France et Maghreb

En France, un imam gai ose briser les tabous

L'équipe de rédaction
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Ludovic-Mohamed Zahed est imam dans une mosquée en France, il est gai et il ne le cache pas. Sa démarche est une révolution sur l'orthodoxie religieuse qui punit sévèrement l'homosexualité. 

Cette interdiction religieuse constitue le soubassement des peines allant de l'emprisonnement jusqu'à la peine de mort dans différents pays musulmans. 

Pour ce jeune imam « les gens qui disent qu'Islam et homosexualité sont incompatibles sont des fascistes », estime-t-il dans un reportage qui lui est consacré par la chaîne allemande Deutsche Welle (DW).

Ludovic-Mohamed Zahed est conscient du fait qu'afficher son orientation sexuelle est un cheminement hors du commun, qui peut interpeller certains et pire être dangereux : « Bien sûr, c'est dangereux. C'était un choc, une révolution. Si quelqu'un m'attaque aujourd'hui, cela renforcerait la volonté des autres à continuer », affirme-t-il. 

Une telle désobéissance des dogmes serait-elle possible dans les pays du NOrd de l'Afrique? C'est ce que se demande l'édition francophone de l'HuffpostMagrheb.

«Pas certain du tout, surtout face à la chasse aux homosexuels entreprise par ces pays. Dans les trois pays, les homosexuels peinent à se faire reconnaître par une frange de la société et par l'État comme des citoyens ayant le droit au respect de leur vie privée et à la préservation de leur dignité.»

En effet, les trois pays du Maghreb adoptent un système répressif concernant l'homosexualité.

«Si en Tunisie, l'article 230 du Code pénal criminalise la sodomie de trois ans de prison, au Maroc, l'article 489 du Code pénal punit « les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe » de peine d'emprisonnement allant de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 120 à 1200 dirhams. Idem en Algérie où les articles 333 et 338 du Code pénal énoncent : " Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2000 dinars. Si l’un des auteurs est mineur de 18 ans, la peine à l’égard du majeur peut être élevée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 10 000 dinars d’amende " ».

En Tunisie, les affaires se multiplient, mettant en exergue la répression qu'ils subissent par la loi de l'État ainsi que par les lois de la rue.

En face, les associations organisent régulièrement des actions pour réclamer l'abolition de la criminalisation de l'homosexualité. Si certains sont sortis de l'ombre, réclamant ouvertement leurs droits comme en Tunisie avec les associations Damj, Chouf, Shams, Mawjoudine...

En Algérie et au Maroc, ils sont encore terrés, dans la clandestinité, mais néanmoins visibles et actifs.


Source : Huffpost Maghreb