Le 2 septembre (Québec le 3 septembre) Totalement k.d. pour le 25e d’IngÉnue

Totalement k.d. pour le 25e d’Ingénue

Yves Lafontaine
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kd lang en 2017

Pour souligner le 25e anniversaire de l’album certifié platine Ingénue — dédié à une femme inaccessible — et de l’immense succès Constant Craving, qui l’ont propulsée aux plus hauts sommets partout sur la planète, k. d. lang entame une tournée solo au Canada. 


 Photo pour Vanity Fair (1993)Les mélomanes de 17 villes canadiennes, de Victoria, C.-B., à St-Jean, Terre-Neuve, pourront voir lang en spectacle et apprécier son style de chant singulier — ample, fluide et voluptueux — alors qu’elle offrira plusieurs classiques de son répertoire des 30 dernières années. Elle s’arrêtera à Montréal, le 2 septembre, et à Québec le lendemain.  
 
2017 est une année charnière pour lang, car elle marque le 25e anniversaire du lancement de son album révolutionnaire, Ingénue, et le 150e anniversaire du Canada. La convergence de ces deux anniversaires est significative pour la chanteuse, puisqu’elle est un élément important du tissu musical canadien, grâce à sa musique originale, celle qui l’a inspirée et celle d’autres artistes, qu’elle a repris avec ses interprétations uniques. 
 
Et bien qu’elle demeure aux États-Unis depuis une bonne vingtaine d’années, elle se dit «très fière d’être Canadienne» et  considère que «le Canada est, de loin, un des pays les plus progressistes. Le fait de vivre aux États-Unis m’a permis de prendre du recul et, probablement, d’apprécier plus le Canada que si j’y étais restée. Malgré les avancées pour les droits LGBT, le conservatisme religieux est encore très fort aux États-Unis».
 
Sous la neutralité de ses initiales («k.d.» pour Katherine Dawn), kd lang incarne, aussi, «LA» figure lesbienne des années 90. Elle est née en novembre 1961 à Consort en Alberta, un village de moins de 1 000 habitants. Benjamine de quatre enfants, k.d. se convainc vite de deux choses : elle connaîtra la gloire et elle aime déjà les femmes. «À cinq ans, j'étais amoureuse de ma prof de natation» m’avait-elle confié, lors de notre première entrevue à la fin des années 90.
 
Après des études de musique, fasciné par Patsy Cline, chanteuse mythique de la fin des années 50, elle file à Nashville, Tennessee, se frotter aux grands noms de la country. L'accueil est d’abord assez froid. Ses manières gauches, son ironie et son style fille de ferme rebutent d’abord l’industrie country pour qui «une femme doit idéalement ressembler à Dolly Parton». Elle n'en démord pas, porte des vestes à franges ou des robes fuchsia, travaille comme une forcenée. Finalement, c’est payant: les récompenses tombent, ses disques s'arrachent. Jusqu'à ce qu’elle tourne un spot contre les producteurs de boeuf (elle est végétarienne). Tollé! Les radios country la censurent, trop contentes de bannir cette rebelle à l’orientation sexuelle ambiguë.
 
Qu'importe, son prochain geste sera l’album Ingénue, dédié à une femme inaccessible. À l’époque, rares sont ceux (et celles) à briser la loi du silence, par peur d'un contrecoup commercial.  Une décision qui ne fut pas difficile à prendre, m’avait-elle confié en 2006 : «c’était la chose la plus naturelle pour moi. Ma famille le savait depuis longtemps et je sentais que j’en avais la responsabilité envers ma communauté et moi-même. (...) La maison de disque avait des réticences, de la difficulté à évaluer l’impact négatif que cela pourrait avoir sur les ventes de l’album, mais pour moi, c’était important, c’était devenu essentiel. Je l’ai fait et ne l’ai jamais regretté.»
 
Au lieu de l’échec prédit, c'est l'effet inverse qui se passé : son album Ingénue, collection de ballades pop superbement orchestrées, s'installe au sommet des ventes. Du jour au lendemain, elle devient la coqueluche du milieu musical, court les soirées à New York ou Los Angeles, défile pour Calvin Klein et collectionne les couvertures de magazines. La plus fameuse, en août 1993, l'intronise star du «chic lesbien»: pour le mensuel américain Vanity Fair, elle pose en costume d'homme dans un fauteuil de barbier, sous l'oeil coquin d'une Cindy Crawford légèrement vêtue, détournement sexy des stéréotypes. 
 
Dans le cadre de sa nouvelle tournée, en plus de présenter des chansons d’Ingénue, lang proposera des succès de son album Hymns of the 49th Parallel, lancé en 2004 et dans lequel elle chante des hymnes qui définissent son pays, incluant les musiques de Joni Mitchell, Leonard Cohen, Neil Young, Jane Siberry, Ron Sexsmith et Bruce Cockburn.
 
Tournée canadienne "Ingénue Redux" de k.d. lang
Le 2 septembre 2017 à la Place des Arts
Le 3 septembre 2017 au Grand Théâtre de Québec