Les boutiques Andrea Jourdan

Le restaurant que l’on emporte chez soi

Daniel Rolland
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Le restaurant que l’on emporte chez soi

En cuisine, les amateurs de produits fins vénèrent la boutique Andrea Jourdan, rue Jean-Talon, non loin du marché du même nom. Une seconde succursale rue Notre-Dame vient d’ouvrir ses portes près du marché Atwater. Entrez dans l’univers de la dame aux 101 livres de recettes!.

Le restaurant que l’on emporte chez soiLe patronyme Jourdan est associé à la séduction. Au cinéma américain, Louis Jourdan fut le french lover qui fit battre bien des cœurs dans les années 60. Une Jourdan, cette fois, prénommée Andrea, séduit à son tour en nous poussant vers le péché capital de la gourmandise. Quelle cheffe tentatrice! Vous n’avez jamais encore mis les pieds dans un de ses établissements? Et vous prétendez aimer la fine cuisine? Vous avez du retard à rattraper. Et dire que le père d’Andrea, chef cuisinier, ne voulait pas que sa fille lui emboite le pas, trop dur. Elle fera Sciences-Po. «Enfant, la nuit, je ne dormais presque jamais. J’allais me réfugier à la noirceur dans le garde-manger. Mon jeu consistait à deviner la provenance des bonnes odeurs qui m’entouraient, à les identifier. Après avoir épousé un ventre (rires), je suis allé vivre à Paris. Et de la cour arrière de mon appartement venait des fumets extraordinaires. Et vous savez d’où ça venait? De chez Joël Robuchon qui avait un premier restaurant. Je me suis proposée pour l’assister. J’ai fait également la connaissance du regretté Bernard Loiseau.». Vingt ans de vie française à savourer les meilleures choses qui soient. 
 
Une grève des scénaristes hollywoodiens la propulse en restauration
Par la suite, à Los Angeles, bossant dans le domaine de la production, elle sera frappée par une grève des scénaristes. «Et là bas, quand les scripteurs sont en grève, toute l’activité télévisuelle et cinématographique est stoppée. Inquiète pour la suite des choses, j’ai appelé ma mère qui m’a suggéré d’ouvrir un restaurant. C’est la deuxième chose que je savais faire. Ça duré quelques années rue Melrose. De la cuisine du terroir que je leur faisais découvrir.» Elle filera ensuite vers l’Italie, véritable chemin de Damas pour elle qui apprendra aussi l’Italien. Elle voudra tout connaître des subtilités de la cuisine de la péninsule. En 2000, quand elle reviendra au Québec, ce sera la préparation et la rédaction de 101 livres de recettes, parfois de tout petits ouvrages thématiques, d’autres fois des albums plus volumineux qui ont établi sa notoriété.
 
Le restaurant que l’on emporte chez soiLes boutiques Andrea Jourdan, une affaire de clan
Avec des proches de la famille, Andrea a décidé d’ouvrir son premier établissement rue Jean-Talon. «Je ne voulais pas ouvrir de restaurant, mais plutôt me tourner vers l’offre de produits». Et quels produits! On ne pourra pas tous les nommer, car il y en a plusieurs centaines. Mais une grande majorité porte la marque maison Andrea Jourdan réalisés dans leur cuisine centrale. «Je cherche en complément des produits artisanaux faits par des gens passionnés qui mettent tout leur cœur à les créer. Derrière un pot de caramel ou une huile d’olive se cache un individu.». Je me rappelle l’hiver dernier avoir goûté des spaghettis à saveur de saumon, ainsi que du "caviar d’olives". Attendez de goûter cette merveille saupoudrée sur vos pâtes. «J’ai voulu pour les boutiques que ce soit comme un restaurant que l’on emporte à la maison. Des ingrédients que l’on mêle simplement et qui permettent de faire de délicieux repas.» Cette femme fait tant de bien à ses contemporains que j’ai envie de la proposer au pape François qu’il l'inscrive sur sa prochaine liste de béatifiés. Pour elle qui aime tant l’Italie, ce serait une consécration. Elle n’a pas besoin du Vatican, elle est déjà sanctifiée dans le cœur de ses clients. 
 
Andrea Jourdan La Boutique
200 rue Jean-Talon E. Tél. (514) 270-5575
2671 Notre-Dame O. Tél. (514) 935 2671