RETOUR sur LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL 2017

De la Corée à l’Amérique, du jazz au soul/folk

Julie Vaillancourt
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Melissa Etheridge
Photo prise par © Melissa Etheridge
Youn Sun Nah
Photo prise par © Youn Sun Nah
Charles Bradley & His Extraordinaires
Photo prise par © Charles Bradley & His Extraordinaires
Bob Dylan
Photo prise par © Bob Dylan
  • Melissa Etheridge
  • Youn Sun Nah
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  • Bob Dylan

La 38e édition, d’un des plus grands festival de jazz au monde, vient de se terminer dans la métropole et nous avons déjà hâte à l’année prochaine. Retour sur cette édition riche en styles et en couleurs, avec nos coups de coeurs.

La chanteuse jazz d’origine sud-coréenne Youn Sun Nah a lancé la programmation en salles, le 28 juin dernier, avec une performance mémorable au Monument-National. Accompagnée de Jamie Saft (piano et claviers), Clifton Hyde (Guitare), Lindsey Horner (basse) et Dans Reiser (Batterie), elle a présenté les pièces de son plus récent album She Moves On, composé de pièces originales, mais aussi de reprises, notamment celles de Paul Simon et Joni Mitchelle, sans oublier Drifting de Jimi Hendrix. D’ailleurs, elle a su démontrer sur cette pièce, ses capacités lyriques sans failles, suivant l’envolée du solo du guitariste avec sa voix alternant techniques jazz et classiques. La chanteuse de 47 ans (qui en parait 20 de moins), démontre la maîtrise de son art, avec une humilité à faire rougir les plus grands. Après un premier rappel, elle lancera timidement au public dans un français impeccable, « Vous êtes adorable ». Sans conteste, on ne peut que lui retourner le compliment et souhaiter une visite prochaine de la grande dame de Corée, dans la métropole.
 
Dans un contexte totalement différent, mais tout aussi authentique, Charles Bradley & His Extraordinaires a fait vibrer le Métropolis le 4 juillet. Chanteur au charisme envoutant, à la personnalité scénique extravagante (costumes à paillettes à l’appui), Charles Bradley propose un son blues-soul influencé par les sixties, à l’image de James Brown. Avec ses musiciens - tout aussi extraordinaires - le chanteur américain présente ses compositions avec des discours très « preacher » qui collent à merveille avec les textes proposés. Si la chanson Changes demeure l’exemple parfait (pièce titre de son album de 2016), il mentionnera une phrase des plus mémorables avant de quitter la scène du Métropolis « l’important n’est pas de regarder la couleur de la peau, mais la couleur du coeur ».
 
Parlant de messages peace & love, à saveur soul, la chanteuse britannique Joss Stone était de passage dans la métropole le 5 Juillet afin d’assurer la première partie de Melissa Etheridge. Si nous vous réservons une entrevue dans la prochaine édition du magazine avec « la grande dame du rock and roll », on ne peut passer sous silence la performance de Joss, qui a su réchauffer la salle avec sa soul qu’elle peaufine depuis l’âge de 16 ans. Désormais âgée de 30 ans, celle qui est présentement en tournée mondiale, possède une aisance sur scène, tant au niveau vocal, que de par ses adresses au public. Une voix envoutante, des compositions originales, allant de la soul au reggae, en passant par des reprises de standards jazz (The Look Of Love), le naturel sympathique de Joss Stone a nécessairement conquis le public.
 
Parlant de conquérir le public, on ne peut passer sous silence celui qui, du haut de ses 76 ans, se présente encore sur scène « like a rolling stone ». Bob Dylan était de passage au Centre Bell le 30 Juin dernier, dans le cadre du Festival de Jazz de Montréal. Si le public lui a d’abord offert un standing ovation dès son arrivée sur scène, c’est dire l’admiration que le légendaire auteur-compositeur-interprète et désormais prix Nobel a su susciter. Accompagné de 5 musiciens talentueux et très polyvalents, Bob Dylan a passé la soirée au piano, pour nous offrir des classiques remaniés de son répertoire, tout en chantant Frank Sinatra et autres reprises de la chanson américaine. Bizarrement, Dylan n’a pas touché à la guitare, ni à l’harmonica… but you know, « The Times They Are A Changin… » À savoir aussi, que Dylan n’adresse pas la parole au public, ni même pour présenter ses musiciens, dire bonjour ou merci, ce qui nous laisse avec une étrange impression de « je m’en foutisme »… Malgré tout, Dylan a le don de captiver le public; il possède le charisme de ces poètes nonchalants. D’ailleurs, pour un tel spectacle (qui n’affichait pas complet), la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts aurait été davantage approprié au caractère intimiste, jazz, coroner et folk de Dylan. 
 
D’ailleurs, dans cette même salle, notons que notre québécois qui fait dans le folk, le talentueux Bobby Bazini y était le 7 Juillet dernier, afin de présenter les pièces de son plus récent opus Summer is Gone. Bien que ce dernier s’adresse au public, « ce n’est pas sa force » avoue humblement l’artiste sur scène. Sa force? Des compositions qui accrochent l’oreille et surtout une voix charismatique qui lui donne un son unique. Accompagné de ses musiciens (incluant choristes et une section à cordes), Bobby Bazini a, une fois de plus, répondu à l’appel de son public qui n’a pas hésité à chanter avec lui son plus récent single radio « c’est la vie », question de terminer la soirée sur une note festive, alliant le lâcher prise à la pop/folk dansante.