Les 19 et 20 août

Les coulisses du succès du Défilé et de la Journée de la fierté

Étienne Dutil
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La Journée communautaire comme le Défilé ne se mettent pas en place en criant «Ciseaux!», même s’il en faut pour couper le ruban rouge. Mais avant d’en arriver là, communication et coordination restent les maîtres-mots du succès de ces deux événements phares, l’essence même de la Fierté de Montréal.

La journée communautaire, le samedi 19 août 2017

À ce jour, 110 groupes se sont inscrits: 110 kiosques accueilleront donc les promeneurs sur la Sainte-Catherine entre Saint-Hubert et Papineau lors de la Journée communautaire. «On constate un bel équilibre entre les nouveaux groupes communautaires et les habitués», observe Mathé-Manuel Daigneault, coordonnateur de la Journée communautaire et du Défilé à Fierté Montréal. «Certains installeront un kiosque pour la première fois. Les raisons de cette première présence sont multiples: moyens financiers, techniques et parfois humains… Plusieurs groupes d’autres régions (Mauricie, Québec, Estrie, etc.), ou parfois plus éloignées comme l’Abitibi-Témiscamingue, seront présents», poursuit Mathé-Manuel. «La Journée communautaire reste une excellente façon de rejoindre la population et faire la promotion de ses activités sociales, culturelles, sportives ou politiques. Pour le public, c’est une belle occasion pour découvrir au même endroit des projets, des ressources humaines et informatives, et de pouvoir poser toutes les questions… à "de vraies personnes".»

 

 

Amherst, la rue des sports

«Cette année, la rue Amherst entre Maisonneuve et René-Lévesque s’ajoute à cet espace piétonnier pour y accueillir les groupes sportifs. Nous tentons dans la mesure du possible de regrouper les kiosques selon des intérêts ou des services similaires.» Selon Mathé-Manuel, les groupes VIH ont quant à eux préféré qu’on les répartisse dans les différentes zones pour mieux sensibiliser le pu-blic à la présence du VIH dans le spectre sociétal. «Parallèlement, certains groupes ont des besoins techniques spécifiques (électricité, arrivée d’eau, espace d’animation, abris, etc.). Certains coins sont plus sollicités que d’autres et nous devons jongler avec certains impératifs comme les installations artistiques d’Aires libres, les terrasses, les bornes d’incendie ou les descentes de trottoirs…». Bref, toute une job pour Mathé-Manuel qui relève ce défi pour la première fois, et avec enthousiasme.

Un défilé hors-normes, le dimanche 20 août 2017

Et de l’enthousiasme, il en faut car le jeune homme coordonne aussi le Défilé. «Le thème du défilé suit depuis quelques années chaque couleur du drapeau arc-en-ciel.», rappelle-t-il. Après le rouge en 2013, l’orange en 2014, le jaune en 2015, le vert en 2016: le bleu attendra 2018 et le mauve en 2019. «Mais comme 2017 est une édition spéciale et pancanadienne, reprend Mathé-Manuel, nous mettrons à l’honneur les six couleurs, chacune par section de cortège. Vu du ciel, nous obtiendrions ainsi un gigantesque et long drapeau aux couleurs LGBT.» Depuis des années, le défilé de la fierté est devenu un incontournable, un «must» du calendrier des festivités de la métropole. On s’installe dès la fin de la matinée entre amis ou en famille sur les trottoirs du boulevard René-Lévesque pour être sûr d’avoir une bonne place et ne rien manquer de ce défilé placé sous le signe de la fête, du partage, de l’inclusion et de la diversité. «À ce jour, 160 contingents se sont inscrits au défilé, que ce soient des groupes quasi "individuels" ou des corporations nombreuses. On sait que certains arriveront à la dernière minute pour y participer. La nudité n’est pas permise afin de conserver un aspect familial à l’événement», rappelle Mathé-Manuel Daigneault. «Il y aura beaucoup de marcheurs, mais entre les fardiers, remorques, autos et voiturettes de golf, l’ensemble s’équilibre assez», estime le coordonnateur.

«En raison de cette première Fierté Canada, des groupes viennent de loin, voire de l’étranger, pour célébrer, mais aussi promouvoir leur événement 2018. En cela, le défilé sera plus long et s’étendra sur 3 km entre Drummond et Alexandre-de-Sève. Les chars se rendront jusqu’au stationnement Parthenais, entre la SAQ et Télé-Québec. Les piétons quant à eux prendront Alexandre-de-Sève pour rejoindre le Village et le parc des Faubourgs pour le Happy Dance final.»

Deux agentes de terrain

N’oublions pas que la présence des groupes communautaires aux deux événements phares de Fierté Montréal reste une formule à la carte afin que chaque structure puisse y participer selon ses moyens, tant humains que logistiques. En effet, certains groupes ne participent qu’à la journée communautaire, d’autres ne participent qu’au Défilé. Le nombre d’inscriptions aux deux événements démontrent donc bien la grande diversité de l’action communautaire LGBTQ+.

«Grâce aux deux agentes de liaison Jodi-Ann et Naja qui ont approché les groupes sur le terrain, de nouveaux groupes qu’on ne voyait pas avant participeront aux festivités de la Fierté et au défilé et nous sommes très heureux de voir apparaître tout ce sang neuf au sein de la communauté…» 

LA JOURNÉE COMMUNAUTAIRE, le samedi 19 août 2017, de 11 h à 17 h. Des kiosques seront aménagés le long de la rue Sainte-Catherine Est, entre les rues Saint-Hubert et Papineau. Cette Journée permettra à la fois aux membres de la communauté LGBTQ et à la population en général de découvrir diverses organisations, groupes communautaires, commerces et clubs sportifs et socioculturels, plus colorés les uns que les autres, dirigés par la communauté LGBTQ et à son service.

LE DÉFILÉ DE LA FIERTÉ, le dimanche 20 août 2017, dès midi. Partant à l’angle du boulevard René-Lévesque Ouest et de la rue Drummond, le défilé parcourra le centre-ville vers l’est et se terminera à l’angle de la rue Alexandre-DeSève. Les spectateurs pourront ensuite poursuivre la marche en direction du parc des Faubourgs, où se déroule le MÉGA T-DANCE et le spectacle de clôture.