Aires libres 2017

La nature, un point central de l’expo Galerie Blanc

André-Constantin Passiour
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Galerie Blanche

L’événement estival Aires Libres est une véritable galerie d’art contemporain à ciel ouvert, où l'on peut admirer les œuvres photographiques de Benoit Paillé de Trois-Rivières, de Delaney Allen,de Portland en Oregon et de Synchrodogs d’Ukraine. Des œuvres aux couleurs chatoyantes s’inspirant de la nature, un peu pour rappeler les grands arbres qui bordent ce magnifique espace de leurs branches touffues… La sculpture de Valérie Blass reprend aussi une place d’honneur dans ce lieu d’exposition publique.

Inaugurée le 22 juin dernier en présence de plusieurs personnalités, la Galerie blanc trône maintenant entourée de ses murs blancs à l’angle des rues Amherst et Sainte-Catherine. Cette galerie est le fruit de la collaboration entre la Société de développement commercial du Village (SDC), Alexandre Berthiaume, concepteur de la galerie, Futil Design et le commissaire de l’exposition, Nicolas Denicourt de Think Outside The Box qui organise des expositions photographiques.
 
«L’art urbain est souvent présenté dans un contexte très chargé. Donc, j’ai eu l’intuition, le "flash", de faire une galerie, un musée, mais à ciel ouvert, découvert, à l’extérieur. Il s’agit ici de transporter les gens dans un lieu particulier et qui n’existe pas ailleurs», explique Alexandre Berthiaume qui possède une maîtrise en architecture. «Nous avons fait une recherche pour savoir s’il y avait quelque chose de semblable qui a été fait ailleurs dans le monde et il semblerait que non. Nous sommes donc très heureux du résultat», explique Nicolas Denicourt. 
 
En tout, on retrouvera 42 photos dans cet endroit. «Il s’agissait d’avoir un maximum d’espace d’exposition pour ces œuvres. On ne voulait pas inclure d’autres éléments pour que cela soit centré sur les œuvres, d’où la blancheur des murs de cette galerie ouverte et la luminosité naturelle qui l’entoure», poursuit Alexandre Berthiaume. «Habituellement, mes expositions débutent avec le désir de travailler avec un artiste en particulier, mais il arrive également que le point de départ soit l'envie de traiter d'un sujet précis. Pour cette exposition, avec la galerie à ciel ouvert, c'était important pour moi de choisir des artistes qui s'inspirent de la nature. Je voulais également des œuvres colorées à l'image du Village», explique Nicolas Denicourt.
 
«Je trouve que je suis dans une super belle exposition. Je pense que c’est une belle sélection [d’œuvres] que nous avons ici. Je suis le seul Québécois et je suis très content d’avoir été choisi. Mais nous avons tous les trois [artistes] la même "vibe", nous sommes dans le même esprit. Je suis vraiment très heureux parce qu’il y a une cohésion entre les artistes et même les sujets», commente Benoit Paillé, l’un des trois artistes exposants. On peut voir onze photos de Benoit Paillé, des paysages, des personnages rencontrés au gré des voyages qu’il effectue dans son van depuis 2013. La nature est omniprésente chez Paillé, mais revisitée par l’entremise d’un filtre de couleur qu’il utilise pour détourner ainsi le sujet «et le rendre artificiel».
 
Galerie Blanche 
 
La nature et les paysages sont aussi immanquables dans les œuvres de Tania Shcheglova et Roman Noven mieux connus sous l'identité artistique de Synchrodogs, d’Ukraine occidentale. Ils ont déjà participé à l’événement Art souterrain à Montréal à l’hiver 2016. Synchrodogs puise son inspiration dans la nudité et l’excentricité des gens, mélangeant ainsi les traditions occidentales et ukrainienne/byzantine, avec des références au folklore et à l’art naïf local. La nudité, la nature, la nature humaine, le symbolisme, l’excentricité, etc. font partie de leurs thèmes préférés. «Ils font leurs shootings à partir de leurs rêves ou de leurs visions durant le sommeil, ils voyagent beaucoup, d’où les divers paysages. Ils travaillent également avec Lady Gaga, entre autres. Donc, c’était un beau projet pour les impliquer», note Nicolas Denicourt. D’un lit de lave à la majesté d’un grand rocher au milieu de l’eau en passant par un univers presque lunaire, on reconnaît bien les compositions de Delaney Allen qui réside à Portland en Oregon. Son approche unique combine l’autoportrait, la nature morte et la photographie de paysage pour créer un environnement composé d’émotions tout à la fois familières et personnelles.
 
Et l’artiste sculpteure reconnue internationalement, Valérie Blass présente son œuvre «Rope dope grope nope pope», il s’agit ici de la toute première œuvre d’art publique que Blass ait présentée au Canada en 2014 et qui a été acquise par la SDC du Village en vue d’une exposition.
 
«Je suis content que Denis Brossard [le président de la SDC du Village] et Bernard Plante [son directeur général] embarquent dans un projet aussi fou que celui-ci parce que ce n’est pas banal comme projet, autant dans sa conception, dans son architecture que dans le choix des photos. Je les remercie pour cette initiative», conclut Alexandre Berthiaume.