Vendredi 11 août

Une soirée d'ouverture qui promet d'être éclatée

Olivier Gagnon
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Photo prise par © Marie-Mai

Avec la tenue de Fierté Canada cette année durant notre Pride montréalaise, il va sans dire que la soirée d’ouverture sera l’une de celles que les festivaliers attendront avec impatience. Nommée Montréal est fière, cette grande fête sera animée par l’homme quasi-orchestre Grégory Charles et réunira sur scène de nombreux talents d’ici, dont Karim Ouellet, Martha Wainwright, Patrice Michaud, Guylaine Tanguay, Claude Bégin, Matt Holubowski et les Jumelles Barabé. Il s’agira également du retour sur scène pour la nouvelle maman Marie-Mai, qui tenait depuis déjà plusieurs années à participer au spectacle. Fugues a profité de l’occasion pour discuter avec elle pour une première fois de diversité et de musique. 


Tout d’abord, merci de prendre quelques minutes de ton temps – je sais que tu es route vers le pilote de la nouvelle saison de «La Voix junior»! Peux-tu nous parler de l’importance que ce genre d’événement revêt pour toi?

Oh my God!… Je pense que dans ma carrière, c’est ce qui me tient le plus à cœur, c’est le plus important – célébrer qui l’on est à 100%. Je fais mon métier pour les jeunes, les moins jeunes, les gars, les filles, et pour moi, faire un spectacle comme celui-là, c’est vraiment célébrer qui l’on est. C’est aussi envoyer un message à la prochaine génération: vivre sa vraie identité est la chose la plus belle au monde et il faut crier haut et fort qu’on est fiers d’être qui l’on est.

On sait déjà que tu feras quelques pièces durant le spectacle – comment t’y prépares-tu en ce moment?

J’ai vraiment envie de m’éclater sur scène, de faire de ce spectacle-là un événement dont les fans et les moins fans se rappelleront longtemps et qui les fera triper. Je mets beaucoup d’énergie sur la recherche de mon costume de scène... je veux quelque chose d’outrageux, je veux que ce soit vraiment écœurant! Musicalement, c’est une opportunité de faire quelque chose d’un peu différent, de pousser ma performance plus loin et de créer une transition dans mon style musical en donnant au public un aperçu de la direction que je prends en ce moment.

Quelques chansons parmi ton répertoire – «Différents» et «Aimer comme toi» – peuvent être clairement reliées à la cause LGBT; qu’en retires-tu aujourd’hui?

C’était important pour moi de mettre une voix sur ça, surtout pour la prochaine génération. C’est beaucoup plus «accepté» dernièrement – je n’aime pas le mot parce que ça ne devrait pas être une acceptation, ça devrait être une égalité – , mais mon but, c’est que ce soit une normalité. Vivre sa vraie identité est la seule façon dont on devrait vivre sa vie, il ne devrait pas y en avoir d’autres. En mettant ça en chansons et en insistant sur le fait qu’être différents, c’est ce qui nous rend beaux, je sens que je mets un peu de positivisme autour de moi et que j’envoie un message qui va durer pour des années.

Est-ce que l’homosexualité est un sujet dont tes fans discutent avec toi lorsqu’ils te rencontrent?

Oui – j’ai plusieurs fans qui sont plus jeunes et qui se découvrent, qui sont venus me voir et qui m’ont dit: «À travers les paroles de tes chansons, je me suis assumé, j’ai fait mon coming out, j’ai parlé à mes parents…». Je me dis que si je peux avoir laissé cette empreinte-là, ma carrière est complète, je pourrai vivre avec le bonheur d’avoir pu aider les autres à travers ce que je fais, à travers ma musique.

On t’a vu récemment en studio… doit-on surveiller une sortie bientôt?

Ce qui est bien, c’est que je n’ai pas de date précise pour le lancement d’un album! J’ai du fun en studio, j’essaie de me redéfinir en tant qu’artiste, de redéfinir ma musique. Je souhaite créer un univers musical qui me ressemble aujourd’hui, en 2017, avec mon passé, avec le futur aussi. Je travaille avec des gens d’ici, mais également avec des professionnels de Suède, de Californie, qui ne me connaissent pas, qui n’ont aucune idée préconçue de ce que je devrais faire musicalement. On s’assoit ensemble, on fait de la musique, on s’amuse et on verra ce que ça donne. C’est la première fois que j’ai cette approche avec la musique et c’est très rafraîchissant.

Tu as mentionné à quelques reprises que tu vas ailleurs avec ta musique en ce moment; est-ce stressant pour toi de changer de style vis-à-vis de tes fans?

J’ai la chance d’avoir toujours fait ce que j’avais envie de faire musicalement… Avec Fred, on allait dans tous les sens: pop, rock, électro et mon public m’a toujours suivi. Encore plus important que ça, mon public a grandi avec moi. Il y a eu une douce évolution, j’ai évolué en même temps que mon public. Pour le prochain album, ça risque d’être plus marqué, mais je suis confiante parce que j’ai la chance d’avoir un public extrêmement fidèle. Ça ne m’insécurise pas, au contraire, ça m’inspire plutôt! 

MONTRÉAL EST FIÈRE présenté par Gregory Charles, avec Marie-Mai , Karim Ouellet, Martha Wainwright, Mara Tremblay, Dan Bigras, Damien Robitaille, Patrice Michaud, Lynda Thalie, Élisapie, Guylaine Tanguay, Claude Bégin, Pascale Picard, Matt Holubowski et les Jumelles Barabé. Vendredi 11 août 2017, à 20h30, au Parc des Faubourgs. ÉVÉNEMENT GRATUIT avec admission libre! Seuls les billets pour la zone VIP sont payants (200$), mais ils incluent un service de bar-ouvert (en plus de donner accès à la zone VIP de la Place Émilie-Gamelin).

Karim Ouellet


Gregory Charles

 

Martha Wainwright

Mara Tremblay

Claude Bégin