Vendredi 11 août 2017

La levée 2017 du drapeau Arc-en-ciel

L'équipe de rédaction
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Afficher nos couleurs avec la levée du drapeau arc-en-ciel marque toujours un moment émouvant de la Fierté. Symbole du mouvement LGBTTIQA2S à l’échelle du monde, il signifie l’affirmation, la diversité et la fierté de nos communautés. 

Conçu en 1978, par l’artiste américain Gilbert Baker (décédé le 31 mars 2017) , il se compose de six bandes horizontales d’autant de couleurs, ayant chacune une signification.

En partant du haut vers le bas du drapeau.

  • le rouge symbolise la vie
  • l’orange illustre la réconciliation et/ou la guérison
  • le jaune représente le soleil
  • la couleur verte représente la nature
  • l’indigo est une représentation de l’harmonie
  • le violet symbolise l’esprit de communauté

Vendredi 11 août 2017 au Parc des Faubourgs

  • 18 h : Cérémonie d’ouverture
  • 18 h 30 : Levée du drapeau.


La naissance d’un symbole

Utilisé dans les célébrations de la fierté à travers le monde, le drapeau arc-en-ciel est un symbole de revendication identitaire. Et si son utilisation sous forme d’adhésif et la commercialisation d’innombrable objets qui portent ses couleurs a fait un peu perdre de son sens politique au drapeau, il est de plus en plus vu comme une marque de reconnaissance, un code accepté par la société. Il apparaît comme un signe festif et revendicateur de l’appartenance à une communauté diverse mais unique. Bien qu’il ne fut réellement adopté au Québec que depuis le début des années 90, l’arc-en-ciel existait déjà depuis longtemps. 

C’est à San Francisco, en 1978, qu’est né ce symbole aujourd’hui internationalement reconnu. En réponse à l’appel lancé par le premier politicien ouvertement gai, l’activiste Harvey Milk, qui affirmait la nécessité de créer un symbole unificateur et positif pour la communauté, le militant Artie Bressan et l’artiste Gilbert Baker ont l’idée de créer un drapeau utilisant les couleurs de l’arc-en-ciel pour célébrer la diversité et l’espoir. 

Se basant à la fois sur le drapeau à cinq bandes utilisé lors des courses automobiles, sur les symboles propres au mouvement hippie (auquel Baker prenait part), sur le drapeau à cinq couleurs utilisé par les groupes pour la défense des droits des Noirs et sur un classique du cinéma américain, Le Magicien d’Oz, dans lequel Judy Garland interprète Over the rainbow, Gilbert Baker dessine un drapeau à huit bandes verticales, utilisant les couleurs rose, rouge, orange, jaune, vert, turquoise, indigo et violet. Aidé d’une trentaine de bénévoles adeptes de la couture, Baker fabrique deux énormes drapeaux en n’utilisant que des produits naturels et en appliquant la teinture à la main sur les fibres. Les drapeaux sont une commande du comité organisateur du défilé de la la fierté gaie et lesbienne de San Francisco, qui se tient le dimanche 25 juin 1978, et qui a adoré le concept de Baker. 

Le drapeau remporte un succès immédiat. Au lendemain de la marche, plusieurs groupes et participants demandent la permission de pouvoir l’utiliser lors des prochaines marches. La décision est prise pour qu’on le reproduise à plusieurs milliers d’exemplaires. Baker prend contact avec le plus important fabricant de drapeaux de San Francisco, la Paramount Flag Company, pour lui proposer la production à grande échelle du drapeau arc-en-ciel. Malheureusement, Baker avait teint à la main les couleurs, et comme la teinte rose vif n'était pas disponible industriellement à cette époque, la décision est prise que la version commerciale ne comporterait plus que sept bandes. 

En novembre 1978, la communauté homosexuelle de San Francisco est sous le choc de l'assassinat d’Harvey Milk. Souhaitant affirmer la force et la solidarité de la communauté homosexuelle après cette tragédie, le comité organisateur de la Fierté gaie décide d'utiliser le drapeau de Baker. Mais, de manière à pourvoir distribuer également les couleurs de part et d'autre du parcours de la marche à la mémoire de Milk — trois couleurs d'un côté de la rue, trois de l'autre —, on prend la décision d’éliminer une bande. Baker fait retirer la bande turquoise et remplace, pour des raisons esthétiques l'indigo par le bleu royal, formant le drapeau à six bandes (rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet). 

Dès 1980, la version à six bandes du drapeau s'impose peu à peu durant les célébrations de la fierté à travers les États-Unis, avant de connaître internationalement le même engouement durant les année 90. On peut le voir partout à travers le monde, de la Thaïlande à Amsterdam, de Paris à Moscou, de Québec à Vancouver... et il permet de donner une visibilité à la communauté gaie et lesbienne. 

Le drapeau arc-en-ciel existe aussi en plusieurs variations, dont une qui inclut un espace d’étoiles blanches sur fond bleu, rappelant le drapeau des États-Unis. Une autre intègre la feuille d’érable canadienne. Plusieurs versions superposent sur les bandes arc-en-ciel d’autres symbôles, tels que la lettre lambda, le triangle rose, voire même les logos de commerces ou de grandes entreprises (les employés gais et lesbiennes de chez Microsoft USA utilisent les couleurs de l’arc-en-ciel à l’intérieur des lettres de Microsoft pour leur visibilité autant à l’intérieur de l’entreprise que lors des célébrations de la fierté). Dans le Village gai de Montréal, la station de métro Beaudry s’est même mise aux couleurs du drapeau gai, après sa rénovation. 

(source : La naissance d’un symbole, Fugues, Aout 2003)