Singapour

Singapour, la mystérieuse enclave asiatique

Samuel Larochelle
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Singapour, la mystérieuse enclave asiatique

Singapour est l’une des destinations asiatiques dont on entend le plus parler, mais qu’on connait le moins. Par exemple, au prin-temps 2017, The Economist a classé Singapour au sommet des villes les plus chères du monde pour la quatrième fois consécutive, devant Hong Kong, Londres, Tokyo et Paris. La ville-état a également la réputation d’être la ville la plus propre, la plus réglementée et la plus sécuritaire du monde. Autant d’arguments qui ont pour effet d’attirer et de repousser les voyageurs…

Que vous y fassiez une escale de quelques heures ou que vous y séjourniez pendant une semaine, les règles sont les mêmes: on ne se bécote pas en public (quelle que soit votre orientation sexuelle), on ne jette aucun détritus dans la rue (pas même un mégot de cigarette), on ne crache pas, on traverse la rue uniquement aux passages pour piétons, on ne mâche pas de gomme, on ne boit pas et on ne mange pas dans le métro, on ne cueille pas de fleurs dans les parcs, on ne danse pas dans la rue et on ne fait pas de planche à roulettes sur la voie publique. Ces interdictions vous font rire? Eh bien, vous les trouverez moins drôles en récoltant une amende allant de 200$ à 5 000$ selon l’offense. Ceci étant dit, l’extrême réglementation de la société singapourienne vient également avec son lot d’avantages. Outre la joie que l’on ressent en utilisant le métro, qui est à la fois propre, rapide et climatisé, on apprécie le sentiment de quiétude qui se dégage de la ville. Puisque Singapour possède l’un des plus bas taux de criminalité au monde, on peut marcher seul dans la rue à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, sans que la peur ne nous gagne. 
 
C’est bien beau la sécurité, mais comment les membres de la communauté LGBTQ sont-ils traités dans un territoire où le simple fait de mâcher de la gomme n’est pas toléré? Relativement bien. Chaque année, une Pride est organisée depuis 2009: l’événement Pink Dot rassemble plus de 25 000 personnes par édition. Cependant, en 2017, le gouvernement a décidé de permettre uniquement aux Singapouriens d’origine et aux résidents permanents de participer au rassemblement. Une règle particulièrement contraignante dans une ville où les expatriés sont légion: plusieurs couples formés de locaux et d’étrangers n’ont donc pas pu célébrer la Fierté ensemble. Qui plus est, l’homosexualité est encore officiellement interdite à Singapour, bien que les poursuites soient quasi inexistantes. Il faut d’ailleurs préciser qu’il existe des bars gais dans le quartier Chinatown, ainsi que des saunas gais dans différents quartiers. De plus, l’échange de baisers discrets lors d’un événement grand public n’a valu ni arrestation ni regards désobligeants à l’auteur de ces lignes (qui s’était toutefois assuré qu’aucun policier ne soit dans les environs avant de s’exécuter).
 
The garden
 
 
Maintenant que les mises en garde sont faites, décrivons les innombrables attraits de la destination. À commencer par le Marina Bay Sands Hotel, qu’une majorité d’étrangers associent automatiquement à Singapour en le voyant en photo. Imaginé par l’architecte canadien Moshe Safdie, le complexe hôtelier, composé de 2 560 chambres, d’un musée et d’un casino, est dominé par la plus longue piscine en altitude au monde et par une terrasse longue d’un hectare! Comme vous pouvez l’imaginer, les touristes n’hésitent pas à dépenser plusieurs dollars pour accéder au sommet et se la couler douce un verre à la main. Mentionnons également que la vue sur la Marina Bay et celle sur les Gardens By the Bay sont à couper le souffle, tant le jour que la nuit. Les jardins non loin de l’hôtel abritent une flore qui aurait très bien pu appartenir à la planète Pandora dans le film Avatar, avec ses arbres géants dont la cime est accessible en prenant l’ascenseur! Dans le même secteur, vous aurez l’occasion d’observer le majestueux Bridge of life, un pont élaboré de façon à recréer visuellement les propriétés de l’ADN, comme sa forme et ses portions en retraits. 
 
Même si le fait de déambuler dans les différents quartiers, tels Chinatown et Little India, est un pur plaisir, la ville-état dispose aussi d’activités qui vous occuperont pendant des heures. À condition, bien sûr, d’être psychologiquement prêts à supporter la chaleur et l’extrême humidité qui s’abattent sur Singapour jour après jour. Question d’y aller en douceur, on vous suggère de passer quelques heures au Jardin botanique, un immense parc d’environ 64 hectares divisé en plusieurs sections, dont la jungle, le jardin de l’évolution (un genre de ligne chronologique retraçant l’évolution de la flore une plante à la fois), le jardin des gingembres et le plus-que-sublime Jardin national des orchidées, une orgie de couleurs et de parfums qui fera palpiter votre cœur. C’est aussi là que vous trouverez une serre climatisée où vous réfugier pendant quelques minutes, afin de survivre une heure de plus. Par la suite, rendez-vous au nord de la ville pour découvrir le zoo de Singapour, de jour comme de nuit. Si l’idée de contempler des animaux privés de liberté vous met mal à l’aise, sachez que l’institution singapourienne figure parmi celles qui restreignent le moins – rien n’est parfait – les animaux. Au programme: rhinocéros, tigres blancs, ours polaire, kangourous, guépard, orangs-outans, éléphants, hippopotames, zèbres, perroquets et bien d’autres. 
 
Si 48h sont amplement suffisantes pour voir les incontournables, il y a suffisamment à faire à Singapour pour garder le sourire pendant une semaine.