.

Et la petite Fiat 500 C, me direz-vous ? Est-ce aussi un cabriolet ? Bonne question. Son toit rétractable partiellement ou totalement, mais en conservant les montants du pilier arrière n’en fait pas un cabriolet au sens strict du terme selon les puristes. On ne chipotera pas puisque qu’il donne déjà un avant-goût du plaisir ressenti à rouler à ciel ouvert. Offrant quatre vraies places, amusant à regarder avec ses airs rétro, il est également tout à fait amusant à conduire.