Manifestation

À Paris, une Pride de nuit pour retrouver l'esprit originel de la lutte LGBT

L'agence AFP
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Quelques milliers de manifestants ont participé vendredi soir à la troisième « Pride de nuit » parisienne, à la veille de la Marche des fiertés LGBT jugée trop consensuelle et pas assez « revendicative ».

Certains cagoulés ou masqués derrière un loup, d'autres arborant cheveux violets, verts ou bleus, les manifestants ont défilé « contre le sexisme, l'homophobie, la transphobie, la biphobie" mais aussi « contre le racisme, le patronat, le capitalisme, le nationalisme, l'austérité ».

« Nique la police du sexe et du genre », « Facho, catho, macho, vous nous cassez le clito », « Mon corps, mon genre, ta gueule », « vade retro hétéro » clamaient certaines pancartes dans le cortège. « Il s'agit de retrouver l'esprit originel des premières Marches des fiertés, qui portaient un message de transformation de la société, au-delà des luttes » propres à la communauté LGBT, a expliqué Gwen Fauchois, ancienne présidente de l'association Act-up et porte-parole de « Pride de nuit » (« Fierté » de nuit en anglais).

Si la Marche des fiertés, qui fête samedi son 40e anniversaire, reste « un moment d'affirmation important », elle a « beaucoup perdu de sa dimension politique » et tourne désormais à « l'affichage symbolique », estime-t-elle.

Soutenue par 64 associations et collectifs, la « Pride de nuit » affirme dans un communiqué incarner une « coalition de non-conformes » composée tant de « précaires » que de « racisés », de « migrants » ou encore de membres des « classes populaires ».

La 40e édition de la Marche des fiertés, qui se tiendra samedi à Paris à partir de 14H00, aura pour mot d'ordre « PMA sans condition ni restriction ».

La procréation médicalement assistée (PMA) est aujourd'hui accessible aux seuls couples hétérosexuels. Pendant la campagne présidentielle, le candidat centriste Emmanuel Macron s'était dit « favorable » à son ouverture « aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires ». Après quatre ans et demi de réflexion, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) doit rendre mardi prochain son avis sur ce sujet sensible.